• Jean-Claude Romand, le froid menteur pathologique

    Jean-Claude Romand, le froid menteur pathologiqueCoupable de narcissisme criminel, l'histoire de l'homme apparemment débonnaire qu'est Jean-Claude ROMAND, ressemblerait presque à celui de Magda, la chienne nazie. D'un rôle de mère idéale à celui de père idéal, ROMAND aura finalement réussi à tuer ses deux enfants, son épouse et ses parents pour qu'ils ne sachent jamais la vérité, avec un même sang froid sidérant que celui avec lequel l'égérie national-socialiste avait opéré dans le bunker. Sans pour autant avoir dévié, lui, dans un total comportement pervers, puisqu'il reconnaîtra avoir eu du mal à tuer son chien.

    Les faits, presque vingt-six ans plus tard, continuent à faire froid dans le dos, car rien ne laissait présager un tel drame. Et pourtant, le 11 janvier 1993, à quatre heures du matin, les pompiers retireront d'une maison en flammes les corps de son épouse Florence le crâne défoncé et de ses deux enfants abattus à coups de fusil de chasse. Leur père, celui que l'on estimait encore être le docteur ROMAND gisait à leurs côtés inconscient et, plongé dans un coma artificiel, il sera longtemps dans l'incapacité de répondre aux questions des enquêteurs. On retrouvera un peu plus tard les corps de ses parents à une centaine de kilomètres de là, abattus également à coups de fusil de chasse. Une sombre histoire d'homme en noir sera un temps évoqué par le pseudo médecin avant qu'il accepte d'avouer. ROMAND confiera alors qu'il était désespéré. Il n’en pouvait plus de faire semblant depuis vingt ans d'être un grand médecin, un ponte de l’OMS, et de prétendre qu'il y occupait un bureau au siège à Genève voire de chargé de cours à l'INSERM. Et aussi de faire croire aux siens que, grâce à son entregent, il pouvait les enrichir en plaçant leurs économies en Suisse. Pendant des années, il investira de grosses sommes prêtées dans des opérations prétendument fructueuses, remboursant les uns avec ce que lui apportaient les autres, une escroquerie que l’on appelle « cavalerie ». Mais lui seul savait que son existence, bâtie sur du sable, allait un jour s’effondrer. Elle avait déjà menacé de le faire quelques mois plus tôt quand son beau-père était décédé sans que l'on s'explique complètement ce qui avait été à l'origine de sa disparition. Il aura suffi début 1993 que la banque de ses parents menace, leur compte étant débiteur, que les traites de la BMW qu'il avait acquise soient rejetées sans provision et que ses amis commencent à se poser des questions, faute de rapports suffisants sur les placements effectués, pour qu'il déraille un jour de janvier 1993. Après avoir tenté une ultime démarche auprès d'une ancienne maîtresse chirurgien-dentiste, Chanta,l qu'il essaiera de tuer dans un bois en région parisienne.Alors qu'il venait déjà de commettre ses premiers meurtres.

    Condamné en juillet 1996 à une peine de prison à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans, Jean-Claude ROMAND vient de déposer une demande de libération conditionnelle qui a, semble-t-il, fait l'objet d’un long travail de préparation de son défenseur. Son comportement à la Centrale de Saint-Maur joue, c'est vrai, en sa faveur, d'autant que, pour la première fois il a pu donner des conseils médicaux aux autres détenus se prévalant de ce qu'on lui avait enseigné en première année de médecine. Pour la direction de la centrale : « c’est un détenu qui ne pose aucun problème, qui est tout à fait gérable et qui n’a pas de passé disciplinaire ». Mais comme pour n’importe quel détenu, la question est de savoir : « s’il peut être un danger pour la société s’il sort, et s’il a compris le sens de sa peine ? ». Pourtant, sa personnalité appelle cependant une certaine vigilance, compte tenu de son profil de manipulateur : « Il a pu cacher son histoire toutes ces années, et il n’est pas impossible que pour sa demande il ait monté un scénario tout beau, tout rose, vu le manipulateur qu’il est ». Sans être animés d'une vengeance aveugle, les deux frères de son épouse Florence qu'il a tuée à coups de rouleau de pâtisserie en janvier 1993, Emmanuel et Jean-Noël CROLET, ont aussitôt entrepris de clamer leur indignation, estimant devoir faire entendre la voix des victimes qui ne sont plus là pour témoigner.

    Le comble de ce drame qui aura passionné les amateurs de faits divers, tient finalement à une seule réussite de Jean-Claude ROMAND. Le jour où, candidat aux épreuves du baccalauréat, il était parvenu à décrocher un 16/20 en philo, traitant d'un sujet qui résume parfaitement tout son drame : La vérité existe-t-elle ? L'enquête menée voici quelques années par l'équipe de Christophe HONDELATTE revient ci-dessous sur cette affaire de narcissisme criminel.


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