• On l'appelait Quinquin. C'était un enfant courageux !

    On l'appelait Quinquin. C'était un enfant courageux !

    Marcel, l'enfant courageuxOn l'avait chargé durant la guerre de porter les colis et le courrier aux résistants dans le maquis de Haute-Vienne avec tous les risques que cette délicate mission pouvait sous-entendre. Né en 1938 à Valenciennes, le petit Marcel PINTE (ci-contre en compagnie de son père, le commandant Athos) faisait partie avec sa famille d’une poche de résistance à Aixe-sur-Vienne près de Limoges. Son père, Eugène PINTE, alias Athos, était une figure du mouvement qui oeuvrait pour l’Armée secrète, l’Organisation de résistance de l’Armée (ORA) et le service secret français de Londres, le BCRA (bureau central de renseignements et d’action). Dès 1941, il avait créé un centre de la résistance, où son fils Marcel finira par transmettre dès son plus jeune âge les colis et les messages destinés aux maquisards. Une mission à laquelle il avait pris goût. Sans doute aussi y avait-il une part d'insouciance chez un gamin qui appréciait de rendre service à la cause défendue par son père et due à son âge. Un habitant avait d'ailleurs recommandé à son père de faire attention car le petit Marcel chantait parfois à tue-tête des airs appris dans le maquis. 

    Longtemps oublié, Marcel PINTE, l’enfant-résistant qui avait été malencontreusement tué le 19 août 1944 lors d’un parachutage par un tir accidentel de Sten, un pistolet mitrailleur britannique, alors qu'il n'avait que 6 ans et 4 mois avait été enterré le 21 août avec les honneurs réservés aux maquisards, en présence de nombreux résistants. Surnommé "Quinquin" par référence à ses origines nordistes et à la berceuse "Le P'tit Qinquin" du poète lillois Alexandre DESROUSSEAUX, Marcel était considéré comme le plus jeune des résistants à la Libération. Le 11 Novembre prochain, son nom sera inscrit sur un monument aux morts à Aixe-sur-Vienne, en Haute-Vienne lors des cérémonies de l’armistice de 1918, a-t-on appris ce dimanche 13 septembre auprès de la commune. Ce gamin considéré comme “le plus jeune des résistants” à la Libération, avait été symboliquement promu au grade de sergent après sa mort, selon le site militaire spécialisé Opex360. C’est grâce au travail d’Alexandre BREMAUD, descendant par alliance d’Eugène PINTE, le père du petit Marcel, que cet hommage posthume a pu être entrepris en Haute-Vienne. « Des anciens du maquis avaient rassemblé des documents pour que l'action de Marcel soit reconnue, mais cette démarche avait été abandonnée. Je l'ai reprise en sa mémoire », témoigne Alexandre BREMAUD. Le 16 octobre 2018, l’Office national des anciens combattants de Caen avait reconnu que Marcel, qui appartenait de fait à la résistance intérieure française (RIF), était bien “Mort pour la France”. Avec cet hommage, le but est que son histoire dépasse le cercle familial, et que sa mémoire soit adoptée par la Nation, a conclu Alexandre BREMAUD. 

    Marcel PINTE figurera donc parmi les quelque 600 000 noms de résistants recensés sur le site Mémoire des hommes, plateforme du ministère des Armées, qui collecte depuis 2018 les archives de la Résistance. Comme Marcel, des centaines d’enfants et d’adolescents se sont engagés dans la lutte contre l’occupation allemande. La moitié des volontaires des Forces françaises libres (FFL) avait d'ailleurs moins de 21 ans, l’âge de la majorité à l’époque. Saboteurs, agents de renseignements ou messagers comme le petit Marcel, ils ont tout autant que les adultes, payé leur engagement de leur vie. Le plus célèbre de ces jeunes résistants, Guy MOQUET a été fusillé à Chauteaubriant, à l’âge de 17 ans et nous avions nous-mêmes consacrés un article à un autre étudiant du nom de Henri FERTET mort à 17 ans.

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