• Bernard Bonnet l'homme des paillottes

    Corse, 1998... Le préfet Claude ERIGNAC est assassiné et curieusement l'île de beauté va s'enflammer contre un homme, celui qui vient d'être aussitôt nommé par le gouvernement de Lionel JOSPIN pour remettre de l'ordre et restaurer l'état de droit. Son nom, Bernard BONNET, qui n'a pas hésité un seul instant à relever le défi malgré l'ambiance qui règne en Corse où l'on a fini par s'habituer sans sourciller à quantités d'actions terroristes. Le nouveau préfet n'est certes pas habitué à plier l'échine facilement et ses précédentes fonctions dans les Pyrénées Orientales où il avait été nommé par Charles PASQUA l'avaient habitué à prendre des mesures assez radicales très vite jugées impopulaires. Comme le dira au moment de sa prise de fonctions le ministre de l'Intérieur Jean-Pierre CHEVENEMENT, « le remplaçant d'ERIGNAC est l'homme qu'il faut à l'endroit où il faut ». Il est vrai qu'il avait déjà été préfet adjoint à la sécurité à Ajaccio en 1991 et 1992. Et cet homme exceptionnel de 50 ans, fils de militaire, sera vite doté de moyens eux aussi exceptionnels avec la possibilité de choisir lui-même ses collaborateurs et de se voir doté d'un groupement de sécurité ! Le préfet a vite pris les choses en main ne voulant voir qu'une seule tête, la sienne ! C'est ce que disaient les mauvaises langues. Dès son arrivée en Corse, il avait même clairement fait passer le message à tous les services et le premier qui tousserait, sauterait. Dès le premier jour d'ailleurs, le préfet BONNET rôdera autour de José ROSSI (UDF-DL). Peut-être parce qu'il voyait à tort ou à raison dans le nouveau président de l'Assemblée de Corse l'incarnation du politicien douteux qu'il rêvait de « continentaliser » menottes aux poignets. Arrivera en mai 1998 le procureur général Bernard LEGRAS et les relations seront vite électriques entre les deux hommes. On aurait dit que les superbes moustaches du procureur l'agaçaient. En guise de contre-pouvoir, la direction de la gendarmerie avait alors nommé le colonel Henri MAZERES à la tête de la région et avait prié le lieutenant-colonel CAVALIER qui avait suivi le Préfet BONNET de rejoindre le rang, au poste de chef d'état-major. Le colonel MAZERES est un homme du sérail. Informaticien, à la chaleur toute landaise, il a vite remis au pas celui qu'il soupçonnait être un mouton noir. « Malgré la loyauté affichée du lieutenant-colonel Bertrand CAVALIER, les relations entre les deux gendarmes ne cesseront pas de se dégrader », se souvient l'un d'entre eux. Et puis, il y a eu un retournement de situation. Selon un fin connaisseur insulaire du dossier, « le préfet BONNET et le colonel MAZERES, qui se détestaient cordialement lors des premiers mois de leur travail en commun, en sont venus à nouer des relations intimes. Ils se promenaient ensemble en fin de semaine, protégés par leurs escortes respectives. Il leur arrivait même de faire du bateau ensemble. Ils étaient devenus inséparables, d'une complicité inenvisageable. Privé de CAVALIER, BONNET a instrumentalisé MAZERES ». A en croire les déclarations de Bertrand CAVALIER, les deux hommes, victimes de leur isolement insulaire, étaient dans les dispositions d'esprit propices à leur faire monter une opération tordue comme celle de la plage de Cala d'Orzu. »

