• Hermann Rauschning : comment Hitler l'avait reçu...

    Hermann Rauschning : comment Hitler l'avait reçu...

    Hermann Rauschning : comment Hitler l'avait reçu...Les entretiens avec cet homme que tout le monde craignait dans les années trente (1931-1939) obéissaient toujours à un même rituel. Comme le raconte Marcel RAY, le préfacier d'un HITLER m'a dit, un ouvrage qui vaudra à son auteur Hermann RAUSCHNING, Président du Sénat de Dantzig jusqu'en 1935 de devoir fuir l'Allemagne, car son ouvrage était considéré comme une attaque en règle contre ce Führer mégalomaniaque. 

    A chacune de ses visites, écrit Marcel RAY, RAUSCHNING faisait la même expérience, à la fois décevante et fascinante. HITLER l'écoutait à peine, écartait d'un geste les paperasses, lui coupait la parole. C'est votre affaire répondait-il à ses interlocuteurs, je ne m'occupe pas de ces sottises, débrouillez-vous ! Il n'y avait pas d'entretien ni de débat, mais un monologue, une conférence, une harangue passionnée pour un seul auditeur. L'homme chétif, insignifiant, balbutiant qui tenait dans ses mains le destin de l'Allemagne s'animait, s'excitait, s'exaltait, exactement comme à la tribune de l'Opéra Kroll de Munich ou du congrès de Nuremberg. Son débit se précipitait, sa voix sifflait et tonnait, ses yeux fulguraient ; il entrait en transes, il vaticinait, il se tordait sur le trépied, éjectait des sentences sibyllines, conjurait d'étranges visions. L'auditeur pétrifié voyait surgir de cette bouche médiocre les vapeurs rouges du Brocken. Quand il était en transes, ses phrases se gonflaient, ondulaient, bouillonnaient, fleurissaient en une éloquence prolixe et brutale qui n'appartenait qu'à lui et que la radio nous a trop fait connaître. RAUSCHNING avouera avoir été pétrifié voyant surgir de cette bouche médiocre les rêves malsains de la plus sombre Allemagne, les divagations séculaires et secrètes d'un peuple qui se rouait à la servitude collective pour échapper à son destin physiologique d'anarchie et de dispersion. Brusquement, il se réveillait, il ricanait, il plaisantait lourdement poussant son visiteur vers la porte et il lui frappait l'épaule d'une main familière et cordiale, le renvoyait troublé, magnétisé, servile et content. Un vieux renard comme l'un de ses premiers ministres (SCHACHT) confessait qu'il ne sortait jamais de l'antre sans trembler de tous ses membres.

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