• Martin Bormann, le "fayot nazi" en fuitePour le chauffeur KEMPKA, l'un de ceux qui étaient en fuite avec lui, il serait mort le 1er mai 1945 sur un pont de Berlin après avoir ingurgité une dose de cyanure et tenté d'échapper à l'assaut donné au bunker où il s'était longtemps réfugié. Une version qui semble peu vraisemblable dans la mesure où juste avant vingt heures, le couple infernal des GOEBBELS était encore vivant. Ce mort porte un nom, celui de Martin BORMANN, l'archétype même du "fayot en chef", celui qui, dit-on, faisait peur à Heinrich HIMMLER et que Herman GOERING aurait volontiers étranglé. Peut-être parce qu'il pouvait faire ou défaire l'image de n'importe qui en usant d'informations qu'il collectait souvent à l'insu des intéressés. Ce qui lui vaudra le mépris de l'ensemble de la cour nazie, un peu plus encore après le 30 avril et la disparition de l'homme dont il se plaisait à devancer tous les caprices.

    Peu raffiné, massif, manquant de personnalité, BORMANN était pourtant à l'opposé du profil type de l'Aryen tel que le rêvaient les nazis. Craint pour ses accès de colère qui le voyaient s'emporter pour à peu près tout et n'importe quoi, on en oublierait presque que c'est lui qui est à l'origine du Berghof qu'il avait fait bâtir pour le dictateur. En usant au besoin d'intimidations pour déloger les occupants de parcelles mitoyennes au Nid d'Aigle d'HITLER qu'il allait menacer de déportation pour pouvoir récupérer leurs espaces. Chargé de toutes les affaires intérieures du Reich, il s'était très vite fait repéré par ses supérieurs, et cela dès son adhésion au NDSAP en 1927 jusqu'à devenir l'adjoint de Rudolf HESS. Un homme qu'il s'efforcera d'écarter par tous les moyens possibles et inimaginables pour devenir le seul secrétaire du Führer dès 1941.  

    L'affaire BORMANN et sa disparition sont longtemps restées une énigme. Même après 1972 et que l'on a retrouvé les restes d'un corps qui laissent supposer qu'il se soit agi de ceux de l'ancienne éminence grise du Führer. Ce que des vérifications de dentition et d'ADN semblent attester. Alors qu'en 1968, il aurait été aperçu à la frontière du Paraguay et du Brésil. Six ans après l'enlèvement de son père par les services secrets israéliens en 1960, le fils d'Adolf EICHMANN lancera d'ailleurs, par le truchement d'un média, un appel à Martin BORMANN pour qu'il se rende et qu'il accepte d'endosser la paternité d'une grande partie de ce qui avait été reproché à son père. BORMANN savait fort bien ce qu'il risquait s'il avait été arrêté.


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  • être bi-polaire...Sans que ce soit un travers devenu à la mode, du moins si l'on en croit certains observateurs, souffrir de troubles bipolaires serait plutôt quelque chose de grave et d'invalidant. Quelque chose aussi qui, difficilement détectable, risque parfois de n'être détecté qu'au terme de dix longues années. En France, un million de personnes souffrant de ce travers en décéderont en se donnant la mort. Longtemps enfermé dans une dénomination plus inquiétante, celle de maniaco-dépressif, ceux qui en sont atteint ont, depuis, franchi une étape en parlant souvent, avec la bipolarité, d'un mal que l'on peut arriver à domestiquer. Parce qu'elle recoupe plusieurs pathologies et que chacune d'entre elles obéit à un traitement différent.

    Euphorie, imagination débordante, folie des grandeurs, sentiment de surpuissance donnant d'un seul coup le sentiment de pouvoir se lancer dans à peu près n'importe quoi... les caractéristiques de la bipolarité montrent qu'avant la dépression et un effondrement, les sens des victimes s'accélèrent, souvent liés à une démultiplication de l'odorat ou de la perception. Insidieux, et pas facilement détectables, ces troubles émotionnels sont aussi, en phase maniaque, caractérisés par de l'agitation et des insomnies. Ce qu'il convient de savoir de ces épisodes maniaques, c'est qu'il s'agit surtout de pertes de contact avec la réalité qui font craindre à peu près tout et n'importe quoi de ceux qui les traversent. Cette bipolarité est assez souvent de type I ou de type II. Les patients bipolaires de type I, souffrent généralement d'addictions liées à la drogue, à l'alcool, au sexe ou à l'argent repérables par une agressivité et une violence difficiles à contenir au terme d'épisodes maniaques caractérisés par de l'agitation et une insomnie, véritables incendies émotionnels. Les patients bipolaires de type II, souffrent généralement d'épisodes moins graves qu'en type I mais caractérisés par des cycles plus rapides observés entre les phases maniaques et les phases de dépression.