    Bernard Bonnet l'homme des paillottesHuit mois après sa nomination, Bernard BONNET qui s'était déplacé au Parlement corse et auquel on avait demandé quand il partirait, aura cette réponse cinglante faite à l'attention de ses quelques contradicteurs : « Je partirai quand vos amis cesseront le racket, quand vos amis cesseront d’assassiner dans les fêtes de village, quand vos amis cesseront de déposer des explosifs ». Mais personne n'imaginait encore que les mesures prises par le nouveau préfet s'étendraient à des établissements de restauration, même conçus illégalement en bordure de mer.  Le 20 avril 1999, vers 2 heures du matin, une paillote du nom « Chez Francis » (ci-contre) sera détruite par un incendie. Située sur la plage de Cala d'Orzu, dans la commune de Coti-Chiavari, au sud du golfe d'Ajaccio, elle était bâtie sur une terrasse de béton de 300 m2. Ce restaurant de bord de mer était exploité sans titre et sans droit depuis 1974 par la famille FERAUD et, depuis, par leur fils, Yves. Des paillotes de ce type, il y en a des dizaines sur les plages de Corse, surtout au sud. Mais celle de « Chez Francis » était parmi les plus cotées. A l'origine, le père FERAUD avait eu l'autorisation de faire de la vente ambulante de sandwiches et de limonade l'été avant que, progressivement, il prenne racine dans le sable et, malgré des injonctions du maire et des condamnations à détruire cette construction illégale, rien n'y faisait. Lorsque le préfet BONNET a ouvert le dossier de la protection du domaine public, il était forcément tombé sur le dossier des paillotes et un calendrier avait été fixé après une mise en demeure. Un délai avait été accordé à Yves FERAUD jusqu'au 13 avril 1998, mais l'Assemblée de Corse qui s'était émue du sort des paillotes était intervenue et un compromis avait été trouvé assorti d'un nouveau sursis accordé jusqu'au 30 octobre 1998 date à laquelle la paillote devait être démontée.

    Seulement, le 20 avril, la paillote « Chez Francis » a brûlé. Sur la plage, tout près, on a découvert un radio-téléphone en fonctionnement, une cagoule, et des jerricans d'essence à peine enfouis dans le sable, un matériel qui appartenait au GPS, l'unité spéciale de la gendarmerie. D'abord, les gendarmes ont reconnu qu'ils étaient là, mais seulement en mission d'observation. Et aussi qu'ils auraient été surpris par une boule de feu sortant de la construction. Ensuite, le colonel Henri MAZERES reconnaîtra avoir agi sur les instructions du préfet Bernard BONNET. Ce que ce dernier niera en disant sur le plateau de télévision de Thierry ARSISSON que : « S'il avait voulu incendier une paillote, il n'aurait pas laissé de traces ! »

    Bernard Bonnet l'homme des paillottes

    Arrêté à la suite de l'incendie Bernard BONNET sera emprisonné à La Santé le 3 mai. Une fois relâché, deux mois plus tard, il se lancera dans un véritable combat et publiera un ouvrage afin d'accuser ouvertement Elisabeth GUIGOU, la ministre de la Justice, d'avoir comploté pour lui faire endosser des responsabilités qu'il récuse et pour avoir notamment tenu des propos devant le Club de la Presse en juin 1999. Il lui reprochera en outre de ne pas avoir tenu compte de la présomption d'innocence puisqu'au moment où elle les tenait il n'avait pas encore été jugé. Dans l'histoire effectivement, un préfet, même sans menottes, qui aura été traîné en novembre 2001 à Ajaccio devant un tribunal correctionnel pour y être jugé selon la loi, c'était une nouveauté dans l'histoire de la préfectorale et lorsqu'un pareil spectacle se déroule en Corse... Une affaire suffisamment grave pour qu'aussitôt les médias et PARIS-MATCH se saisissent d'un dossier tel que celui-là et que l'on assiste à un ex-préfet poussé dans le box, sous les sarcasmes d'un public où l'on pouvait reconnaître quelques fiers nationalistes, ou  ex-cagoulés, peut-être même deux ou trois racketteurs politiques, une poignée de trafiquants politiques, deux braqueurs politiques, un proxénète politique, et qui sait encore d'autres prévaricateurs, affairistes ou complices, diplômés du plastic, toute la fine fleur du maquis politique, venus assister en nombre à la condamnation de celui qui, durant un an, chaque jour et avec acharnement, leur avait infligé une insoutenable violence parce qu'il s'était mis en tête de faire seulement appliquer la loi. Condamné une première fois à trois ans de prison dont un ferme, le Préfet BONNET choisira le sulfureux défenseur Jacques VERGES pour le représenter. Définitivement condamné par un jugement de la cour de cassation, le 13 octobre 2004, il publiera à l'occasion un quatrième livre pour faire valoir son point de vue.

    Un reportage réalisé par M6 revient sur le début de cette affaire des paillottes et sur la courte mission de 14 mois du Préfet Bernard BONNET en Corse. Il vaut son pesant de cacahuètes ! 

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  • Alfred Hugenberg, la naïveté au pouvoir...

    Alfred Hugenberg, la naïveté au pouvoir...

