• Le Münchener Post : il s'opposera à Hitler jusqu'en mars 1933

    Le Munchener Post : il s'opposera à Hitler jusqu'en mars 1933

    Le Munchener Post : il s'opposera à Hitler jusqu'en mars 1933En cette journée du 9 mars 1933, alors que paraissait son n° 54, le Münchener Post créé en 1886 vivait ses dernières heures. Suivra en effet un saccage des S.A et si certains employés encore sur place et leur rédacteur en chef Edmund GOLDSCHAAG réussirent à s'enfuir pour ne pas tomber aux mains des nazis, d'autres en revanche furent aussitôt arrêtés et déportés en camp de concentration. D'obédience social-démocrate, et farouchement opposé à Adolf HITLER, le journal se doutait bien qu'il n'avait plus aucune chance depuis la fin janvier de survivre, surtout après s'être opposé aussi régulièrement depuis une douzaine d'années aux visées d'un homme dont il redoutait les agissements. Longtemps, il avait pensé pouvoir combattre les nazis et HITLER par l'ironie, sans se douter que ceux-ci pourraient, un jour, arriver au pouvoir et avoir la loi pour eux. Peu à même de gagner un pareil combat, les journalistes du Münchener Post poursuivirent cependant leur mission d'information jusqu’au 9 mars 1933 et ce dernier numéro 54. Ce 9 mars, peu après la dernière élection du Reichstag et son incendie à la fin du mois précédent, un groupe de nazis apparut à Altheimer Eck, ravageant la rédaction, détruisant les rotatives comme des vandales, et jetant des machines à écrire par la fenêtre. Le journal fut aussitôt interdit, et les éditeurs arrêtés voire déportés, alors que quelques jours plus tôt, il intitulait encore dans l'une de ses colonnes : « Nous ne serons pas intimidés ! » Sur le coup d'un mandat d'arrêt, recherché par la police, GOLDSCHAAG n'aura d'autre solution que celle de se cacher chaque jour chez un copain différent. Autour de l'équipe de rédaction, le directeur de publication Eugen KIRCHPFENNIG qui avait déjà fait l'objet de poursuites des nazis sera l'un des plus inquiétés. Avec l'un des plus anciens du journal Martin GRUBER, Erhard AUER et Julius ZERFASS, ils seront quelques autres à l'être également. Les locaux du Münchener Post vidés, seront ensuite réquisitionnés pour abriter un foyer de S.A.

    Ernst Rohm, le prétendu rival de l'ombre...Le fils d'Edmund GOLDSCHAGG (ci-dessus), l'un des courageux rédacteurs témoigne dans ce reportage de cette longue opposition au futur Führer. Pour le média Süddeutsche Zeitung, il y avait une chose qui accentuait la haine de HITLER : le fait que les attaques du Münchener Post l'aient montré du doigt à un moment où les masses ne l'acclamaient pas encore et qu'il souffrait de complexes graves, d'autant que ces attaques étaient pour la plupart pertinentes. A l'évidence, on ne prenait pas encore l'ancien caporal au sérieux. Pour les journalistes HITLER avait un côté faible, son début de carrière était raté. C'était un petit homme qui avait curieusement le sentiment d'être appelé par une grande destinée et qui, s'opposant à des sentiments d'infériorité, blâmait ceux qui étaient responsables du chaos traversé par l'Allemagne : Juifs, Démocrates et tout ce qui appartenait à un système en place. S'étonnant qu'un homme pareil puisse mener un tel train de vie au milieu de toute une bande de femmes sans disposer de revenus en se faisant passer pour le roi de Munich, le journal de GOLDSCHAAG et de GRUBER avait titré un jour : « Adolf HITLER est-il un traître ? ». Au début des années trente, à son retour de Bolivie où il était instructeur, rappelé par HITLER, le Münchener Post s'en prendra également à l'homosexualité d'Ernst ROHM avec une caricature (ci-dessus) et un article évoquant « La chaude camaraderie dans la maison brune » qui provoquera un véritable tollé en Allemagne.

    Comme le dira un observateur désabusé à propos de l'arrivée des nazis et d'HITLER au pouvoir, « tout avait été écrit et dénoncé, mais sans être empêché... ». Il est démontré que le journal aura consacré beaucoup d'efforts à cette lutte, n'hésitant pas à affirmer que les nazis n'étaient en aucun cas des opposants politiques au régime en place mais plutôt, avec HITLER, une bande de gangsters. Le Münchener Post, qui n'était même pas le journal le plus important de Bavière, a été le seul à avoir dénoncer les nazis pour ce qu'ils étaient. Le 6 octobre 1945, Edmund GOLDSCHAAG qui avait réussi à échapper au rouleau compresseur nazi obtiendra l'autorisation des Américains de publier un premier quotidien en Allemagne et ce sera le Süddeutsche Zeitung.

     

     

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