• Léonardo Conti, l'autre assassin de masse du T4

    Avec Philipp BOUHLER et Karl BRANDT, Léonardo CONTI fait partie de ces assassins de masse, nazis à l'extrême, qui se seront illustrés en donnant la mort à des milliers de handicapés. Ces monstres étaient convaincus qu'un mouvement international, en Europe et aux États-Unis, se réclamait des progrès de la science et, singulièrement, de la génétique et que le grand Reich se devait de prendre certaines dispositions pour "purifier" la race aryenne au nom de l'application de principes obéissant à une vision des mouvements eugénistes. Au sortir de la guerre en 1918, un double courant eugéniste s'était effectivement développé en Allemagne. L’un, non raciste, partisan d’une amélioration quantitative de la société après les nombreux morts de la Grande Guerre et l’autre, nationaliste et raciste, prônant des mesures axées sur la sélection d’une élite biologique. De plus il convenait de libérer des lits pour les blessés de guerre et de réduire les charges que représentait l’hospitalisation des malades mentaux. HITLER qui ne passait pas pour être le premier des naïfs s'arrangera pour ne donner aucune instruction écrite à ceux qu'il avait missionnés pour effectuer toutes les plus basses besognes. 

    Léonardo Conti, l'autre assassin de masse du T4Une habile campagne de propagande « plus de palais pour les aliénés et de taudis pour les ouvriers » sera lancée par GOEBBELS pour justifier les dérapages commis par les nazis et la nécessité d'éradiquer ceux qui étaient considérés comme des bouches inutiles. Chef de la Santé Publique sous le Troisième Reich, c'est Léonardo CONTI qui aura couvert l'ensemble de ces atrocités commises en application du plan T4 en mettant sur pied une opération visant à stériliser puis à tuer en clinique les malades dits "héréditaires" et les handicapés. Mais un affrontement entre la Chancel-lerie du Führer de Philipp BOUHLER et de Karl BRANDT et le Parti (BORMANN et CONTI) ne tardera pas à apparaître, BORMANN étant désireux d'élargir le cercle des personnes concernées, au-delà des handicapés, et d'inclure dans les cibles les tuberculeux, cancéreux et les personnes atteintes de maladies cardiovasculaires graves. Jusqu'en août 1941, un peu plus de soixante-dix mille pensionnaires d'asiles d’aliénés allemands et autrichiens seront gazés à l’aide de monoxyde de carbone (CO) dans des centres de mise à mort installés sur le territoire du Reich dès le début de la guerre et les premières conquêtes territoriales des nazis. Les Allemands ayant eu vent de ce qui se passait, les nazis seront contraints de mettre un terme à leur programme d'élimination en août 1941. Le nombre d’Allemands tués dans les deux dernières années du régime comme inaptes au travail ou étrangers à la communauté se poursuivra plus discrètement et il ne sera pas établi mais on l’estime à plus de 200 000 individus. 

    Arrêtés par les Alliés, ceux des médecins qui étaient compromis récusèrent toutes les accusations portées à leur encontre, imposant l'idée que ce qui pouvait être considéré comme des crimes avaient été perpétrés par une poignée de fanatiques qui obéissaient aux ordres de leurs supérieurs. Alors que c'était en plein accord avec le régime qu'ils avaient accepté de violer les principes fondamentaux de l'éthique médicale.Le 6 octobre 1945, un mois avant que débute le procès de Nuremberg, se sachant compromis et estimant qu'il aurait du mal à convaincre ses futurs juges comme avaient entrepris de le faire quelques autres médecins, Léonardo CONTI se suicidera. Mais il faudra attendre les années 1980 et les scandales provoqués par des acquittements jugés scandaleux pour que le voile se lève enfin en Allemagne.  

