• Baldur von Schirach, le coach des nazis en herbe

    Baldur von Schirach, le coach des nazis en herbe

    On l'a sans doute oublié aujourd'hui et les livres d'histoire en parlent peu, mais Baldur von SCHIRACH (photographié à gauche derrière HITLER), le gendre du photographe Heinrich HOFFMANN a longtemps été en charge de la jeunesse nazie et notamment des Jeunesses Hitlériennes. Un poste où on l'avait chargé de formater les jeunes gens pour qu'ils lui obéissent au doigt et à l'oeil en détruisant au besoin leur personnalité. Il les soumettra à un programme intensif de propagande nazie en se référant à la mission qui lui avait été assignée par leur Führer pour en faire des individus capables d'être aussi rapides qu'un lévrier, aussi résistants que le cuir et aussi durs que l'acier ! C'est à lui que l'on doit cette phrase restée célèbre et prononcée au cours d'un meeting nazi : Quand j'entends le mot culture, je sors mon revolver ! Il est probable que ses talents de propagandiste et d'organisateur apprécié du mouvement étudiant ait pu inspirer chez ses jeunes compagnons des idéaux de camaraderie, de sacrifice, de la discipline, du courage et de l’honneur. Des aptitudes qui lui permettront de faire adhérer à la cause nazie des centaines de milliers de jeunes. Entre janvier 1933 et 1934, les Jeunesses hitlériennes passeront de 1 à 3,5 millions de membres.

    Marié à Henriette HOFFMANN, l'une des amies de Geli RAUBAL, la nièce du dictateur, von SCHIRACH était issu d'une famille assez cosmopolite puisque sa mère était fille d'un avocat américain. Fils d'un ancien capitaine de cavalerie devenu metteur en scène à Weimar resté longtemps au chômage, il était plutôt attiré par les arts que par le fait de faire une carrière de dignitaire nazi, et il avait même songé partir aux Etats-Unis dans la famille de son grand-père pour y vivre, choqué en 1918 et à l'âge de onze ans par ce qui attendait l'Allemagne. Et choqué aussi par la disparition de son frère aîné Karl qui choisira de se suicider après l'abdication de l'empereur Guillaume II. Resté finalement à Berlin, sa rencontre avec Adolf HITLER en 1925 alors qu'il n'avait que dix-huit ans sera déterminante et il s'investira très vite dans le projet nazi en intégrant deux ans plus tard les S.A avant de prendre en 1928 la tête de l'Union des étudiants hitlériens. Tout en lui promettant de participer à la construction du plus grand mouvement de jeunesse jamais créé en Allemagne. A l'occasion de leur rencontre, profondément bouleversé, il lui écrira d'ailleurs une poésie avec un style très féminin qui aurait pu interpeller s'il n'y avait pas eu, derrière, cette autre rencontre avec la fille d'Heinrich HOFFMANN, Henny : Je n'étais qu'une feuille, dans un espace ouvert à tous les vents. Et tu es devenu ma Patrie. Et tu es devenu mon arbre. Je crois en toi car tu es la Nation. Je crois en l'Allemagne car tu en est le fils. 

    Jalousé par BORMANN, le secrétaire du Führer qui avait réussi à évincer Rudolf HESS de la cour nazie, il choisira cependant en 1940 de quitter ses responsabilités et d'être affecté au front. C'est Artur AXMAN qui lui succédera à la tête des Jeunesses Hitlériennes où il avait même réussi à créer des passerelles permettant à certains de ses meilleurs éléments de rejoindre directement les effectifs des SS d'HIMMLER. Ce sera en France et il en reviendra pour prendre en charge une nouvelle mission à Vienne en Autriche où il sera nommé Gauleiter. Témoin avec son épouse de faits qui le choqueront, il s'éloignera à partir de 1943 de la cour nazie. Il s'était déjà opposé à La Nuit de Cristal en novembre 1938. Au moment de la prise de Vienne par l’Armée rouge le 13 avril 1945, von SCHIRACH tenta dans un premier temps d’échapper à la capture. Sous le nom de FALK, il travaillera à Schwaz, dans le Tyrol, comme interprète pour l’armée américaine se faisant passer pour un auteur de roman policiers mais, confondu, il sera arrêté. Lors du procès de Nuremberg, il admettra qu'HITLER lui avait attribué le poste de Gauleiter à Vienne dans le seul but d'y chasser les Juifs et les Tchécoslovaques. Il reconnaîtra également avoir pris part à des projets d'expulsion des Juifs de Vienne dans les régions de l'est. Von SCHIRACH, reconnu coupable de crimes contre l'humanité et condamné le 1er octobre 1946 à vingt ans d'emprisonnement il sera libéré de la forteresse de Spandau en 1966. Choisissant de l'exonérer de la peine de mort, le tribunal se basera sur le fait qu'au moment où il était devenu Gauleiter à Vienne, la déportation des Juifs avait déjà commencé et qu'il n'en restait plus que 60 000 sur les 190 000 que comptait la capitale viennoise au moment de l'Anschluβ. Le fait que Baldur von SCHIRACH ait, pendant plus de dix ans, préparé la jeunesse allemande a être la chair a canon du IIIème Reich, et, de l'avoir préparée à se livrer sans états d'âmes aux pires crimes de guerre, aurait pu lui être reproché. Une preuve de plus qui confirme que les tribunaux à Nuremberg n’ont pas imposé de "Loi des vainqueurs" et qu'ils ont été trop généreux à l'égard de certains accusés, dont von SCHIRACH. Divorcé de son épouse Henriette dès 1950, Baldur von SCHIRACH qui vivait isolé, malade, dans une pension décédera en août 1974.

     

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