    Si vous vous interrogez à propos de l'attitude de personnes de votre entourage, rassurez-vous, des célébrités en souffrent également, parfois même en revendiquant leur état et qui ont parfois réussi à vivre avec. Comme l'actrice épouse de Michaël DOUGLAS, Catherine ZETA-JONES, l'acteur Jim CARREY ou la chanteuse de rythm'blues Maria CAREY. D'autres en ont souffert sans pour autant qu'on l'ait su, comme le nazi Joseph GOEBBELS.

    Le reportage enquête réalisé qui suit a, justement, le mérite d'aborder très positivement tout cela.


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  • Une affaire non élucidée, celle du petit Grégory assassiné en 198416 octobre 1984, voici exactement trente-quatre ans, était retrouvé dans la Vologne près de Lépanges, le corps sans vie du petit Grégory, le fils de Jean-Marie et de Christine VILLEMIN. Dans ce qui a fait l'objet d'un reportage de PLANETE JUSTICE, l'affaire est disséquée à l'aide de plusieurs extraits vidéos qui aident à mieux comprendre ce qu'a été cette affaire, les insuffisances commises lors des enquêtes et de l'instruction, et les prolongements qu'elle vient d'avoir l'an passé. Pour RMC Decouverte, elle avait déjà fait l'objet d'un autre reportage, à voir en fin d'article.

    Des prolongements, il y en a eu effectivement car au comble d'un narcissisme éprouvé, le juge Jean-Michel LAMBERT, premier magistrat instructeur de l'affaire, a choisi en juillet 2017 de se donner la mort au Mans où il s'était retiré, l'heure de la retraite venue. Visiblement débordé, il avait avant ce dernier geste reconnu une certaine pression, précisant qu'en octobre 1984, il n'avait eu pas moins de 229 dossiers à instruire au cours des quatre derniers mois de l'année. Il n'est pas inutile de préciser que la véritable ruée des médias après la découverte du petit corps a également eu une incidence et non des moindres. Le manque d'entente et d'organisation entre le jeune magistrat et le capitaine de gendarmerie Etienne SESMAT a par ailleurs été à l'origine de graves dysfonctionnements, entraînant parfois des annulations de procédure pour vice de forme. Notamment lors de la désignation des experts en écriture, expertise que le jeune magistrat aurait dû lui-même diligenter sans passer par les gendarmes et pour avoir "oublié" de signer une prolongation de garde à vue de la jeune Murielle BOLLE rendant caducs les éléments collectés par les gendarmes lors de leur enqête. Ce dont le jeune juge ne se remettra, semble-t-il, jamais puisque ce rôle de bouc-émissaire dans sa première grosse affaire, "l'affaire de sa vie", avait-il lâché au départ, serait, dit-on, à l'origine de son suicide du 11 juillet 2017. Il est vrai que l'affaire venait de connaître son énième rebondissement quelques jours plus tôt, avec l’arrestation de Marcel et Jacqueline JACOB, grand-oncle et grand-tante de Grégory, relançant spectaculairement le dossier, Jacqueline JACOB ayant été suspecté d'être le premier des multiples corbeaux de l'affaire. Moqué par Bernard PIVOT et Philippe LABRO sur le plateau d'Apostrophes lors de la sortie de son célèbre ouvrage : Le petit juge, Jean-Michel LAMBERT craignait, à l'entendre, d'être contraint, une fois encore, de subir un lynchage médiatique et d'être à nouveau pris pour un bouc-émissaire. Dans les lettres qu'il a adressées aux siens et à un journaliste, Christophe GOBIN, avec lequel il avait réussi à tisser des liens amicaux, il s'en est expliqué, faisant une fois de plus prévaloir son sentiment quant à l'innocence de Bernard LAROCHE qu'il aurait inculpé à tort. Ce qui semble aujourd'hui être sujet à caution tant les témoignages visant à incriminer l'homme assassiné par Jean-Marie VILLEMIN en mars 1985 se multiplient. 