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  • Goering, le nazi dépourvu de tout sens moral

    Hermann Goering, le maréchal d'opérette dépourvu de tout sens moral

    Président du Parlement de Prusse, Président du Reichstag, Commandant en chef de la Luftwaffe, Maréchal du Reich... l'homme croulait sous les décorations, avouant même un certain goût pour la provocation quand il était en compagnie de ses bêtes fauves et de son lionceau César dans son palais de CarinHall. Passionné de chasse à courre, et décoré comme un arbre de Noël, ce que l'on sait aujourd'hui de Hermann GOERING, c'est qu'il détestait l'école et qu'il avait fait dire à sa mère que son fils serait, ou un grand homme, ou un grand criminel. Il sera finalement les deux après être sorti brillamment de l'école militaire (photo ci-contre)  et être devenu pendant la guerre de 14-18 un pilote émérite au sein de l'escadrille Richtofen. Ce qui n'empêchera pas à l'Allemagne ni au jeune officier qu'était GOERING de perdre la guerre et de subir l'humiliation du traité de Versailles en 1919 ! Ce qui le précipitera dans les bras d'Adolf HITLER qui proposait un renouveau en Allemagne. Blessé lors du putsch de la tentative de HITLER de 1923, et avoir tenté jusque-là de survivre en Suède de baptêmes de l'air, profondément égocentrique, devenu suicidaire comme GOEBBELS, dépressif et dépourvu de tout sens moral, c'est après avoir été soigné en Autriche à l'aide d'injonctions de morphine qu'il en deviendra dépendant. Soigné quelque temps en psychiatrie avant de devenir, il trouvera vite sa place aux côtés d'HITLER devenant même le n° 2 du Reich. Il y excellera même rapidement puisque ce sera lui qui lancera dès 1933 et l'arrivée au pouvoir d'HITLER la première vraie chasse aux opposants qu'il fera déporter à Dachau et Buchenwald, confondant violence et patriotisme avec la Gestapo dont il sera le créateur avant de l'abandonner à Heinrich HIMMLER. Il admettra d'ailleurs à la fin de la guerre qu'il avait déjà établi une première liste d'opposants qu'il avait prévu de faire rapidement arrêter. Et cela bien avant que le Reichstag ne brûle en février 1933 !

    D'abord responsable des SturmAbteilung (les S.A ou sections d'assaut) avant que ceux-ci soient pris en charge par Ernst ROHM, cet ancien aviateur héros de la guerre 1914-18 deviendra effectivement l'un des pivots du nazisme en procurant même au dictateur à la fin des années vingt les fonds dont il avait besoin pour faire du NSDAP le grand et seul parti du nouveau Reich allemand. Grâce notamment à un relationnel sans défaut et l'aide de plusieurs fortunes allemandes comme THYSSEN ou KRUPP auxquels il avait promis de substantielles commandes et une paix sociale. L'homme passait bien auprès du public et, avec HITLER, les deux hommes seront longtemps fascinés l'un par l'autre. Bien moins partisan d'une guerre à outrance que lui, il tentera souvent de dissuader son Führer de donner une suite à ses projets guerriers, voire de les différer sans cependant y parvenir. Aussi bien en 1939 qu'en juin 1941 au moment du déclenchement de l'opération Barbarossa en Union Soviétique. Dès l'entrée en guerre de l'Allemagne en septembre 1939, on peut dire que GOERING a multiplié les erreurs et que celles-ci changeront la face du conflit. Jamais persuadé d'avoir failli, il rejettera pourtant ses fautes sur les autres, ce qui conduira son adjoint à se suicider.

    Il sera l'un des seuls édiles nazis à avoir pu être capturé vivant par les Alliés en mai 1945 et à affronter le verdict du tribunal de Nuremberg. Cela après avoir cru pouvoir bénéficier d'égards, HITLER, GOEBBELS et HIMMLER s'étant suicidés. Condamné n°1, celui qu'il fallait faire payer pour toutes les atrocités commises, il sera condamné le 1er octobre 1946 à être pendu, et il choisira de se donner la mort quinze jours plus tard grâce à une complicité interne qui lui permettra de pouvoir se procurer du cyanure. Le reportage ci-dessous réalisé pour la chaîne Toute l'Histoire revient sur le profil de ce nazi qui avait cru pouvoir succéder à HITLER en mai 1945 et être en mesure de négocier une paix avec le général EISENHOWER pour préserver sa soif du pouvoir et des honneurs.