    C'est en tant que ministre de l'économie et de l'alimentation (photo ci-contre), membre du premier cabinet d'Adolf HITLER dès le 30 janvier 1933, qu'Alfred HUGENBERG reste le plus connu. Il avait cru qu'en s'alliant avec le vice-chancelier von PAPEN, il pourrait contenir les débordements du caporal autrichien à moustaches. Hélas, il n'en sera rien et la suite on la connaît !  Avec von PAPEN, HUGENBERG s'était en effet attelé à convaincrele Président HINDENBURG que la nomination d'Adolf HITLER à la tête d'un gouvernement au sein duquel figureraient les principaux représentants de la droite nationaliste permettrait tout à la fois de "domes-tiquer les nazis" et d'obtenir une majorité à l'Assemblée. C'est au surplus une demande par lettre adressée à HINDENBURG par l'ancien président de la Reichsbank, un dénommé Hjalmar SCHACHT, qui enlèvera l'affaire. Celui-ci en était convaincu, Il fallait nommer à la chancellerie le « chef du groupe national le plus nombreux », autrement dit HITLER qui avait permis ce retournement de tendance, alors que le Président allemand s'était jusqu'alors toujours refusé à faire confiance au futur dictateur. Le financier y voyait le moyen de détourner les masses populaires des communistes et de les rallier à la République de Weimar !... Il est vrai qu'en 1932, l'horreur absolue était représentée en Allemagne par le communisme et non, curieusement, par les hordes nazies qui commençaient à se rendre coupables ça et là d'agressions. Comme en témoigne le procès qui verra HITLER "exploser" de colère face à un jeune avocat qui l'avait passablement indisposé. Les progrès des communistes renforçaient même les inquiétudes des milieux d'affaires laissant également craindre que les violences multipliées par les SA contre les forces d'extrême-gauche plongent le pays dans une véritable guerre civile. 

    En France, comme l'expliquait ci-dessous l'historien Alfred GROSSER dans un interview le 13 janvier 1960, peu d'hommes politiques et de journaux mesuraient les conséquences de l'accession au pouvoir de HITLER et quels étaient les moyens qu'Alfred HUGENBERG disposait pour contrecarrer les visées hégémoniques du futur dictateur.

    Mais qui était exactement Alfred HUGENBERG ? Après avoir occupé différents postes de direction dans les secteurs de la banque et de la métallurgie comme KRUPP, ce juriste d'origine avait commence en 1916 à construire le Hugenberg-Konzern, un conglomérat d'entreprises d'édition, de cinéma, de presse et de publicité. Avant, tout naturellement, de devenir le politicien qu'il était devenu à la fin des années vingt au sein de la République de Weimar. Il avait pour projet de renverser la république et de restaurer un régime autoritaire et son alliance avec HITLER s'il était mieux parvenu à contenir celui-ci aurait pu le lui permettre. Le 27 juin 1933, son parti dissous, il sera contraint d'abandonner ses portefeuilles ministériels. Il devra même céder aux nazis quelques mois plus tard ses entreprises de médias. Ce qui reste surtout de ce responsable est qu'il savait bien mieux diriger ses affaires que les quelques hommes qu'il aura côtoyés !

      

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  • Irma Grese, l'autre chienne nazie

