• Martin Bormann, le "fayot nazi" en fuite

    Martin Bormann, le "fayot nazi" en fuitePour le chauffeur des dignitaires nazis KEMPKA, l'un de ceux qui étaient en fuite avec lui, serait mort le 1er mai 1945 sur un pont de Berlin après avoir ingurgité une dose de cyanure et tenté d'échapper à l'assaut donné au bunker où il s'était longtemps réfugié. Une version qui semble peu vraisemblable dans la mesure où juste avant vingt heures, le couple infernal des GOEBBELS était encore vivant. Ce mort porte un nom, celui de Martin BORMANN, l'archétype même du "fayot en chef" devenu le patron du NSDAP, celui qui, dit-on, faisait peur à Heinrich HIMMLER et que Herman GOERING aurait volontiers étranglé. Peut-être parce qu'il pouvait faire ou défaire l'image de n'importe qui en usant d'informations qu'il collectait souvent à l'insu des intéressés. Ce qui lui vaudra le mépris de l'ensemble de la cour nazie, un peu plus encore après le 30 avril et la disparition de l'homme dont il se plaisait à devancer tous les caprices et pour lequel il avait fait bâtir ce Berghof et ce Nid d'aigle à Berchtesgaden. Un Führer qu'il aurait, dit-on, poussé à poursuivre la guerre alors que, paradoxalement, c'était un ennemi déclaré de l'armée qu'il considérait comme un obstacle à la toute puissance du NSDAP. D'après les témoignages recueillis après la conflit, sa force de manipulateur était telle qu'il avait réussi le tour de force à isoler progressivement HITLER des autres dès le mois de Janvier 1945. Comme il l'avait fait dès 1937 en faisant en sorte que le dauphin de la cour nazie, Rudolf HESS, soit progressivement ignoré par son Führer. L'historien Fabrice d'ALMEIDA le précise dans un ouvrage consacré à : La vie mondaine sous le nazisme, il avait même réussi à éloigner de lui le photographe Heinrich HOFFMANN en prétextant que ce dernier était atteint du typhus. Une affaire qui ne trouvera de solution que par l'entremise d'Eva BRAUN et qui permettra au complice des premiers jours du nazisme de retrouver sa place près du dictateur dans le bunker.  

    Peu raffiné, massif, manquant de personnalité, le regard fuyant, BORMANN était pourtant à l'opposé du profil type de l'Aryen tel que le rêvaient les nazis. L'un des aides de camp d'HITLER, FREYTAG von LORINGHOVEN dira de lui qu'il était toujours dans l'ombre, à proximité de son Führer, comme une araignée dans son nid, à entendre et surveiller tout ce qui se passait autour de lui. Craint pour ses accès de colère qui le voyaient s'emporter pour à peu près tout et n'importe quoi, on en oublierait presque que c'est lui qui est effectivement à l'origine du Berghof qu'il avait fait bâtir pour le dictateur. En usant au besoin d'intimidations pour déloger les occupants de parcelles mitoyennes à la résidence d'HITLER qu'il allait menacer de déportation pour pouvoir récupérer leurs espaces. Chargé de toutes les affaires intérieures du Reich, il s'était très vite fait repéré par ses supérieurs, et cela dès son adhésion au NDSAP en 1927 jusqu'à devenir l'adjoint de Rudolf HESS. Un homme qu'il s'efforcera d'écarter par tous les moyens possibles et inimaginables pour devenir le seul secrétaire du Führer dès 1941.  

    L'affaire BORMANN et sa disparition sont longtemps restées une énigme. Même après 1972 et que l'on a retrouvé les restes d'un corps qui laissent supposer qu'il se soit agi de ceux de l'ancienne éminence grise du Führer. Ce que des vérifications de dentition et d'ADN semblent attester. Alors qu'en 1968, il aurait été aperçu à la frontière du Paraguay et du Brésil. Six ans après l'enlèvement de son père par les services secrets israéliens en 1960, le fils d'Adolf EICHMANN lancera d'ailleurs, par le truchement d'un média, un appel à Martin BORMANN pour qu'il se rende et qu'il accepte d'endosser la paternité d'une grande partie de ce qui avait été reproché à son père. BORMANN savait fort bien ce qu'il risquait s'il avait été arrêté.

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