• Kurt Schuschnigg, le chancelier maltraité

    Kurt Schuschnigg, le chancelier déchu

    Après avoir pris le contrôle de l'armée allemande et le début de la Seconde Guerre mondiale il ne se sera écoulé que dix-neuf mois pour Adolf HITLER. Dix-neuf mois au cours desquels il s'engagera dans une sorte de diplomatie de voyou, tout en bluffant, intimidant, menaçant ou mentant, afin d'élargir les frontières de ce futur grand Reich qu'il avait en projet. Le Dr. Kurt SCHUSCHNINGG, promu chancelier de l’Autriche en 1934 après l'assassinat de son prédécesseur Engelbert DOLLFUS, sera sa première victime. Il est d'ailleurs probable à l'examen des faits que le plan d'absorption de l'Autriche par son Reich était déjà au point depuis un bon moment et qu'il nourrissait une véritable haine et un mépris pour sa patrie d'origine. Et cela en dépit des savants montages de la propagande de GOEBBELS montrant un dictateur ravi de l'accueil qui lui avait été fait à Linz en présence de foules abondantes massées le long de la route menant en Autriche et un anschluss réussi de main de maître sans grande effusion de sang.

    Plus jeune député du parti social-chrétien autrichien en 1927 après avoir été avocat à Innsbrück, l'ancien ministre de la Justice et de l'Education, Kurt SCHUSCHNIGG, ne sera finalement resté que quasiment quatre ans à la tête du gouvernement autrichien du Président MIKLAS. Mis en place après la disparition de DOLLFUS en juillet 1934 à la suite d'une tentative de putsch des nazis, il n'aura, lui, d'autre solution que de pactiser avec Adolf HITLER dès juillet 1936 avant de laisser sa place de chancelier à SEYß-INQUART contraint et forcé après leur entretien houleux au Berghof du mois de Février 1938. Après avoir interdit autoritairement le NSDAP en Autriche, SCHUSCHNIGG tentera de persuader le gouvernement allemand de reconnaître la souveraineté et l'indépendance de l'Autriche, en faisant également appel à l’Italie, à la France et à l’Angleterre pour contrer les vues du Führer, mais en vain. Il semble que sa relation avec Benito MUSSOLINI ne se soit pas développée selon ses souhaits et que le Duce avait déjà rassuré HITLER quant aux intentions italiennes. En parfait accord avec le Président autrichien MIKLAS, SCHUSCHNIGG proposera cependant d'organiser dès le 13 mars et en désespoir de cause un référendum « pour une Autriche libre, indépendante de l’Allemagne, chrétienne et sociale » mais sans parvenir à ses fins. Le 11 mars, menaçant le chancelier autrichien d’une invasion armée, HITLER le forcera à démissionner. Immédiatement remplacé par SEYß-INQUART, SCHUSCHNIGG sera contraint de demander aux forces autrichiennes de ne pas s'opposer à la venue des troupes nazies. Un renoncement qui lui vaudra de goûter par la suite à un type d'emprisonnement un peu spécial. Alors qu'il s'estimait menacé par le nouveau maître de son pays, le malheureux chancelier tentera le 11 juin de justifier en désespoir de cause sa politique dans une déclaration, concluant celle-ci par les mots suivants : « Personnellement, je déclare ma ferme et libre volonté de rester fidèle au Führer, au Reich et au peuple dans une loyauté inconditionnelle et inconditionnelle, et je serais heureux de pouvoir servir la cause allemande ». Mais cette allégeance finale ne le sauvera cependant pas du traitement ignoble que les nazis lui infligeront après coup. Il deviendra même l'un des prisonniers les plus en vue d'Adolf HITLER, d'abord dans la prison de la Gestapo de la Morzinplatz à Vienne et de Munich, puis à partir de 1941, au camp de concentration de Sachsenhausen, au nord de Berlin. Un camp où il bénéficiera néanmoins d'une position privilégiée, sans contrainte de dormir dans l’une des casernes du camp de concentration, mais dans le département des célébrités plus aisées. Avant, toutefois, de finir ensuite à Dachau.

    Les conspirateurs qui avaient fomenté le renversement de l'état nazi le 20 juillet 1944 après avoir tenté de tuer HITLER dans sa Tanière du Loup envisageront de refaire appel à Kurt SCHUSCHNIGG pour en faire leur nouveau ministre de l'Education et des Affaires culturelles en lieu et place de GOEBBELS. Ce que l'intéressé avouera plus tard avoir ignoré et qui ne pourra s'ordonner, l'attentat ayant échoué. Comme le nouveau gouvernement autrichien et les Alliés ne désiraient pas son retour en Autriche, et alors qu'il s'était installé en 1945 en Italie après sa libération, déçu d'avoir trouvé aussi peu de camaraderie et d'amitié dans son pays, Kurt SCHUSCHNIGG émigrera aux Etats-Unis et y enseignera les sciences politiques et le droit à l’Université catholique de Saint Louis. Il ne reverra son pays qu'en 1967 après être devenu citoyen américain en 1956 et y décédera le 18 novembre 1977. De tous les ouvrages qu'il publiera au cours des dix dernières années de son existence, à noter un : Dans la lutte contre Hitler publié en 1969.

     

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