• Les troupes nazies se dopaient-elles ?

    Les nazis se dopaient-ils ?

    Ce Führer mâtiné de diable qui n'aimait que les loups et le feu, avait-il créé une armée invincible, capable de réaliser l'impossible ? Ou bien avait-il fait administrer à ses troupes un dopant pour qu'elles résistent mieux à leurs adversaires ? De l'avis de beaucoup de ceux qui se sont interrogés au début du conflit, le mythe naissant de la race aryenne n'expliquait pas tout.

    Les chercheurs des cellules de renseignements britanniques en seront d'autant plus convaincus qu'ils retrouveront dans le kit de survie d'un pilote nazi abattu en plein vol durant l'été 1940 des comprimés enveloppés dans un papier doré et accompagnés d'une notice préconisant un usage limité quotidiennement à deux gélules. L'analyse opérée révélera que ces gélules contenaient un composé chimique encore inconnu des Britanniques : la méthamphétamine. Une substance renforçant la confiance en soi, mais provoquant aussi, parallèlement, une accélération du pouls, de la respiration et un accroissement de la pression sanguine. Les sensations de faim et de fatigue s’estompant, il était clair que celui qui ingérait un tel médicament disposait là d'un stimulant capable d'entraîner après son absorption un sentiment d'invulnérabilité, et aussi l'envie de prendre davantage de risques. En restant aussi insensible à la douleur, et en présence d'un sentiment d'euphorie, tout en éprouvant une extrême nervosité justifiant que certains de ceux qui en ingéraient régulièrement, aient pu commettre autant d'excès, manquant parfois d'empathie face à leurs adversaires. D'après le Der Spiegel, un soldat expliquera qu'une seule pilule l'aidait à rester aussi attentif qu'avec plusieurs litres de café, et qu'après une ingestion, toute son anxiété semblait s'évanouir. Les résultats des différentes guerre-éclair menées tant en Pologne en septembre 1939 qu'en France en mai et juin 1940 n'étaient donc pas seulement affaire de stratégie mais dus à l'emploi d'une drogue stimulante. Une drogue dont la Wehrmacht achètera 35 millions de doses en 1940.

    Les nazis se dopaient-ils ?

    La machine de guerre nazie était donc sous l'emprise d'un stimulant propre à démultiplier certaines capacités. Pour un médecin militaire « L’idée était de transformer de simples soldats, marins et aviateurs, en pantins capables de performances surhumaines. » Pourtant, ce produit, la firme pharmaceutique TEMMLER WERKE l'avait très vite commercialisé en Allemagne, considérant que "cette pilule du bonheur" était censée améliorer le quotidien des Allemands et on la trouvait même dans le commerce sous le nom de Pervitine dès 1938 et donc bien avant que les armées ne s'en servent sur le front. Et tout le monde pouvait en acheter sous différentes formes et sans ordonnance : en cachet, en poudre, mais aussi noyée dans du chocolat. Pas encore considérée comme une drogue mais plutôt comme un énergisant, chacun en prenait, autant la mère de famille fatiguée par ses gamins, que l’ouvrier ou le poète. HITLER lui-même deviendra vite accro à cette méthamphétamine que lui administrera son médecin personnel, le docteur Theodor MORELL à partir de la fin de l'année 1942. Créant un sentiment de persécution, et favorisant les états de paranoïa, il est tout aussi probable que l'absorption de cette drogue ait pu avoir un effet négatif sur certaines des réactions du dictateur et qu'elle l'ai incité à éprouver de la méfiance envers tout le monde et même envers ses proches.  

    30 millions de doses de Pervitine seront mises à la disposition des troupes dès l'hiver russe 1941/42 provoquant parallèlement à un premier sentiment de bien-être de terribles effets secondaires. En plus des vertiges, de la transpiration, des hallucinations et des symptômes de dépression, certains soldats mourront de crise cardiaque, tandis que d'autres se tireront dessus en état de transe. On a dit que les soldats ne ressentaient plus les effets du froid et que certains gelaient sur place. A tel point que l'ancien chef de la santé du Reich, Leonardo CONTI, sera contraint d'intervenir et de mettre en garde contre les dangers de la Pervitine. Quiconque pense éliminer la fatigue avec de la Pervitine peut être certain, dira-t-il, que son effet boostant cessera un jour brusquement. En 1944, la drogue des soldats prendra néanmoins une autre ampleur parce qu'il fallait trouver quelque chose d'encore plus puissant, la Pervitine étant jugée insuffisante, et on créera donc la D-IX. Une médication constituée de 5 mg de cocaïne, 3 mg de pervitine et 5 mg d’Eukodal, un antidouleur à base de morphine. Et pour tester l’efficacité de ce cocktail de cheval, des essais seront effectués dans un camp de concentration de Sachsenhausen où l'on fera porter aux prisonniers des sacs de 20 KG sur 90 km sans s’arrêter et à une allure plutôt vive. La Pervitine sera encore commercialisée après guerre pendant vingt-cinq ans avant d'être assimilée à un stupéfiant et donc à un usage proscrit.

    Un reportage particulièrement édifiant.

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