    Les époux JACOB, jamais inquiétés jusqu’alors, ont cependant été remis en liberté sous contrôle judiciaire. Il en est de même de Murielle BOLLE, l'un des premiers témoins clé de l’affaire, qui avait à son tour été mise en examen et écrouée moins de deux semaines plus tard et depuis relaxée. Pour des raisons de sécurité, elle vivrait aujourd'hui à un endroit que l'on s'est efforcé de ne pas divulguer. « On reste confondu devant les carences, les irrégularités, les fautes, les dissimulations de preuves ou le désordre intellectuel et peut-être simplement matériel du juge LAMBERT, je suis en présence de l'erreur judiciaire dans toute son horreur, celle qui peut conduire un innocent ou une innocente à la plus épouvantable condamnation. L'erreur judiciaire, cela existe. Je le sais maintenant. » dira du jeune juge en des termes peu flatteurs son successeur, le juge Maurice SIMON dans des carnets devenus célèbres après le dessaisissement du juge LAMBERT en 1987.

    Plusieurs points restent, il est vrai, aujourd'hui inexplicables et notamment ce qui aura conduit la gamine un peu gauche qu'était en 1984 Murielle BOLLE, la belle-soeur de Bernard LAROCHE, à accuser son beau-frère. Avant, par la suite, de se rétracter après avoir été "vivement" recadrée par les siens. Ce qu'attesteraient les dires d'un cousin qui ne s'est bizarrement manifesté qu'en 2017 après plus de trente ans de silence ! Le capitaine de gendarmerie SESMAT qui n'est pas irréprochable, se défend d'avoir provoqué des aveux de l'adolescente, évoquant plutôt sa surprise de n'avoir pu la faire auditionner rapidement, faute d'avoir pu compter sur un jeune juge préoccupé par son seul départ en week-end. Ce qui aurait peut-être évité à cette rétractation de prendre le poids qu'elle a pris. Et que dire de toutes les invraisemblances relevées ci ou là dans d'autres témoignages qui se contredisent les uns et les autres ? Puisqu'on ne sait toujours pas à l'heure qu'il est si Murielle BOLLE se trouvait à proximité de la maison des VILLEMIN avec Bernard LAROCHE ce fameux 16 octobre aux alentours de 17 heures ? Ce qui apparaît vraisemblable aujourd'hui, c'est que derrière un meurtre comme celui du petit Grégory, il y a forcément des secrets qui n'ont pas encore été révélés. Parce qu'au sein de la famille VILLEMIN, tout le monde ou presque travaillait aux Filatures et qu'il apparaît que certains étaient jaloux de la réussite des autres. Il est donc tout à fait envisageable qu'ils s'y soient pris à plusieurs, d'abord pour enlever le garçonnet pendant que sa maman était occupée au repassage, avant qu'un autre ne le tue après lui avoir administré une piqûre d'insuline pour l'endormir, et qu'il poste la fameuse lettre à Lépanges. Mais hélas sans que les conditions aient pu être déterminées à cause de l'absurdité du rapport d'expertise du corps.

    Louis PETRIAC


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  • 1940... Une manipulation du peuple allemand essentiellePropagandiste lui-même, HITLER a pu compter avec Joseph GOEBBELS (ci-contre) sur un ministre satanique au cynisme extraordinaire. Tout était mis en oeuvre pour marquer la conscience collective et faire en sorte que les images d'actualité régulièrement projetées frappent les esprits d'un peuple dont la confiance en son Führer était déjà bien ancrée. Une mise en scène extraordinaire et maléfique comme l'a été la signature de la nouvelle armistice en juin 1940 dans le célèbre wagon de la clairière de Rethondes ! On avait beau être d'accord pour conclure une cessation des hostilités, mais pas à n'importe quel prix, et ce symbole de l'humiliation de 1918 vécue par la grande Allemagne de Guillaume II n'était-ce pas l'endroit rêvé pour afficher la toute puissance de l'état nazi face à une armée française passablement désorganisée et sans âme ? Un véritable lavage de cerveau organisé par un homme soucieux d'avilir la terre entière et que l'on prend aujourd'hui pour un dangereux pervers narcissique.

    4 000 journalistes, 15 000 propagandistes, des moyens colossaux pour manipuler plus efficacement les masses et travailler à la persuasion en utilisant au besoin la désinformation... Les Allemands ont longtemps gagné la guerre des images, n'hésitant pas à faire retourner certaines scènes spectaculaires d'assaut à des figurants pour valoriser encore plus les succès obtenus par leur armée. Il ne fallait montrer que ce qui était valorisant et susceptible d'endormir le peuple et lui faire croire que l'Allemagne était invincible. Il fallait faire croire. Les Alliés se souviendront de cette leçon d'efficacité puisque, à leur tour, ils l'exploiteront dès 1944, montrant un ennemi défait qui n'avait plus rien de commun avec celle invincible de 1940.


