• Léni R., l'ensorceleuse cinéaste au caractère bien trempé

    Léni, l'ensorceleuse au caractère bien trempé

    Autre ensorceleuse à avoir donné des sueurs chaudes au "Fiancé de l'Allemagne" et à quelques autres dignitaires nazis, Léni RIEFENSTAHL (ci-dessus). Il est vrai qu'elle avait déjà failli faire trébucher le propagandiste nazi au pied bot qui aura en charge la mission de contenir ses excès (financiers) et qui, contrairement à son Führer, ne pouvait s'empêcher de toucher avant de consommer ! Surtout que la « Leni Riefenstahl produktion » avait de gros besoins et qu'entretenir une danseuse, même ancienne, aurait pu coûter très cher au Reich et au Tonton Adi de la maison GOEBBELS.

    Effectivement, d'abord danseuse de ballet, c'est un accident et un genou défaillant qui auront raison des envolées de ce superbe cygne contrarié qu'était restée Léni. Elle trouvera tout de même le moyen de faire une exhibition parlante devant HITLER qui bouleversera GOEBBELS et fera écrire à ce dernier en date du 22 novembre 1932  un commentaire flatteur dans son journal de bord : « Bonne et efficace, une souple gazelle ». Trois ans plus tôt, la gazelle avait déjà eu des bonnes notes puisque cette canaille de Juppche (1) avait reconnu, toujours dans ce même journal de bord, celui du marin confirmé qu'il était : « Une merveilleuse enfant, pleine de grâce et de charme » au risque que son épouse, la triste et maussade Magda pique une crise de jalousie, si elle était tombée sur de pareilles appréciations. Ce grand pourfendeur juif du royaume nazi qu'était le boiteux au chapeau ne parviendra pourtant jamais à ses fins avec elle, malgré un Triomphe de la volonté et du sport à outrance aux Jeux de Berlin et malgré un premier contact pour le moins positif au Kaiserhof qui avait fait écrire au roi de l'UFA « Très sympathique, intelligente et agréable personne. Nous conversons longtemps. Elle est très enthousiaste pour nous ». Le "nous" étant sujet à caution pour ceux qui connaissent les talents pas toujours cachés du propagandiste.

    Léni, l'ensorceleuse au caractère bien trempéD'autant que reconvertie en actrice après avoir dansé, Léni était devenue populaire auprès du public au début des années trente en jouant les personnages principaux de films comme Le Grand Saut, Tempête sur le Mont-Blanc ou l'Ivresse blanche. Les mauvaises langues auraient pu dire que ces titres de film avaient été créés pour elle et ils n'auraient peut-être pas eu complètement tort ! Surtout pour une escaladeuse de charme très vite habituée à gravir le flanc des pics les plus abrupts. On a dit que l'ancienne danseuse aimait la violence et que les gesticulations d'Adolf HITLER l'avaient émue. C'est peut-être ce qui explique qu'elle n'ait pas été insensible non plus à la violence du pornographe Julius STREICHER qui en pinçait également pour la belle Léni, ce qu'elle niera par la suite. Mais, ce qui est remarquable avec cette ensorceleuse qui aurait pu être capable de jouer les amnésiques aux côtés d'Antony PERKINS et Charles BRONSON (2), c'était son aptitude à tout contester. Même le fait, entre 1940 et 1942, d'avoir tourné un autre film "Tiefland", qui l'avait vu recruter 120 figurants tziganes venant de camps de concentration où ils retourneront une fois les prises de vues achevées, sans que la cinéaste s'émeuve de leur sort. « Je ne vois pas de quoi je devrais m'excuserJe n'ai jamais rien fait que je n'aie voulu faire, ni rien dont j'aie eu à rougir », dira-t-elle répétitivement, admettant tout au plus qu'elle avait péché par naïveté en réalisant quelques-uns des films de propagande du Troisième Reich. Il aurait peut-être été préférable qu'elle rougisse ! 

    Malgré ses indiscutables qualités de cinéaste et des appétits sexuels toujours aussi ardents justifiant deux autres unions, elle sera cependant tenue à l'écart du monde du cinéma après 1945 pour avoir été associée à cette propagande. Au lendemain de la guerre, une fois ses archives et son matériel rendus, Leni RIEFENSTAHL essaiera bien de réaliser de nouveaux films dont un film sur Frédéric II et Voltaire joués par COCTEAU, et un film avec Anna MAGNANI. On la verra aussi en compagnie de Roberto ROSSELLINI, Gina LOLLOBRIGIDA et Vittorio De SICA, mais sans qu'aucun projet n'aboutisse. Après l’effondrement du Reich hitlérien, si elle avait échappé à la dénazification, bien que jugée « sympathisante » du régime, un autre film tenté en 1954 sera un échec commercial. Et l'ancienne belle plante du cinéma hitlérien mourra dans son sommeil dans la soirée du 8 septembre 2003 à son domicile à... 101 ans après avoir contesté toutes les versions qui en avaient fait une nazie enragée.

    Une version de son film sur les Jeux de Berlin a fait l'objet d'une vidéo à consulter ci-dessous sur Viméo. On y voit un Führer ému au passage des athlètes autrichiens, et un vieux dignitaire du CIO un tantinet gaga gagné, lui aussi, par l'émotion, l'envol des colombes de la paix, une athlète canadienne faisant le salut nazi... Ce qui tend à montrer que Léni la diablesse avait tout prévu au plan du cadrage des images, amputant même l'audition de l'hymne des Etats-Unis lors des victoires US ! Ce sera l'une des plus grandes manipulations nazies qui puissent exister et qu'elle contestera là encore jusqu'à la fin de son existence ! 

    (1) Le diminutif affectueux que ses parents avaient donné à ce monstre. - (2) Avec un film joué par les deux acteurs en 1971 : Quelqu'un derrière la porte.

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