    Irma Grese, la hyène nazie

    Au départ assez avenante et d'une apparence assez photogénique (ci-contre), est-ce que c'est parce qu'on avait l'impression qu'elle aboyait en donnant des ordres, qu'on l'avait surnommée "la hyène" ? Ou parce qu'elle avait fini par avoir un faciès peu engageant ? Son comportement particulièrement cruel et criminel lui vaudra d'être également appelée "la bête de Belsen" ! Née le 7 octobre 1923, il semble qu'elle avait choisi dès son plus jeune âge et l'adolescence de se distinguer en intégrant la BDM (Bund Deutsches Mâdchen) ou ligue des jeunes filles allemandes ! Sans doute son père qui était un nazi convaincu avait-il influé sur son cheminement. Perturbée psychologiquement enfant, elle n'avait en effet que treize ans lorsque sa mère se suicidera en ingérant de l'acide chlorhydrique après avoir découvert l'infidélité de son mari. Un problème traumatique qui aura été susceptible de la façonner en une personne sadique. Confrontée à des échecs scolaires répétés, elle quittera l'école à l'âge de quatorze ans et après deux tentatives infructueuses pour obtenir son diplôme d'infirmière, elle était déjà devenue une fanatique nationale-socialiste aux prises avec une colère intérieure indescriptible qui la voyait entrer dans des colères noires. Enrôlée au terme de deux années où elle n'avait pas été reconnue être une bonne soignante pour les patients qui lui étaient confiés, elle finira pare rejoindre le camp de Ravensbrück où elle commencera par s'illustrer, déployant une énergie peu commune à faire le mal autour d'elle. En quelques jours, la jeune fille introvertie qui avait rêvée de devenir une bonne soignante deviendra une soignante brutale, impitoyable et un véritable rouage de la machine à exterminer nazie. Elle se plaisait déjà à torturer mentalement les prisonniers affamés en plaçant de la nourriture gardée par des chiens sauvages ! Ses réussites dans le domaine de la cruauté lui ouvriront très vite les portes d'Auschwitz-Birkenau où l'on avait besoin de sadiques comme elle. On dira que c'est parce qu'elle s'ennuyait dans ce camp qu'elle usait de violence envers les détenues qu'elle avait à surveiller. Elle prenait même un soin barbare à envoyer à la mort toutes les femmes qu'elle jugeait plus jolies qu'elle et hélas, face au monstre qu'elle était devenue, il devait y en avoir quelques-unes !

    Irma Grese, la hyène nazie« C'était notre devoir d'exterminer les éléments anti-sociaux afin d'assurer l'avenir de l'Allemagne » dira t-elle sûre de son bon droit de disposer de la vie d'autrui ! Encore que le vocable anti social ait ici une signification pour le moins curieuse dans la bouche d'un tel monstre. On a dit que le fait d'avoir pu assister aux expérimentations médicales qui avaient été prescrites sur certains condamnés la plongeait en effet dans état de plaisir sexuel manifeste. Elle reste l'une des gardes de camp les plus impitoyables de l'histoire du nazisme. Faite prisonnière par l'armée britannique le 17 avril, elle sera jugée à partir du 17 septembre 1945 avec quelques autres coupables de sévices inimaginables (n° 9 sur la photo), et elle sera pendue à la prison du Hamelin le 13 décembre suivant.

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  • Dupont de Ligonnes ou la froideur d'un narcissique...

    Dupont de Ligonnes ou la froideur d'un narcissique...C'est l'un des faits divers qui aura passionné la France entière et qui retient aujourd'hui encore l'attention. Peut-être parce qu'elle met en scène un homme apparemment tranquille et issu d'un milieu bourgeois de Versailles, toujours présenté comme un croyant alors qu'il avait avoué en 2010 sur un forum qu'il n'avait jamais eu la foi. Et peut-être aussi parce que cet homme serait l'auteur d'un assassinat prémédité et scrupuleusement préparé au 55 boulevard Schumann à Nantes. Mais si elle retient ainsi l'attention c'est parce que depuis le mois d'avril 2011 une gigantesque chasse à l'homme a débuté qui a même provoqué à l'automne dernier une méprise après l'arrestation en Ecosse d'un pseudo sosie de Xavier DUPONT de LIGONNES. Une erreur qui n'est guère étonnante dans la mesure où près de 900 signalements en huit ans et demi ont vu intervenir nombre de gens soucieux sans doute de se distinguer. On ira jusqu'à prétendre que "le présumé meurtrier" avait été aperçu en Corse voire même qu'il avait ouvert une maison d'hôtes à Beyrouth au Liban où il accueillerait des repris de justice. Ce qui est envisageable c'est que ce DUPONT de LIGONNES qui n'était pas encore recherché le 15 avril 2011 au moment où il a été aperçu à Roquebrune-sur-Argens ait pu disposer d'un long délai pour quitter notre territoire et pour être hors de portée des enquêteurs. Des recherches entreprises après coup permettront même d'amener ceux-ci dans l'une des banlieues de Nantes qu'il avait fréquentée et où résident un certain nombre de malfrats. Comme si de LIGONNES avait pu être à la recherche de contacts susceptibles de lui permettre de se procurer des faux papiers utiles à une cavale.

