• L'Affaire Dany Leprince... ou une innocence bafouée

     Affaire Dany Leprince... l'ex épouse Martine a-t-elle menti ?

    En septembre 1994, toute la Sarthe n'aura parlé que de ça ou presque, tant l'effroyable assassinat de Christian et Brigitte LEPRINCE et de deux de leurs trois enfants, Sandra et Audrey, aura marqué les environs ! Surtout dans ce gros bourg de Thorigné-sur-Dué peuplé de 1 600 habitants où il ne s'était jusqu'ici jamais rien passé d'horrible. 

    Une scène de crime d'une rare violence et un acte d'une barbarie inouïe où ce matin-là, une fois rentré dans le logement, on pataugeait dans le sang. La mâchoire de Christian LEPRINCE, 37 ans, qu'on avait du mal à reconnaître, avait été déchiquetée comme s'il avait été attaqué par un chien, un de ses doigts avait été tranché et on retrouvera même des morceaux de cervelle près de la boîte aux lettres extérieure. Ce qui amènera les enquêteurs à supposer que son corps avait été traîné de l'extérieur vers son domicile. Son épouse Brigitte ouverte d'un bout à l'autre avait dû se défendre avec un tisonnier avant de céder toute résistance. Les corps lacérés à l'aide d'un objet tranchant seront découverts par Frank, l'un de ses employés de la Carrosserie Leprince le 5 au matin, Christian et Brigitte ne s'étant pas rendu à leur travail passé les 8 heures. Seule, l'une de leurs trois filles, la petite Solène, âgée de 2 ans sera épargnée, propre curieusement comme un sou neuf, sans que l'on arrive à déterminer avec exactitude où elle avait pu se cacher pour échapper au carnage et comment on aurait pu expliquer que la fillette pouvait être aussi propre et sentir le frais après un tel carnage. Il s'avérera par la suite que c'était Martine LEPRINCE qui l'aurait baignée ! Mais à quel moment ? Les questions seront nombreuses… Nelly HATTON, la nounou de la petite Solène confiera quelque temps plus tard à un média avec un brin de précipitation dans ses propos : « Lorsque j'ai découvert le drame chez Christian LEPRINCE, je me suis rendue chez Martine LEPRINCE, elle ne se trouvait pas à son domicile proche, seule, sa fille Célia était présente. Lors de mon second passage, Martine était de retour et elle a absolument voulu aller chercher la petite Solène dans les champs de tournesols. J'ai été surprise, car comment savait-elle que la petite était vivante ? Lorsque j'ai récupéré Solène LEPRINCE, j'ai constaté qu'elle sentait le frais et qu'elle avait une couche propre. Elle a ensuite dormi pendant trois jours. Selon moi, il est possible qu'on lui ait fait ingurgiter du sirop pour dormir, peut-être du Nopron, comme sa mère avait l'habitude de lui donner… Je peux affirmer que Martine LEPRINCE éprouvait beaucoup d'animosité envers sa belle-soeur, Brigitte. Sa fille, Célia, elle, était sous son influence et elle n'aimait pas particulièrement son père. D'autre part, je pense qu'une personne seule n'a pas pu perpétrer un tel massacre. Je précise qu'après le drame, Martine m'a appelée en insistant pour savoir si Solène avait pu parler. Cela semblait l'inquiéter. Après les faits, j'ai accusé Martine en face en lui disant, "c'est toi qui les as tués"; bizarrement elle est restée sans réaction et n'a rien répondu. » 