     

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  • Bertie Albrecht, une grande résistante

    A lire les nombreuses plaques des quelques emplacements qui lui ont été dédiés, on devine que Berty ALBRECHT aura été un personnage illustre. Ne serait-ce que parce qu'elle est considérée aujourd'hui encore comme l'une des résistantes françaises les plus reconnues avec cinq autres femmes ! On a dit d'elle que tout destinait cette petite femme au regard d’un bleu inoubliable à remplir jusqu’au bout son rôle unique de mère de famille bourgeoise. Tout sauf son tempérament radical, incontrôlable, anticonformiste. 

    Berty Albrecht, une grande résistanteD'origine Suisse, c'est à Marseille, au sein de la haute bourgeoisie protestante locale, que la jeune Berthe Pauline Mariette WILD née le 15 février 1893 a fait ses premiers pas, choisissant de devenir infirmière en 1911 (ci-contre). Berty, fille unique du couple, réfutera très jeune son milieu et s’engagera aux côtés de ceux qui mèneront des luttes sociales. A Marseille, confrontée aux gueules cassées, elle jouera un rôle important durant le conflit en tant qu’infirmière de la Croix-Rouge dans des hôpitaux militaires. Devenue l'épouse d'un financier néerlandais devenu brooker à la Bourse de Londres, Frédéric ALBRECHT dont elle aura deux enfants, elle en viendra très vite à se passionner pour la cause des femmes. Elle militera aussi contre le fascisme de façon très active, mais aussi pour la contraception et l’avortement dès 1927. L'avortement, elle y consacrera une revue diffusée uniquement sur abonnement : Le problème sexuel, compte tenu des interdits existants en la matière. Liée un temps à Victor BASCH, professeur à la Sorbonne à Paris et Président de la Ligue des Droits de l'Homme, c'est un peu plus tard, en 1934 que sa route croisera celle d'Henri FRENAY avec lequel elle créera en 1940 le mouvement de Résistance Combat. Pour Berty, FRENAY, de douze ans plus jeune qu’elle, sera l’amour de sa vie. C'est aujourd'hui démontré, elle influera ses choix car tout opposait le jeune capitaine à Berty. Militante connue avant la guerre par ses luttes, devenue commissaire au chômage de la Ville de Lyon, elle va très vite être surveillée de près par la police française puis par les services allemands. Après avoir été arrêtée, et refusant de quitter la France pour l'Angleterre après s'être évadée, Berty ALBRECHT entre dans la clandestinité. Emprisonnée à nouveau à la prison lyonnaise St Joseph, puis à l'Hôpital psychiatrique du Vinatier où elle avait été internée après s'être fait passer pour folle, elle réussira à s’évader le 23 décembre 1942, mais les nazis finiront par avoir sa peau quelques mois plus tard fin mai 1943. Il est probable pour l'avoir croisé au sein du mouvement Combat, que Berty paiera de sa vie sa rencontre avec Jean MULTON devenu nazi après avoir infiltré la Résistance. Elle sera arrêtée à Mâcon le 28 mai 1943 par la Gestapo qui s’était invitée à un faux rendez-vous à l’hôtel de Bourgogne.

    En mai 1945, son corps sera retrouvé dans le jardin-potager de la prison de Fresnes où elle aura été détenue après avoir été torturée au Fort de Montluc à Lyon et où elle se suicidera le 31 mai 1943 pour éviter de parler. En novembre 1945, elle sera inhumée avec Renée LEVY dans la crypte du Mont-Valérien, parce qu'elle représentait les femmes au Mémorial de la France combattante. Elle avait été élevée au titre de Compagnon de la Libération par le décret du 26 août 1943. Sa fille Mireille ALBRECHT, admirative des combats de sa mère, lui consacrera un ouvrage publié en 2001 dont le titre veut tout dire : "Vivre au lieu d'exister". Mireille était désireuse d'élucider le mystère de la disparition de sa mère et durant vingt-cinq ans, elle enquêtera, des archives de Fresnes aux couloirs de l’Élysée, réussissant enfin à retrouver la trace d'Edmée DELETRAZ, la personne qui l’avait dénoncée en 1943 aux nazis, manipulée semble-t-il par Klaus BARBIE.

