• Le STO ou l'infecte marchandage des nazis...

    Le STO ou l'infecte marchandage des nazis...Dès 1942, HITLER avait exigé de la France que celle-ci lui délègue des ouvriers qualifiés pour combler le manque de main d’œuvre disponible en Allemagne, la majorité des jeunes Allemands étant partis combattre.

    Le nazi Fritz SAUCKEL, nommé responsable du recrutement des ouvriers dès mars 1942, sera chargé de mettre en place un dispositif tendant à l'échange d'une main d'oeuvre contre des prisonniers de guerre, tant en France qu'en Belgique. Les conditions d’occupation étant très dures en France, beaucoup d’ouvriers français aveuglés par une propagande efficace (affiche ci-contre) ont vu dans cet échange, un moyen de nourrir leurs familles sans imaginer un seul instant qu'ils seraient sous-payés et hébergés dans des camps de travail où ils seront souvent livrés à la vermine (punaises, poux de corps, morpions) et à des conditions de survie dantesques. En juin 1942, en mettant en place un premier dispositif, celui de "la relève" les Allemands avaient tablé sur un recrutement forcé de quelques 350 000 travailleurs. A la fin du mois de mars 42, pour trois volontaires envoyés dans les usines allemandes, un prisonnier de guerre devait être libéré. Cependant, les Allemands ne tiendront pas leur promesse et renverront très peu de prisonniers chez eux. La propagande n’ayant pas l’effet escompté, on ne comptera à la fin 1942 que 240 000 Français dans les usines allemandes. Un recensement général des travailleurs français effectué, LAVAL se prêtant docilement au diktat nazi, rédigera un décret pour appliquer une nouvelle réforme, visant à instaurer un SERVICE DU TRAVAIL OBLIGATOIRE (ou S.T.O). Une loi préparée par le gouvernement pétainiste sera votée le 16 février 1943. Après la défaite de 1940, l’Allemagne avait exigée de la France une énorme contribution de guerre, et cette réquisition en fera donc partie. Un gigantesque jeu de dupes ! Cette collaboration de LAVAL avec le Troisième Reich débouchera sur l'envoi en Allemagne de 600 000 de nos jeunes qui seront condamnés à remplacer dans les usines et lieux de production allemands une main d'oeuvre engagée pour "faire la guerre". Un odieux marchandage dont les requis n'oseront pas parler à leur retour, de peur d'être considérés comme des "vendus aux boches" ! Beaucoup seront donc condamnés dès février 1943 à rejoindre des usines ou des camps de travail en Allemagne et à y travailler pour des salaires de misère. Dans le film qui suit, tourné pour France-Télévision et Planète, l'écrivain François CAVANNA, concerné par ces premières réquisitions, évoquait avant de disparaître en 2014, ce qu'était le STO et ce qu'il a dû supporter. Précisions que beaucoup de ces jeunes embrigadés ignoraient à cette époque que des maquis avaient été créés par la Résistance aux nazis. Mais si certains d'entre eux, peu décidés à répondre à ce chantage, ont "pris le maquis", d'autres n'en auront pas le temps, et seront arrêtés par la Police française ! D'après l'historien Jean-Pierre AZEMA, 30 à 40 000 de ces jeunes requis rejoindront le maquis, sans pour autant être prêts à devenir de véritables combattants.

    Envoyés de force en Allemagne entre 1943 et 1945, pour y travailler au service de l'Etat nazi, d'anciens membres français du STO ont décidé récemment de demander réparation. Lundi 5 février dernier, la première chambre civile du Tribunal de grande instance de Paris a commencé à étudier la demande de quatre anciens participants du STO ainsi que celle d'une petite vingtaine d'héritiers, représentant de ceux qui sont morts depuis. Il s'agit d'une procédure inédite devant la justice française, une précédente tentative devant les prud'hommes ayant échoué. L'avocat Maître Emmanuel LUDOT compte réclamer à l'Etat allemand pour ses clients la réparation d'un préjudice estimé à 100.000 euros. "Le STO doit être assimilé à de l'esclavage. C'est un crime contre l'humanité, donc imprescriptible. Le profit tiré de cet esclavage par l'Etat allemand entre 1943 et 1945 s'analyse comme un recel de ce crime", explique-t-il. 

     


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