    Affaire Dany Leprince... Les mensonges de MartineMartine, pas Martine, mais qui pouvait donc en vouloir à ce couple pour s'être livré à un tel massacre sans que personne ne voit rien ni n'entende rien ? On retrouvera les clés sur la porte ce qui pourrait démontrer avec quelle précipitation, l'auteur (ou les auteurs) du forfait a voulu quitter les lieux en tirant seulement celle-ci, peut-être même dans l'affolement ne sachant plus ce qu'il avait fait après toute cette monstruosité. Avec des meurtres qui auraient été opérés selon le médecin-légiste entre 21h30 et 23h00, sans que celui-ci procède à un examen du bol alimentaire permettant de mieux déterminer l'heure de la tuerie, l'affaire promettait déjà ! Une première insuffisance dans une procédure qui en verra quelques autres qui pèseront lourd sur le verdict des Assises ! Ce qui est d'autant plus regrettable que Brigitte LEPRINCE avant d'être massacrée avait un yaourt en mains, qu'elle avait commencé à avaler après avoir appelé son père au téléphone ! Il était un peu moins de 21 heures.

    Autour de Dany LEPRINCE trop vite considéré comme le meurtrier à la suite d'aveux qui lui ont été arrachés dans des conditions discutables par les gendarmes de la section de recherche d'Angers chargés de l'enquête, le comportement de son épouse d'alors Martine (ci-dessus) n'en finira plus d'étonner. Sans cependant que la justice s'attarde sur les déclarations parfois surprenantes de celle-ci et un comportement que la défense de celui que l'on a fini par appeler "le boucher de la Sarthe" amènera également à suspecter. D'autant que Martine COMPAIN ex épouse LEPRINCE aurait entretenu une liaison avec un certain Claude BOBET auquel le journaliste Karl ZERO trouvera un regard envoûtant. Comme le clamera dans une émission de France-télévision Roland AGRET aujourd'hui décédé, qui reste l'auteur avec le journaliste Nicolas POINCARE d'un ouvrage sur cette affaire, les gendarmes chargés de cette enquête seront d'un amateurisme dangereux et on aurait dû reconvertir ces gens-là à la vente de savonnettes en porte-à-porte ; ils auraient fait beaucoup moins de dégâts ! Surtout que tout démontre aujourd'hui que la première garde à vue de la famille LEPRINCE a vu un certain nombre de dérapages être commis, qui seront à l'origine de dépositions et d'aveux faits sous la contrainte. Le père de Dany, Robert LEPRINCE dira avoir été traité comme "une bête" et giflé pour qu'il avoue lui aussi ! Parmi tous ces dérapages, une déclaration obtenue, celle de la mère de l'accusé, Renée LEPRINCE (ci-dessous), qui reconnaîtra que son fils avait déposé chez eux la fameuse feuille de boucher, une des armes des crimes servant en temps ordinaire à débiter les côtelettes et qu'elle nettoiera, sans oublier les propres aveux du pauvre Dany LEPRINCE obtenus après 46 heures éprouvantes de garde à vue. Des aveux qui porteront néanmoins et seulement sur l'un des quatre meurtres commis sur lesquels il reviendra en se rétractant lors de la reconstitution opérée quinze jours plus tard à la demande de la juge BRUNETIERE et du procureur général THIN, deux magistrats qui failliront à plusieurs reprises, ne cherchant pas à explorer toutes les nombreuses autres pistes.     

