• Marie Besnard, l'empoisonneuse de Loudun

    aMarie, l'empoisonneuse de Loudun

    Marie Besnard, l'empoisonneuse de Loudun

    Le 5 octobre 1947, faubourg Porte-de-Mirebeau à Loudun dans les Charentes, un long cri retentit dans la nuit. Léon BESNARD après avoir vomi un repas pris au cours d'un pique-nique vient de perdre la vie. Son épouse Marie BESNARD qui hurle et pleure, va bientôt perdre la liberté, et la paix, pour longtemps.

    Avec quelques autres "figures" inoubliables de l'après-guerre, Marie BESNARD qu'on surnommait "La bonne dame de Loudun" sera effectivement longtemps suspectée d'avoir empoisonné une quantité impressionnante de proches parmi lesquels figureront ses deux époux. Pour beaucoup de ceux qu'elle aura croisés durant son long combat judiciaire, elle avait, c'est vrai, le physique de l'emploi avec ses toilettes de couleur noire et un air pour le moins sévère qui seyait parfaitement à un personnage de tueuse en série. Car chez les BESNARD et dans leur entourage, il y aura tout de même huit morts en sept ans, ce qui finira par étonner nombre d'observateurs. Certes, en 1945, la longévité moyenne accordée aux Français était inférieure à soixante ans et si l'on établit une moyenne de l'âge des défunts dans l'entourage de Marie BESNARD, force est de constater que l'on vivait relativement vieux dans sa famille. 

    Inculpée néanmoins le 21 juillet 1949 d’empoisonnement par le juge d’instruction de Poitiers, cette "bonne dame" sera bientôt accusée d'une douzaine d'homicides et même de la disparition d'un chien sur lequel elle aurait, a-t-on dit, testé ses potions maléfiques en s'aidant d'arsenic ! Selon la rumeur provenant de certaines rancoeurs villageoises, les soupes qu'elle préparait pour ses victimes ont certes beaucoup fait pour la réputation de cette bonne dame de Loudun. Mais on sait aussi que la province n'est jamais bienveillante, et que beaucoup de "bons voisins" convoqués viendront témoigner de la lubricité, de l'avarice et de la méchanceté de Marie, ceux possédant des lettres anonymes s'empressant de les faire parvenir au juge ROGER, quelquefois même en les signant anonymement. Aussi, quand son mari, Léon, meurt le 27 octobre 1947 après une crise de vomissements, Marie BESNARD, veuve pour la deuxième fois, est donc suspectée, le défunt s'étant plaint d'elle auprès de leur postière, la dame PINTOU, une amie du couple. Bien qu'un non-lieu ait été produit après une première enquête, il faudra que les experts décèlent de l'arsenic après avoir exhumé le corps du malheureux pour que Marie BESNARD soit incarcérée le 21 juillet 1949. En vue d'un premier procès, expertises et contre-expertises jetteront le trouble sur une affaire qui passionnera la France entière et qui fera connaître Londun dans le monde entier. Au point que seront ordonnées ensuite plusieurs exhumations de disparus, treize décès suspects ayant été comptabilisés chez les BESNARD. De l'avis d'un grand nombre d'observateurs, la bonne dame de Loudun aurait tiré profit de toutes ces disparitions en empochant quasiment à chaque fois des sommes rondelettes pour l'époque, produits d'héritages dont elle était la seule bénéficiaire, ce qui fera d'elle une coupable idéale. Le rapport d'autopsie, établi par le docteur BEROUD sur la base d'analyses menées grâce à la méthode de Marsh et Gribier, conclura un temps à des empoisonnements aigus suivant des intoxications lentes, empoisonnements liés à des imprégnations d'arsenic. Conclusions qui seront contestées car il s'avérera que les analyses avaient été bâclées. On admettra du reste au terme des trois procès intentés à l'intéressée que le désherbant à base d'arsenic utilisé lors de l'entretien des tombes avait pu jouer un rôle et justifier la présence du poison dans les restes exhumés.

    Fautes de preuves concrètes, la science étant venue à son secours, "la bonne dame" sera donc acquittée au bénéfice du doute le 12 décembre 1961 et elle mourra à Loudun en 1980 en léguant son corps à la science après avoir longtemps flirté avec la peine capitale, et en emportant avec elle ses secrets. Du moins ceux que l'on avait pas réussi à percer. Depuis sa disparition, Alice SAPRITCH, dans une composition plus vraie que nature, et Muriel ROBIN avec davantage de rondeur dans les traits, ont incarné Marie BESNARD dans deux des téléfilms réalisés par la télévision. Ce qui est certain c'est que cette affaire aura modifié les données de la toxicologie et entraîné des réformes importantes au plan de la procédure pénale, résultat d'une lutte acharnée de la défense contre des expertises pour le moins contestables. C'est ce qui lui a valu d'être mise en relief et considérée comme un tournant dans les procédures entreprises. « Mon histoire aurait pu être la vôtre ... », a écrit Marie BESNARD dans ses mémoires publiées deux ans après son élargissement. On ne dira jamais assez que ce qui est arrivé à cette femme aurait pu arriver n'importe quand, à n'importe qui.

       

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