• Robert Boulin, le ministre encombrant...

    Robert Boulin, le ministre encombrant...

    Robert Boulin, le ministre encombrant...Présenté comme dépressif au moment de la découverte de son corps, tout a été fait pour faire croire que Robert BOULIN, le ministre du Travail et de la Participation du Gouvernement BARRE de GISCARD d'ESTAING, s'était donné la mort. Du moins dans un premier temps, sa famille elle-même croyant à cette version. Parce qu'il aurait été "mouillé" dans une ténébreuse affaire portant sur l'achat d'un terrain à Ramatuelle, terrain qui, au moment où il lui avait été proposé par un "ami", l'affairiste pour le moins douteux Henri TOURNET, était déjà vendu à une société suisse sans qu'il n'en sache rien. Alors que cette "mise en scène" de vrai faux suicide pourrait faire sourire tant elle semble avoir été réalisée par de véritables amateurs !

    Aujourd'hui, il semble bien au vu des dernières investigations opérées que le ministre de GISCARD, devenu trop gênant sur l'échiquier politique, ait été assassiné. Ce que confirme l'ancien éditorialiste de RTL Philippe ALEXANDRE qui révèle que Robert BOULIN, qu'il venait de rencontrer, avait peur. Un film réalisé par Pierre AKNINE et diffusé à la télévision le 20 janvier 2013, n'est pas moins explicite. Trente-quatre ans après les faits, ce vigoureux plaidoyer contre Jacques CHIRAC met en lumière le traficotage auquel on se serait livré autour de sa dépouille retrouvée dans un étang de la forêt de Rambouillet, effaçant des indices ou ne prenant pas en compte des éléments qui tendraient à démontrer qu'il s'est bien agi d'un assassinat. Les pompiers qui assistaient les gendarmes lors de la découverte du corps seront sommés de ne rien dire à quiconque. Les lividités cadavériques, ou coloration rouge à violacée de la peau liée à un déplacement passif de la masse sanguine vers les parties les plus basses du cadavre, montrent que le corps est assez longtemps resté en position couchée après la mort, ce qui contredit la position dans laquelle se trouvait le ministre dans l'étang. Comme le dit un témoin, par quel tour de passe-passe ces lividités auraient-elles pu aller se nicher dans le dos du prétendu suicidé ? On notera au passage que le Gaulliste Robert BOULIN avait été le directeur de campagne du candidat CHABAN-DELMAS aux Présidentielles d'avril 1974 et qu'il avait été fortement contrarié par la fronde menée par Jacques CHIRAC qui sera fatale au maire de Bordeaux. Pressenti comme possible Premier Ministre à la fin de l'année 1979 dans le but de faire barrage à une candidature CHIRAC en 1981, Robert BOULIN était donc devenu singulièrement encombrant pour le député corrézien et maire de Paris. Mais était-il pour autant devenu un homme à abattre ? La question se pose aujourd'hui à nouveau, d'autant qu'autour de gens comme PASQUA, Achille PERETTI ou Jacques FOCCART et le responsable du SAC, un certain Pierre DEBIZET on avait parfois recours à des méthodes assez expéditives pour régler les problèmes quand il s'en présentait. Des documents seront d'ailleurs récupérés à Libourne dont Robert BOULIN avait été le maire par l'un des hommes du SAC après la disparition du ministre. Certes, on a beaucoup parlé de l'implication de représentants du RPR dans cet assassinat, mais nous ne sommes pas persuadés que d'autres n'y soient pas intervenus non plus et notamment certains des proches de GISCARD d'ESTAING qui voyaient d'un très mauvais œil l'arrivée de BOULIN à l'Hôtel Matignon. D'autant que le gouvernement BARRE paraissait être à bout de souffle et que sa cote de popularité était au plus bas.

    Ce que l'on sait à propos de cette acquisition de Ramatuelle qui avait jeté l'opprobre sur le ministre, c'est que Robert BOULIN avait prévu de recevoir à la mi novembre les journalistes du média Valeurs actuelles pour leur livrer des éléments sans que l'on ait pu savoir lesquels. Portaient-ils sur ce qui lui était reproché à propos de ce terrain ou s'agissait-il d'autre chose et de mouvements de fonds plus ou moins avouables que le parti du maire de Paris n'avait pas intérêt à voir dévoilés ? Il est vrai que ce Gaulliste social qui avait pris parti de s'opposer à Jacques CHIRAC savait énormément de choses, notamment sur le financement des partis politiques et donc du RPR chiraquien. Ne venait-il pas de déclarer sur Europe 1 qu'il savait qui était à l'origine de la campagne de dénigrement entreprise contre lui et qu'il avait des informations compromettantes sur ceux qui en étaient les auteurs. En s'exprimant ainsi devant des journalistes, n'avait-il pas ce jour-là signé son arrêt de mort ?  