    Affaire Dany Leprince... les mensonges de Martine ?Ce qui semble avoir mené les enquêteurs sur le coupable idéal qu'était Dany LEPRINCE tiendrait à la présence, sur l'un des meubles du couple assassiné, d'une reconnaissance de dette de 10.000 francs datée de… 1986 qui tendrait à démontrer qu'il se serait agi de la conclusion d'une sordide histoire d'argent entre les deux frères. Mais cela ressemble aussi à une initiative malicieuse, comme si un tiers, probablement le vrai tueur ou la vraie tueuse, avait voulu donner aux enquêteurs le nom d'un auteur du forfait sur mesure qui l'aurait disculpé lui ou elle, et qui accuserait Dany. Car, en admettant que ce dernier ait pu tuer son frère, on voit mal pourquoi il aurait laissé sur place une telle reconnaissance de dette qui l'accusait ouvertement alors qu'il avait pris soin de ne laisser aucune autre trace matérielle susceptible de l'identifier ! Tout cela ne tient pas debout et d'autant moins debout que les deux frères entretenaient de bonnes relations ! C'est ce que démontreront Roland AGRET et Nicolas POINCARE dans leur ouvrage en évoquant une pseudo jalousie qui n'a donc jamais existé entre Dany et Christian LEPRINCE ! Cette mise en scène autour de cette reconnaissance de dette démontre aussi que seul l'auteur du crime en connaissait l'existence car il est fort probable que ce document était classé quelque part et qu'on l'a sorti pour le mettre en évidence ! Fallait-il donc savoir où ce document était rangé ! Pourtant, ce qui ne manque pas d'interpeller dans cette enquête menée en dépit du bon sens, et aussi de cette autopsie bâclée, c'est l'absence de sang sur les effets que portait Dany LEPRINCE, un homme qui, pour Roland AGRET, aurait réussi le tour de force de tuer quatre personnes et de traîner certains des corps en un peu plus de trois minutes et cela sans laisser la moindre empreinte ni trace d'ADN. Car en dehors d'une trace de sang de poulet et d'une tâche de rouille provenant sans doute d'un transport de gazinière, aucune trace de sang humain ne sera relevée sur les vêtements qu'il portait. N'en déplaise à la tendre Martine !

    Faudrait-il dans cette ténébreuse affaire s'en tenir d'ailleurs aux déclarations de Martine COMPAIN ex LEPRINCE, une femme qui, dit-on, portait la culotte au sein de son ménage et qui est d'un cynisme effrayant puisqu'elle prétendra le matin du 5 septembre découvrir la tuerie et cela sans éprouver la moindre émotion, alors que quelques heures plus tard elle affirmera aux enquêteurs avoir vu son mari Dany tuer son frère à 21h40 ? Une heure du crime qui posait d'ailleurs problème à Roland AGRET de son vivant car, s'il est admis que la belle-soeur de l'accusé, Brigitte LEPRINCE était encore en vie à 20h50, l'heure à laquelle elle téléphonait à ses parents avant de commencer à manger son yaourt, rien n'indiquait que l'assassinat n'ait pas été commis après qu'elle ait raccroché. Et qui sait, peut-être même par deux tueurs. Une certitude qu'une autopsie correctement effectuée quant à l'examen du bol alimentaire aurait pu, ou confirmer ou infirmer. Une éventualité qu'a soutenu Roland AGRET et qui justifierait qu'après être rentré à 21h30, ce que concédait sa tendre épouse, Dany se soit assoupi devant la télévision après avoir rapidement dîné et avoir regardé le début du Flingueur, un film avec Charles BRONSON. Il pourra du reste prouver qu'à 21h44, à l'heure où il était censé tuer son frère avec une feuille de boucher dont il ne se servait jamais, il avait vu à la télévision une scène particulière de ce film qu'il avait retenue. Or, pour Roland AGRET, à 21h30, lors de l'arrivée de Dany, tout était déjà plié et Christian, Brigitte, Andrey et Sandra avaient déjà été massacrés ! 