    Si ce meurtre d'escroc manipulateur narcissique est horrible, ce qui surprend dans cette affaire c'est surtout le détachement de l'intéressé perceptible au téléphone avec un ton de voix ne trahissant aucune émotion lorsqu'il appelle sa sœur Christine, juste avant de tuer méthodiquement toute sa famille. Cela fait toujours autant froid dans le dos. Ce même 3 avril, juste avant cet appel, avant d'aller au cinéma, la famille dînait encore dans un restaurant de Nantes comme si de rien n'était. Et pourtant, pourtant... tout avait déjà été programmé puisque quelques jours auparavant Xavier DUPONT de LIGONNES s'était préoccupé dans le stand de tir où il s'était inscrit de la possibilité de "monter" un silencieux sur la carabine qu'il détenait, ce dont se souvient parfaitement Benoît l'un des responsables du stand. Quelques jours avant la tuerie, il avait également acheté de la chaux vive et le matériel de bricolage dont il avait besoin pour ensevelir les corps de ses futures victimes. Le lendemain de l'assassinat, même schéma, il téléphonera, toujours sans la moindre émotion, à l'employeur de son épouse pour l'informer qu'elle était souffrante et qu'elle était donc en arrêt-maladie. Il utilisera le même motif pour excuser l'absence de ses enfants à leur collège. Une mise en scène qui constitue une véritable présomption de culpabilité de l'intéressé. Certes, les corps ensevelis sous la terrasse l'ont été avec des amulettes religieuses, comme si l'assassin avait voulu bénir les dépouilles des êtres qu'il avait froidement exécutés. Mais DUPONT de LIGONNES donne aussi le sentiment d'avoir d'autres talents que celui de metteur en scène puisqu'il avouait en 2008 avoir réalisé au cours de l'exercice comptable 2007 pour sa société de guides touristiques un chiffre d'affaires de... 86.200 € et donc de diriger une affaire, la SELREF qui semblait fonctionner sans être en difficulté malgré un passif qu'il ne parvenait pas à résorber. 

    Le but poursuivi par DUPONT de LIGONNES au début des années 2000 était de créer un réseau d’hôtels et de restaurants dans lesquels les représentants de commerce auraient droit à des avantages. Il passait donc une grande partie de son temps sur les routes de France afin de démarcher des établissements sans qu'il parvienne néanmoins à faire décoller sa société. À ce jour, on aurait retrouvé la trace d'une autre société aux Etats-Unis, NETSURF Concept basée à Miami où il se rendait régulièrement avant le quintuple meurtre d'avril 2011 et sa disparition. Celle-ci avait, curieusement, le même objet social que la SELREF mais elle semblait être en sommeil depuis 2006. L'intéressé avait-il préparé une retraite outre-Atlantique et à quoi servaient donc les déplacements entrepris entre la France et les Etats-Unis ? Une question à laquelle n'ont pu répondre les autorités américaines, ce qui est bien regrettable. DUPONT de LIGONNES aurait également tiré des revenus de la revente de voitures américaines qu'il aurait fait réparer en France, avant de les revendre ; c'est ce que racontent certains riverains. Pourtant, les modèles aperçus, immatriculés en Floride, étaient toujours les mêmes. Cette activité d'importateur lui aurait procuré un complément de revenus, ce qui tendrait à démontrer que l'on ne sait finalement rien de ce présumé tueur ni sur les projets qui lui auraient permis de fuir et de redémarrer une existence ailleurs, sous d'autres cieux avec, qui sait, de l'argent qu'il aurait réussi à se procurer de façon illicite. D'ailleurs, il n'est pas interdit de penser qu'il ait pu effectuer régulièrement des prélèvements pour se constituer un bas de laine en vue d'une nouvelle vie.