    Robert Boulin, le ministre encombrant...Quarante ans après la mort du ministre, la Justice enquête toujours mais pas assez vite, semble-t-il, au gré de sa famille puisque sa fille Fabienne (ci-contre) vient d'organiser à l'automne dernier avec son avocate Maître DOZE une reconstitution privée des faits qui avaient pu se dérouler. Elle est presque surprise à une époque où l'on maîtrise les données ADN que l'on n'ait pas ordonné d'autres expertises, comme dans l'affaire du petit Grégory VILLEMIN à Lépanges. Ce qui apparaît évident aujourd'hui c'est que Robert BOULIN n'est pas mort noyé après avoir absorbé des barbituriques comme on l'a prétendu, d'autant que son corps n'était pas immergé et allongé comme l'est un noyé ! Il avait plus un faciès de boxeur qu'un faciès de noyé, dira un témoin entendu dernièrement. Ce qui indispose en outre la famille c'est que l'on ait embaumé le corps pour le rendre plus présentable et sans qu'elle ait été consultée et que trop de pièces essentielles à l'enquête aient disparu. Comme ces morceaux d'organes prélevés lors de l'autopsie et conservés dans des bocaux entreposés à l'institut médico-légal dans un frigo sur lequel on avait mis des scellés judiciaires qui ont été fracturés. Par ailleurs, qu'est devenue l'intervention du gendarme premier responsable d'enquête que l'on a pas retrouvée dans le dossier et pour quelle raison le premier procureur de Versailles en charge de l'affaire, Louis-Bruno CHALRET, un homme apparemment très influent et intouchable, a-t-il stoppé la première autopsie réalisée ? Beaucoup de ceux qui auraient pu témoigner et qui n'ont pas été entendus sont aujourd'hui décédés comme le bras droit de Raymond BARRE, Philippe MESTRE, le premier à avoir été informé du décès de Robert BOULIN dès 2 heures du matin et bien avant que l'on signale plusieurs heures plus tard avoir découvert le corps du ministre. Bernard PONS lui-même, comme l'ami de la famille Alexandre SANGUINETTI, estimeront le suicide peu probable. Madame CHARBONNEL, la veuve de l'ancien député de Corrèze aurait même livré dernièrement à la Justice les deux noms des auteurs de l'assassinat. A propos des dossiers disparus évoquant probablement des mouvements de fonds suspects que Robert BOULIN conservait au ministère et qu'il aurait emportés avec lui l'après-midi de sa disparition le 29 octobre, son fils Bertrand ne s'explique toujours pas pourquoi on en a perdu la trace !

    Autour de cette disparition il faut bien dire que les questions restent nombreuses. Pour quelle raison lors de l'autopsie les poumons censés contenir de l'eau dans le cas d'une noyade, n'ont-ils jamais été analysés ? Pour quelle raison, les chaussures du mort étaient-elles propres alors qu'il avait été retrouvé dans de l'eau boueuse  et les pieds dans de la vase ? Lèvres en sang, nez éclaté, hématomes... Pourquoi a-t-on parlé de suicide après ingestion de barbituriques alors que tout porte à croire qu'il s'est agi d'un tabassage en règle ? Ce qui justifierait qu'un résident de Montfort-l'Amaury ait aperçu le ministre dans sa propre voiture en compagnie de deux autres hommes peu avant sa mort, dont un qui la pilotait à sa place alors qu'à la même heure, d'après ce que l'on a appris, il était censé être à la poste pour poster des lettres. Et quel rôle a pu jouer dans cette mise en scène de pseudo suicide, l'une des relations du ministre qui, en visite à son domicile après sa disparition avait invité ses proches à regarder dans son bureau ? Comble de la manipulation qu'on était en train d'orchestrer et curieusement, alors qu'Eric BURGEAT le gendre de Robert BOULIN n'avait rien trouvé dans la corbeille de son bureau avant sa visite, on retrouvera soudain chiffonnées ou déchirées des lettres évoquant ce pseudo suicide !

    En février 2019, juste avant que Fabienne BOULIN-BURGEAT organise cette reconstitution, Jacques PRADEL recevait sur RTL l'avocate de la famille et revenait sur cet épineux dossier. Nous vous invitons également à visionner un second reportage diablement intéressant mené par l'équipe d'Elise LUCET pour son émission Envoyé Spécial.

     

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