    Pour quelle raison Martine COMPAIN ex LEPRINCE a-t-elle ainsi chargé son époux, alors que le soir des faits elle reconnaîtra être allée se recoucher à ses côtés sans aucune crainte, lui qu'elle désignera pourtant comme coupable. Et pourquoi, si c'était lui l'auteur, n'a-t-elle pas appelé à l'aide une fois Dany parti travailler à la SOCOPA à 3 heures du matin, d'autant qu'elle venait de voir tous ces corps ? Non, elle, elle choisira de rentrer tranquillement chez elle et de se coucher aux côtés du prétendu auteur du forfait ? Il serait rentré à 21h15 dira-t-elle, après avoir aidé ce dimanche l'un de ses camarades, Jean-Luc MALHERBE, à transbahuter une gazinière. Son camarade dira de son côté aux enquêteurs sans vraiment être entendu que Dany l'avait quitté à la nuit vers 22 heures ! Plus surprenant encore, alors que Martine venait d'habitude le chercher quand il s'attardait chez les MALHERBE, ce dimanche-là, elle ne viendra pas. Un comportement difficile à expliquer que celui de cette femme, tout autant que le fait qu'elle ait voulu trois jours plus tard récupérer la possible arme du crime, une feuille de boucher, chez ses beaux-parents, après avoir constaté qu'elle ne retrouvait plus celle que le couple détenait chez eux avec la complicité des gendarmes qui n'avaient pas voulu récupérer cette feuille eux-mêmes. Il est également démontré que Martine portait la trace d'une ecchymose sur son nez qui aurait été causée par l'emploi d'un tuyau rigide dont elle se serait servie pour frapper l'un de ses cochons. On ne voit d'ailleurs pas bien comment ! Pourquoi n'a-t-on pas, là non plus, procédé à une expertise approfondie ? La défense de l'accusé relèvera également toutes ces lessives faites le lendemain de l'assassinat, comme si elle avait voulu faire disparaître des preuves et portant uniquement sur ses propres vêtements à elle, alors que ceux de son époux Dany seront soigneusement mis de côté et laissés sales. Ces soudaines lessives de Martine montrent son souhait d'avoir voulu s'exonérer des meurtres commis. D'autant qu'un autre témoignage, celui d'un travailleur embauché par Christian LEPRINCE qui se trouvait dans les combles à réaliser des travaux d'électricité, dira avoir assisté dans l'après-midi à une violente dispute entre Martine COMPAIN ex-LEPRINCE et sa belle-soeur Brigitte. Quelques années plus tard, Martine évoquera d'ailleurs une "possible" culpabilité, se demandant même devant témoins et un psychiatre si elle n'avait pas participé à la tuerie chez Christian et Brigitte LEPRINCE. Alors !!! Mais sans que la justice et une juge d'instruction dépassée éprouvent le besoin d'aller plus loin ! Ni que l'on interroge les deux autres enfants de Martine et Dany, savoir Marion et Pauline qui étaient bien plus âgées que la petite Solène au moment des faits et peut-être un peu moins bornés que leur soeur Célia ! Cette juge au comportement irritant, Roland AGRET lui reprochera de ne pas avoir voulu poursuivre Martine COMPAIN ex LEPRINCE, déplorant qu'on n'ait pas sanctionné quelqu'un dont les mensonges auront passablement nui à l'instruction de l'affaire. Surtout quand on admet que l'on puisse avaler autant de fables que celles livrées par Martine LEPRINCE à la Juge BRUNETIERE ! Cela donne une bien triste image de la justice et hélas, il y aura après coup d'autres excès de commis à Lépanges avec le Juge LAMBERT et à Outreau avec le Juge BURGAUD.

    L’affaire donne encore aujourd'hui le sentiment dérangeant de ne pas avoir livré tous ses secrets, d'autant qu'on aurait retrouvé un ADN relevé sur la scène de crime et, en plus des traces de pas de Martine, des traces de chaussure Doc Martens taille 41, alors que Dany chausse du 45 ! Un bouton violet trouvé à côté de la petite Sandra massacrée et vraisemblablement arraché d'un vêtement porté par le tueur ou la tueuse ne sera jamais exploité ! Une piste, selon Roland AGRET, qui aurait probablement permis aux enquêteurs d'avancer et de s'assurer que ledit bouton ne manquait pas aux effets portés par Dany LEPRINCE le jour des meurtres. Pire, ce bouton violet sera par la suite égaré ! Sans parler du gros couteau de boucher retrouvé en 2006 dans une carrière située à Tuffé à une vingtaine de kilomètres des lieux du massacre sur lequel avait été gravé la mention Leprince ? Un couteau sur lequel aucune analyse ne sera effectuée pour déterminer si des traces d'ADN y figuraient. Ce qui est intéressant et qui ne sera pas non plus exploité comme autre piste possible, c'est que si Dany qui travaillait à la SOCOPA dans l'emballage de steaks hachés avait horreur du sang et n'était pas habitué à manipuler cette fameuse feuille de boucher, son épouse Martine, elle, avait été employée au sein de la même société à la découpe de carcasses et que c'était elle qui mettait à mort les cochons qu'elle exploitait avec Dany. C'est Béatrice, la nouvelle épouse de Dany qui déclarera un jour en parlant de lui qu'il était incapable de découper un poulet cuit sur la table !

