• L'ouvrage de Sebastian Haffner, un Allemand anti nazi

    1937... Images de l'aveuglement d'un peuple

    Il avait écrit cette Histoire d'un Allemand alors qu'il se trouvait en Angleterre où il s'était réfugié, ne supportant plus ce qu'était en train de devenir l'Allemagne en 1938, pays dans lequel il avait vu le jour trente-et-un ans plus tôt ! Et pourtant, pourtant Sébastian HAFFNER ne le verra pas publié puisque décédé en 1999, ce sont ses enfants qui, après avoir retrouvé le manuscrit de cet ouvrage et ses notes, décideront de donner une suite à ce qui reste un témoignage de tout premier plan ! Celui d'un homme dans la plénitude de ses moyens que ses fonctions d'avocat avant guerre à Berlin et ses propres convictions teintées d'humanisme empêchaient, comme quelques autres, de goûter l'arrivée au pouvoir des nazis et d'Adolf HITLER. D'autant qu'il venait de perdre une amie juive qui avait émigrée en France, qu'il s'était épris d'une autre Juive, et qu'il avait aussi été élevé dans une famille puritaine de Prusse où l'on avait une certaine idée de ce que doit être le responsable d'une nation !

    Or, l'aura de cet orateur de brasserie était pour HAFFNER parfaitement révulsante pour un Allemand normal ! Il ne manque pas de le détailler dans son témoignage : « sa coiffure de souteneur, son élégance tapageuse, son accent sorti des faubourgs de Vienne, ses discours trop nombreux et trop longs qu'il accompagnait de gestes désordonnés d'épileptique, l'écume aux lèvres, le regard tout à tour fixe et vacillant... La plupart des gens qui l'acclamèrent au Sportpalast de Berlin en 1930 auraient probablement évité de lui demander du feu dans la rue ! Mais déjà se montrait ici un phénomène étrange, celui de la fascination ! Je ne sais pas exactement, écrit-il lorsqu'il évoque ce 30 janvier 1933 qui a vu son pays basculer vers l'horreur et les premières manchettes des journaux, quelle fut la première réaction générale... Je fus glacé de terreur. Certes, c'était dans l'air depuis longtemps. Il fallait s'y attendre. Et pourtant, c'était tellement irréel. Tellement incroyable, maintenant qu'on le voyait imprimé noir sur blanc : Hitler, chancelier ! L'espace d'un instant, je sentis presque physiquement l'odeur de sang et de boue qui flottait autour de cet homme. Je perçus quelque chose comme l'approche à la fois dangereuse et révulsante d'un animal prédateur - une grosse patte sale qui plaquait ses griffes acérées sur mon visage ! »

    Louis PETRIAC 


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  • Commentaires

    1
    Lamadon-Coclet Nadin
    Mercredi 4 Juillet à 23:11

    Ce live est-il toujours disponible à la vente ? Et si oui, à quel prix et quelles conditions ? 

    Merci, 

    Amicalement. 

    Nadine Lamadon-Coclet. 

      • Jeudi 5 Juillet à 07:01

        Bonjour Nadine,

        Je m'étais procuré cet ouvrage sur Price Minister mais on en trouve un peu partout parce que c'est devenu un best-seller. Il a été réédité en format poche à 9,70 € et même avec le port, on ne va pas très haut. La version française avait été publiée en 2004 chez Actes Sud à Arles. Si vous avez du mal à l'avoir, je vous expédirais le mien et je m'en recommanderais un. A+

      • Jeudi 5 Juillet à 07:06

        Bonjour Nadine,

        Je m'étais procuré cet ouvrage sur Price Minister mais on en trouve un peu partout parce que c'est devenu un best-seller. Il a été réédité en format poche à 9,70 € et même avec le port, on ne va pas très haut. La version française avait été publiée en 2004 chez Actes Sud à Arles. Si vous avez du mal à l'avoir, je vous expédirais le mien et je m'en recommanderais un. A+

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