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  • Le STO ou l'infecte marchandage des nazis...Dès 1942, HITLER avait exigé de la France que celle-ci lui délègue des ouvriers qualifiés pour combler le manque de main d’œuvre disponible en Allemagne, la majorité des jeunes Allemands étant partis combattre.

    Le nazi Fritz SAUCKEL, nommé responsable du recrutement des ouvriers dès mars 1942, sera chargé de mettre en place un dispositif tendant à l'échange d'une main d'oeuvre contre des prisonniers de guerre, tant en France qu'en Belgique. Les conditions d’occupation étant très dures en France, beaucoup d’ouvriers français aveuglés par une propagande efficace (affiche ci-contre) ont vu dans cet échange, un moyen de nourrir leurs familles sans imaginer un seul instant qu'ils seraient sous-payés et hébergés dans des camps de travail où ils seront souvent livrés à la vermine (punaises, poux de corps, morpions) et à des conditions de survie dantesques. En juin 1942, en mettant en place un premier dispositif, celui de "la relève" les Allemands avaient tablé sur un recrutement forcé de quelques 350 000 travailleurs. A la fin du mois de mars 42, pour trois volontaires envoyés dans les usines allemandes, un prisonnier de guerre devait être libéré. Cependant, les Allemands ne tiendront pas leur promesse et renverront très peu de prisonniers chez eux. La propagande n’ayant pas l’effet escompté, on ne comptera à la fin 1942 que 240 000 Français dans les usines allemandes. Un recensement général des travailleurs français effectué, LAVAL se prêtant docilement au diktat nazi, rédigera un décret pour appliquer une nouvelle réforme, visant à instaurer un SERVICE DU TRAVAIL OBLIGATOIRE (ou S.T.O). Une loi préparée par le gouvernement pétainiste sera votée le 16 février 1943. Après la défaite de 1940, l’Allemagne avait exigée de la France une énorme contribution de guerre, et cette réquisition en fera donc partie. Un gigantesque jeu de dupes ! Cette collaboration de LAVAL avec le Troisième Reich débouchera sur l'envoi en Allemagne de 600 000 de nos jeunes qui seront condamnés à remplacer dans les usines et lieux de production allemands une main d'oeuvre engagée pour "faire la guerre". Un odieux marchandage dont les requis n'oseront pas parler à leur retour, de peur d'être considérés comme des "vendus aux boches" ! Beaucoup seront donc condamnés dès février 1943 à rejoindre des usines ou des camps de travail en Allemagne et à y travailler pour des salaires de misère. Dans le film qui suit, tourné pour France-Télévision et Planète, l'écrivain François CAVANNA, concerné par ces premières réquisitions, évoquait avant de disparaître en 2014, ce qu'était le STO et ce qu'il a dû supporter. Précisions que beaucoup de ces jeunes embrigadés ignoraient à cette époque que des maquis avaient été créés par la Résistance aux nazis. Mais si certains d'entre eux, peu décidés à répondre à ce chantage, ont "pris le maquis", d'autres n'en auront pas le temps, et seront arrêtés par la Police française ! D'après l'historien Jean-Pierre AZEMA, 30 à 40 000 de ces jeunes requis rejoindront le maquis, sans pour autant être prêts à devenir de véritables combattants.

    Envoyés de force en Allemagne entre 1943 et 1945, pour y travailler au service de l'Etat nazi, d'anciens membres français du STO ont décidé récemment de demander réparation. Lundi 5 février dernier, la première chambre civile du Tribunal de grande instance de Paris a commencé à étudier la demande de quatre anciens participants du STO ainsi que celle d'une petite vingtaine d'héritiers, représentant de ceux qui sont morts depuis. Il s'agit d'une procédure inédite devant la justice française, une précédente tentative devant les prud'hommes ayant échoué. L'avocat Maître Emmanuel LUDOT compte réclamer à l'Etat allemand pour ses clients la réparation d'un préjudice estimé à 100.000 euros. "Le STO doit être assimilé à de l'esclavage. C'est un crime contre l'humanité, donc imprescriptible. Le profit tiré de cet esclavage par l'Etat allemand entre 1943 et 1945 s'analyse comme un recel de ce crime", explique-t-il. 

     


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  • Une Croix Rouge critiquable face aux nazis...C'est incontestablement l'un des dossiers qui continue encore d'interpeller, plus de soixante-dix ans après les faits, parce qu'on ne comprend pas. Que la CROIX ROUGE, l'une des plus grandes organisations humanitaires du monde, n'ait pas cru devoir intervenir pour dénoncer les crimes nazis et l'existence des camps de concentration ainsi que ce que l'on y faisait subir aux Juifs, passe en effet toujours aussi mal...