    Affaire Dany Leprince... l'ex épouse Martine a-t-elle menti ?A la barre le jour du procès en décembre 1997, Martine sanglotera, sans doute pour émouvoir le jury et Dany s'emportera, pointant du doigt son épouse. A une question de Maître PELLETIER, le défenseur de son ex-mari, qui concernait ses multiples témoignages et leur peu de vraisemblance, elle s'évanouira. Elle ment, dira Dany, c'est elle ! Condamné à 22 ans d'emprisonnement, malgré une plaidoirie efficace de son défenseur, Maître Jean-Louis PELLETIER qui soulignera également l'absence de preuves matérielles, le célèbre défenseur Roland AGRET (ci-contre) sera sollicité en 2005 par la mère de l'accusé Renée LEPRINCE. Mais, à bout de nerfs, Renée se suicidera deux ans plus tard se reprochant sans doute d'avoir malencontreusement orienté les enquêteurs vers Dany avec cette histoire de feuille de boucher déposée chez elle. L'entourage de l'accusé ne restera pas inactif et aux côtés de Roland AGRET, une amie de Dany, Corinne JUSTICE créera une association en vue de recueillir des éléments exploitables et de déposer une demande de révision du procès car trop de choses ne collaient pas. AGRET ne tardera d'ailleurs pas à mettre l'accent sur plusieurs dysfonctionnements et incohérences de l'accusation en liaison avec Corinne JUSTICE pour que la justice éclate enfin. Car des incohérences il y en a eu quelques-unes, ne serait-ce qu'entre les témoignages de Martine COMPAIN et de sa fille Célia qui n'aimait pas son père. Et, aussi sur cette feuille de boucher dont on avait fait l'arme du crime. Alors que ce n'est pas, semble-t-il, la seule. Il ne serait pas étonnant non plus qu'on ait entrepris, dans le but de charger un peu plus Dany LEPRINCE, de "bourrer le crane" de la fillette, la petite Solène, survivante de ce massacre et de l'une des trois filles du couple Célia, faisant en sorte que les deux gamines accusent Dany devant témoins à l'appui de déclarations qui ne tiennent pas la route. Elles tiennent d'autant moins la route que Célia et Martine COMPAIN qui ont déclaré chacune avoir vu Dany tuer Christian au même moment n'étaient pas ensemble ! Et que de divergences sur ce qu'elles prétendront avoir vu et entendu toutes les deux ! Quant à la petite Solène, comment du haut de ses deux ans, aurait-elle pu reconnaître son oncle sur une photo de journal alors qu'ils ne se voyaient jamais ? Nous passerons sur les dépositions de Nelly HATTON, la nounou quant au degré de propreté de la petite et sur celles de la dame Claudette FROGER, une voisine dont la mémoire donne le sentiment, là aussi, d'avoir varié au fil du temps.    

