• Xavier Vallat, l'antisémite pétainiste

    Xavier Vallat, l'antisémite pétainiste

    Antisémite notoire, et Premier Commissaire général aux questions juives, ayant rang de Secrétaire d'Etat, il avait été nommé par l'Amiral DARLAN en mars 1941. Né en décembre 1891 de parents cléricaux, réactionnaires, royalistes et nationalistes, et donc à droite, on dit qu'il aurait pris sur lui l’oppression vécue par son père, instituteur public qui avait débuté avant les lois FERRY, un clérical engagé qui scolarisait des enfants dont Xavier dans le privé. VALLAT restera pour la postérité l'une des figures emblématiques de l'antisémitisme français et de la persécution des Juifs sous Vichy. C'est donc à lui que les trop nombreuses victimes de rafles doivent d'avoir achevé leur triste existence dans des camps de la mort nazis et cela n'aurait pas été scandaleux qu'il termine la sienne par douze balles dans la peau comme certains de ses autres complices pétainistes. Grâce à l'intervention d'Antoine PINAY, il sera libéré en 1949 puis finalement amnistié en 1954 après une défense brillante qui, sous couvert d'un antijudaïsme chrétien, le verra nier avoir participé à l'action antisémite des Allemands. Alors qu'il avait déclaré à propos de l’expulsion d’Albert EINSTEIN « On comprend qu’un HITLER n’ait pas tenu à garder en Allemagne un individu, si savant soit-il... »

    Elevé dans un milieu profondément catholique, devenu enseignant, il sera blessé au front à deux reprises et il y perdra l'une de ses jambes, la perte d'un oeil étant due à une maladie. Elu député de l'Ardèche en 1919, et devenu avocat en 1923, ses multiples rencontres le conduiront à fréquenter l'Action Française de Charles MAURRAS et, avant-guerre, à défendre dix-sept des accusés Cagoulards comme le général DUSEIGNEUR, le duc POZZO DI BORGO ou Jacques CORREZE et déjà un certain Joseph DARNAND. Mais, c’est surtout son activité comme dirigeant de la Fédération Nationale Catholique qui fera connaître Xavier VALLAT. Il sera bientôt considéré au Parlement comme l'un des orateurs les plus brillants de la droite. « Chaque semaine, dira-t-il en parlant de son éducation et de son antisémitisme, mon cerveau d’enfant, prêt à recevoir toutes les empreintes, a dû enregistrer les images caricaturales, signées Lemot ou Henriot, dans lesquelles les Juifs au nez crochu, aux yeux saillants, aux oreilles en chou-fleur, bardés d’insignes maçonniques, jetaient à la porte des couvents des Filles de la Charité ou chassaient de l’armée des officiers qui se refusaient à crocheter des églises. » Anticommuniste et pourfendeur des loges maçonniques, cet antisémitisme le verra très vite mettre en cause des hommes comme Léon BLUM en l'interpellant à la Chambre en juin 1936 au terme d'une envolée lyrique restée longtemps dans les mémoires. « Pour la première fois, dira-t-il, ce vieux pays gallo-romain sera gouverné par un juif. Messieurs, si notre ancien collègue M. Weill était ici, il ne manquerait pas de m'accuser, une fois de plus, d'antisémitisme à la Hitler. Mais, une fois de plus, il se tromperait. Je n'entends pas oublier l'amitié qui me lie à mes frères d'armes israélites. Je n'entends pas dénier aux membres de la race juive qui viennent chez nous le droit de s'acclimater comme tant d'autres qui viennent s'y faire naturaliser. Je dis, parce que je le pense - et j'ai cette originalité qui, quelquefois, me fait assumer une tâche ingrate, de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas - que, pour gouverner cette nation paysanne qu'est la France, il vaut mieux avoir quelqu'un dont les origines, si modestes soient-elles, se perdent dans les entrailles de notre sol qu'un talmudiste subtil. »

    D'abord associé au gouvernement pétainiste en qualité de secrétaire d'Etat aux anciens combattants, il prendra en charge en mars 1941 la question juive et le recensement des Juifs dès le 2 juin. Il proposera une loi du 22 juillet 1941 organisant l'appropriation et la liquidation des biens juifs par le régime de Vichy. Il sera à l'origine de l'élaboration d'un second statut des Juifs encore plus restrictif que celui d'octobre 1940. Mal vu par les Allemands, il est remplacé sous leur pression en 1942 par un autre antisémite de choc, DARQUIER de PELLEPOIX avant que commence le début des déportations de Juifs. Du 29 juin au 19 août 1944 il remplacera HENRIOT au micro de Radio Paris après l'assassinat de ce dernier, à la demande de Pierre LAVAL. Arrêté le 26 août 1944 à Vichy, il sera transféré à Paris, puis emprisonné à Fresnes jusqu'à son procès de décembre 1947.

    Sans que l'on comprenne exactement le sens de ses engagements, et après avoir refait du journalisme, il se retirera en 1966 à Annonay, prenant position en faveur d’Israël lors de la guerre des Six Jours de 1967. Comprenne qui pourra. Il décédera le 8 janvier 1972. Le Commissariat, un film récemment réalisé par Michel ANDRIEU, revient sur ce Xavier VALLAT et ce bien triste commissariat aux questions juives avec un stupéfiant Jacques BONNAFFE dans le rôle.

        

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