    La question revient d'ailleurs souvent dans la bouche des victimes de la Shoah lorsqu'on évoque la CROIX ROUGE et un comportement loin d'être irréprochable. Max UBER (ci-contre), le Président du Comité International de la CROIX ROUGE, reconnu être aussi un homme d'affaires avisé avait, semble-t-il, choisi son camp, privilégiant les entreprises qu'il dirigeait parallèlement et qui faisaient d'excellentes affaires avec l'industrie de l'armement du Troisième Reich. L'un des autres hauts responsables de l'organisation humanitaire, Carl-G. BURKHARDT était, pour sa part, considéré comme un anticommuniste notoire, ce qui peut justifier la tiédeur avec laquelle le CICR intervenait face aux nazis. Il apparaît également aujourd'hui que BURKHARDT aurait dissimulé au Comité les informations qu'il détenait à propos de ces déportations, alors que des femmes « insistaient depuis longtemps pour lancer un appel public contre le génocide juif ». Informée de ce que subissaient les Juifs dans les camps, la CROIX ROUGE avait donc choisi de fermer les yeux. Ce qui est le comble, c'est qu'UBER parlera même d'exagération lorsqu'il évoquera dans une lettre adressée au Troisième Reich ce qui était rapporté à propos des nazis. Alors que 30 000 déportés y avaient déjà été assassinés, l'un des responsables du CICR parlera même après une visite d'inspection et dans un rapport d'élégance à propos du camp de Dachau ! Heureusement que le ridicule ne tue pas !

    En décembre 1939, le président du CICR, sans doute pour faire taire certaines "mauvaises langues" interviendra auprès de la Croix-Rouge allemande pour obtenir que des délégués du CICR puissent visiter les Juifs de Vienne déportés en Pologne. Mais il se heurtera à un refus, car les autorités allemandes ne voulaient en aucun cas évoquer le sort des Juifs. Dès lors, le CICR choisira comme stratégie de ne plus aborder directement la question des Juifs avec le Troisième Reich ; il ne le fera que par le biais d'interventions de portée générale relatives aux victimes d'arrestations en masse ou de déportations, sans mentionner de définition de nature religieuse ou raciale, même s'il était clair que les personnes concernées étaient, pour la plupart, des Juifs. Le 29 avril 1942, la Croix-Rouge allemande informera le CICR qu'elle ne communiquait pas de renseignements sur des détenus "non aryens", et elle lui demandera de s'abstenir de poser des questions à leur sujet. L’historien Meir DWORZECKI en donne l’explication : « Ceux qui étaient internés dans l’univers imperméable des camps de concentration (…)  ne surent qu’une chose : ils ne virent pratiquement jamais des représentants du CICR dans les ghettos et les camps de concentration. Ainsi pour ceux en détresse dans l’Europe occupée par les nazis, l’institution qui pendant presque 85 ans avait symbolisé les secours à ceux qui souffrent et qui se battent contre l’injustice, le mal et la mort, devint une institution inexistante qui renia son passé ». Le 23 juin 1944, un délégué du CICR, le docteur Maurice ROSSEL, parviendra cependant à programmer une visite au camp de Theresienstadt où sa visite avait, semble-t-il, été préparée et une mise en scène soigneusement organisée. Il inspectera le ghetto sous la conduite d'officiers SS, sans avoir eu la possibilité de s'entretenir avec les juifs de l'endroit ni de pénétrer dans la forteresse. Deux représentants du gouvernement danois participeront également à la visite. Il était évident que les nazis étaient soucieux de mettre un terme aux rumeurs qui couraient à propos des camps d'extermination et de la solution finale déjà mise en oeuvre. Pour minimiser l'apparence de surpopulation, un grand nombre de juifs avaient d'ailleurs été déportés à Auschwitz, et de faux magasins et cafés avaient été construits à Theresienstadt pour donner l'impression d'un confort relatif. 

    Gerald STEINACHER, un enseignant à l'Université américaine du Nebraska a publié en 2013 un ouvrage sur ces relations ambiguës entre les nazis et la Comité International de la CROIX ROUGE, cherchant avant tout à comprendre. Comprendre, la chaîne ARTE s'y est également efforcée à l'aide du reportage ci-dessous. Sans que l'on y évoque un autre point brûlant de ces relations et la participation du CICR à une fuite des nazis (MENGELE et EICHMANN notamment) après la guerre et opérée en liaison avec certaines associations religieuses. 


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