     

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  • Laure Diebold

    Laure DIEBOLD, benjamine des six femmes Compagnon de la Libération, aura aussi été la plus décorée, au titre de la guerre 1939–45. C’est elle qui fut la plus proche du pouvoir, puisqu’elle a travaillé pour Jean MOULIN, représentant du général de GAULLE en France, mais, ce qui pourrait être paradoxal, c'est que cette femme qui fut une sorte de secrétaire administrative de la Résistance est aujourd'hui quasiment oubliée ! Un oubli qu'a tenté de contrarier Anne-Marie WIMMER pour que celle-ci obtienne enfin en 2015 une sorte de reconnaissance même tardive à l'occasion de la célébration officielle du centenaire de sa naissance. Une plaque sera donc apposée sur la maison qui l'a vue naître cent ans plus tôt et un timbre postal à son effigie verra le jour en octobre 2015.

    Laure Diebold

    Née à Erstein le 10 janvier 1915 d'un père ébéniste et d'une mère restauratrice, Laure MUTSCHLER a 25 ans quand en 1940, alors qu'elle est secrétaire d'un industriel après l'avoir été chez BAUMGARTNER, elle aide des personnes à quitter l’Alsace annexée en traversant les Vosges. Elle en hébergera même chez son fiancé Eugène DIEBOLD qu'elle épousera en janvier 1942. Repérée, elle fuit son Alsace fin 1941 et rejoint Lyon, devenant à partir de 1942 la secrétaire de Jean MOULIN aux côtés de Daniel CORDIER puis celle de ses successeurs, sous le pseudonyme de MADO. Jeune mariée, elle fera partie à partir de mai 1942 du réseau de renseignements "Mithridate", où, en qualité d'agent de liaison et d'évasion, catégorie P1, elle recueillera des informations qu'elle codera et fera passer sous forme de courrier à Londres. Secrétaire de Jean MOULIN, le secrétariat de la Délégation générale fonctionnera uniquement avec elle, Daniel CORDIER, et Hugues LIMONTI. Le 24 septembre 1943, alors qu'elle travaillait à Paris depuis quelques mois et qu'elle était en charge de l'implantation d'un noyau de résistance dans la capitale, elle est arrêtée et torturée, puis emprisonnée à Fresnes, mais sans qu'elle parle. Il est vraisemblable que les nazis aient pu se procurer après l'arrestation de Charles DELESTRAINT des fichiers et des listes de noms qui auront permis son arrestation. Déportée à Ravensbrück, gravement malade et promise au four crématoire, elle sera sauvée par un médecin tchèque du laboratoire du camp qui escamotera sa fiche à deux reprises. Elle sera libérée par les Américains en avril 1945, menant ensuite une carrière de secrétaire et de bibliothécaire. Alsacienne d’un courage et d’un dévouement admirables, on sait aujourd'hui qu'elle n'aura jamais cessé dans des conditions matériellement difficiles, de travailler jour et nuit avec un acharnement et un esprit de sacrifice exemplaires.

    Laure DieboldElle mourra prématurément en septembre 1965 à l'âge de 50 ans, marquée et usée par les sévices et un typhus contracté en déportation. Elle aura droit rien que pour cela  au titre ‘‘Mort pour la France’’ inscrit sur sa tombe à Sainte-Marie-aux-Mines mais sans que l'on aille chercher beaucoup plus loin quelle avait pu être sa destinée. Alors qu'on la pensait disparue en Allemagne, elle sera faite avec cinq autres femmes Compagnon de la Libération par le général de GAULLE avant d'être ensuite distinguée de la Légion d'Honneur. Dans le dernier livre qu'elle a écrit, sa biographe Anne-Marie WIMMER a tenté de répondre aux nombreuses questions que l'on pourrait être tenté de se poser encore sur cette Alsacienne. Comment par exemple s'était-elle retrouvée à Lyon, où elle devint la secrétaire de Jean MOULIN ? Et par quelle grâce a-t-elle trouvé la force de résister à l’internement à Fresnes et à la torture de la Gestapo, voire à un périple cauchemardesque qui l'aura menée de la prison à des camps de concentration ? Pourquoi enfin, la guerre finie, est-elle retombée aussi vite dans l’oubli ?

    Laure DIEBOLD est inhumée dans le Haut-Rhin, à Sainte-Marie-aux-Mines. Un extrait vidéo qu'elle partage avec Berty ALBRECHT lui est consacré ci-dessous.

     

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