    Dupont de Ligonnes ou la froideur d'un narcissique...Selon une amie d'Agnès DUPONT de LIGONNES, la mère de famille était parfaitement au courant des dettes du couple, mais elle tenait à protéger ses enfants qui ne savaient rien de cette situation pour le moins préoccupante. Et si elle acceptait cette situation, c’est surtout parce qu’elle était toujours une folle amoureuse de Xavier depuis qu'ils s'étaient rencontrés bien plus jeunes et qu'elle était sous son emprise comme on peut l'être quand on est face à un être toxique manipulateur. Elle ne voyait qu’à travers lui et tout ce que disait Xavier ne pouvait donc qu'être vrai. Pourtant, Agnès évoquera ses problèmes de couple sur le site Doctissimo.fr. décrivant un époux rigide, autoritaire, un être qui n'était ni tendre, ni câlin, ni affectif et qui ne vivait que pour son travail. Un époux qui aimait à s'enfermer dans ce qu'elle appelait "sa grotte", une sorte de sous-sol difficilement accessible situé sous leur maison, là même où il tuera toute sa famille sans la moindre émotion. Autour de la personnalité d'Agnès apparaîtront un certain nombre de précisions. Elle attendait un premier enfant qui n'était pas de Xavier lorsqu'ils s'étaient retrouvés en 1989 puis mariés quasiment incités à le faire par la mère de l'intéressé. Puis, elle avait accepté une sorte de ménage à trois que lui avait proposé un temps Xavier en demandant à son ami d'enfance Michel RETIF de le suppléer sur le plan conjugal, comme s'il avait voulu s'épargner la part d'obligations maritales lui revenant. Agnès faisait également part de l'existence de ces gros problèmes de fric sur un forum. Son mari avait monté sa boîte il y a quatre ans avec son argent à elle et d'après elle ça traînait… Cet argent était celui de l’héritage HODANGER, près de 80 000 € voire même bien plus que son époux avait englouti dans ses affaires en espérant qu'ils feraient fortune. On sait aussi qu'il dérobera de l'argent après la mort de son propre père en janvier 2011 et pas seulement sa carabine 22 long rifle. En vain. Cette foi en l'homme ira d'ailleurs jusqu'aux infidélités de l'intéressé car DUPONT de LIGONNES, visiblement un homme à femmes un tantinet frimeur, avait des maîtresses et il est établi qu'il ait tenté de renouer des liens avant le drame avec quatre d'entre elles. Claudia en fait partie dont les enquêteurs retrouveront la trace en Allemagne et avec laquelle il avait vécu une histoire d'amour avant d'épouser Agnès, peut-être justement pour des raisons d'argent. On dit aussi qu'il se serait fait prêter 50 000 € par une amie parisienne. Selon le site Internet du média Le Point, cette femme se serait présentée dans un commissariat d'Asnières (Hauts-de-Seine), disant craindre pour sa vie. Pourquoi cet emprunt ? Si le compte familial, à la Poste, était dans le rouge il l'était dans des proportions raisonnables. Pourtant un huissier avait été mandaté qui était venu le 5 avril réclamer une créance de plus de 20.000 euros au domicile de la famille. mais il trouvera porte close.  

    Michel RETIF, qui s'est suicidé depuis se sentant coupable de ce qui avait pu arriver et qui était l'un de ses amis avait conservé les photographies de leur escapade estudiantine aux Etats-Unis. Il pensait avant de disparaître que Xavier était toujours vivant car il n'aurait eu aucun intérêt à monter un tel scénario pour ensuite aller se tuer dans le Var. Une région où des recherches ont été entreprises lorsque des hypothèses de suicide ont circulé. En 2018, on pensera même l'avoir retrouvé dans un monastère de Roquebrune mais l'homme aperçu ça ne sera pas lui. Pour son copain d'études il aurait été tout à fait capable de passer pour un Américain en parlant sans accent dans une langue qu'il maîtrise parfaitement d'autant qu'il vouait une véritable passion à l'Amérique. Beaucoup de ses proches restent interloqués et certains rejettent néanmoins encore la culpabilité de Xavier DUPONT de LIGONNES. Sa mère à Versailles qui animait jusqu'alors un groupe de prières à déviance sectaire la première, elle qui est montrée du doigt pour n'avoir pas correctement élevé ce fils et dont on dira qu'elle est froide, possessive et manipulatrice. Les chiens ne font pas des chats ! D'autres familiers qui ne croient absolument pas en la culpabilité de Xavier DUPONT de LIGONNES vont même jusqu'à regretter qu'on ne leur ai par permis d'identifier les corps à la morgue, d'autant que des invraisemblances auraient été consignées qui n'ont rien à voir avec certaines des caractéristiques de ceux qui ont été assassinés. Tant en termes de poids qu'en termes de taille. Au point qu'un doute subsiste quant aux corps retrouvés ensevelis sous la terrasse de la maison du boulevard Schumann à Nantes ! Est-ce que ces corps seraient finalement ceux d'Agnès et de ses enfants ?

    La vidéo ci-dessous qui revient sur l'affaire et dix années de recherches est celle qui nous a paru poser assez clairement les questions que l'on continue à se poser au sujet de ce possible meurtrier et de son machiavélique scénario.

     

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