    Affaire Dany Leprince... l'ex épouse Martine a-t-elle menti ?En 2010, après de nouvelles investigations menées quatre années durant par la commission de révision sollicitée par l'association de défense de Roland AGRET, et une médiatisation menée tambour battant, ainsi qu'une contre-enquête menée en 2009 par le journaliste Bernard NICOLAS, la peine d'emprisonnement de Dany LEPRINCE sera suspendue et il sera libéré après s'être marié deux ans auparavant avec la Marmandaise Béatrice POISSANT à la centrale de Poissy. Hélas, la demande de révision sera finalement rejetée neuf mois plus tard par la Cour de Cassation et celui que l'on continuait à prendre pour "le boucher de la Sarthe" sera à nouveau incarcéré. Il faudra attendre le 19 octobre 2012, pour que Dany LEPRINCE bénéficie finalement d'une libération conditionnelle. Dans son ouvrage (ci-contre) Roland AGRET regrettera les trop nombreuses approximations des enquêteurs et des magistrats. Il ne reprochera pas à la justice de pouvoir se tromper mais de se croire infaillible. A l'automne 2014, à un moment où l'affaire aurait pu être terminée, Robert LEPRINCE, le père de Dany âgé de 77 ans déposera une nouvelle plainte contre x avec constitution de partie civile devant le doyen des juges d'instruction du Mans pour que soient réexaminées les pièces qui l'avaient été insuffisamment alors que depuis la fin 2013, l'accusé n'avait plus l'obligation de porter de bracelet électronique. Après avoir reçu le feu vert de la Cour de cassation qui lui confirmera que l'affaire n'était pas prescrite et considérant également que des éléments nouveaux étaient apparus dans la procédure à l'occasion de la demande de révision, le parquet rouvrira donc une nouvelle enquête le 31 décembre 2014 saisissant deux juges d'instruction. A l'heure qu'il est, on ne semble pas encore en avoir fini avec cette affaire car l'accusé à tort a toujours à coeur de voir son innocence reconnue. Malgré l'irrecevabilité que vient de rendre la Cour européenne des droits de l’homme quant à sa requête, condamné à perpétuité en 1997, la seule chose de positive dont on pourrait se féliciter dans ce dossier, ce serait que la peine de mort ait été abolie en 1981 car après l'affaire RANUCCI, nul doute que Dany aurait été encore un peu plus en danger face à une justice partisane !

    Dans l'émission de RUQUIER qui avait évoqué la sortie de l'ouvrage de Roland AGRET écrit avec le journaliste Nicolas POINCARE, les deux auteurs plaideront l'innocence de Dany LEPRINCE avec un certain nombre de faits tendant à démontrer que la justice s'était une fois de plus fourvoyée ! Comme pour Patrick DILS avant lui. Plus récemment, AGRET avait souhaité s'éloigner du dossier et de ne plus concentrer ses efforts que pour la défense de la mémoire du jeune couple LEPRINCE qui a été tué avec ses deux enfants Sandra et Audrey sans oublier le père de Brigitte, l'épouse de Christian qui se laissera mourir de chagrin ni la maman de Dany, Renée qui s'est pendue en 2007. Convaincu qu'il fallait mettre un terme à un "véritable massacre judiciaire", il n'avait pas caché pas qu'il avait été choqué par les trop nombreux griefs tenus à son encontre à la fois par les internautes, par une nouvelle association de défense au comportement choquant et aussi par le manque de soutien de Dany LEPRINCE dont il aura défendu l'innocence jusqu'à ce qu'il décède, lui, le 18 septembre 2016 d'une embolie pulmonaire à son domicile dans le Vivarais. Un Dany auquel il reprochait d'avoir adopté "un profil bas" et de ne plus témoigner la moindre révolte ni le moindre égard pour ceux qui l'avaient soutenu ou qui le soutenaient encore. Avec le décès de Roland AGRET, c'est l'un des acteurs majeurs de cette affaire qui disparaît, une affaire qui, hélas, ne connaîtra pas d'épilogue positif car le véritable assassin de la famille LEPRINCE n'aura jamais été inquiété, un monstre étant toujours en liberté. Dany LEPRINCE qui avait été jusqu'ici défendu par l’avocat Me Yves BAUDELOT, à présent retraité, l'est aujourd'hui par Me Olivier MORICE qui reprend en charge le dossier aux côtés de Me MARTIAL. Avocat pénaliste au Barreau de Paris, Olivier MORICE est connu pour avoir pris la défense des familles de victimes de l'attentat de Karachi et de la famille d’un caporal tué par Mohammed MERAH en 2012. Le nouveau défenseur de Dany souhaite à nouveau que la justice puisse être ressaisie, d’une demande de révision afin qu'il puisse être innocenté, ou bénéficier d’une nouvelle procédure.  

     

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