• Max Amann, le cupide sergent devenu éditeur

    Max Amann, le sergent éditeurEmployé d'un petit institut de crédit hypothécaire en 1921, rien ne prédestinait Max AMANN à devenir éditeur au sein de la mouvance nazie ni directeur du NSDAP. Il se voyait plutôt occuper un emploi de bureaucrate et, avant guerre, après quelques études commerciales, il avait suivi un apprentissage dans un cabinet d'avocats. Avec Adolf HITLER, "le plus pauvre de tous" disait-il à son propos, ils avaient combattu ensemble durant la première guerre de 1914-18 et le sergent AMANN appréciait son caporal estafette. Il le proposera d'ailleurs pour une promotion au rang de sous-officier mais sans l'obtenir pour lui. On le voit (ci-contre) au centre d'une photographie poser avec un tiers et le célèbre bâtard qu'HITLER affectionnait, pour une photo qui aura fait le tour du monde. En 1919, fréquentant les réseaux antisémites de Munich, le sergent AMANN était comme quelques autres futures célébrités devenu membre de l'Ordre de THULE. Devenu également membre du NSDAP en octobre 1921, les deux hommes ne se quitteront plus. En 1922, nommé directeur de la maison d’édition Franz Eher-Verlag créée par le Germano-turc von SEBOTTENDORF, maison qui publiera le périodique du parti, le Völkischer Beobachter, il aura également en charge la publication du brûlot nazi, Mein KampfC’est lui qui, durant les quatre mois où les deux hommes seront en prison à Landsberg, persuadera HITLER de nommer son ouvrage Mein Kampf à la place du titre trop long que son ancien caporal avait initialement prévu « Quatre ans et demi de lutte contre les mensonges, la stupidité et la couardise ».

    Devenu président de la Chambre de la Presse du Reich et fonctionnant sous les directives de Joseph GOEBBELS, que ce dernier avait surnommé "le sergent décideur", cet invalide qui avait perdu un bras lors d'un accident de chasse, sera ainsi le plus important patron de presse d’Allemagne et du régime nazi, ce qui lui permettra de réaliser d’énormes profits, grâce auxquels il rachètera des journaux libéraux ou sociaux-démocrates à prix cassés. Contrôlant la presse il fera fermer des publications qui ne soutenaient pas totalement le régime. Alors qu'en 1933, le NSDAP contrôlait 120 journaux ou hebdomadaires, il en contrôlera directement 2000 en 1939. Agressif, tapageur, brutal, dominateur et impitoyable envers ses subordonnés, AMANN était aussi un être cupide, exploitant sa fonction de président de l'Association des éditeurs allemands de journaux et président de la chambre de presse du Reich pour piller les chaînes de journaux non nazies. 

    Arrêté par les Alliés, il tentera de convaincre le Tribunal de dénazification qu'il n'avait agi que par loyauté à l'égard de son ancien camarade du front sans jamais avoir voulu s'occuper de politique. Convaincu de complicité avec les nazis, le tribunal de Nuremberg le condamnera à une peine de travaux forcés de dix ans avant de le libérer en 1953. Il est probable qu'il ait été, selon certains observateurs, le prête-nom d'Adolf HITLER en Suisse où auraient été ouverts plusieurs comptes à son nom qui servaient à accueillir des fonds qui lui auraient été confiés ou provenant des droits d'auteur liés à Mein Kampf. En 1997 dans l’ouvrage : Les banquiers secrets d’Hitler publié aux éditions du Rocher, il est question d’un compte privé ouvert à la filiale bernoise de l’Union de banques suisses et que ce compte était géré par un proche d’Hitler, Max AMANN, directeur de la maison d’édition Eher-Verlag. Mais il semble que l'on soit encore loin d'avoir tout découvert. Privé de ses biens et de ses droits à une quelconque pension, Max AMANN mourra cependant dans la pauvreté à Munich le 30 mars 1957. Comme quoi...

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