• décembre 1959, le barrage de Malpasset cède...

    décembre 1959, le barrage de Malpasset cède...2 décembre 1959, 21 heures 13... C'était un soir comme les autres, dira le regretté Pierre DESGRAUPES. Alors que beaucoup regardaient "La Piste aux Etoiles" de Gilles Margaritis à la télévision et que des bambins qui seront surpris dans leur sommeil s'étaient endormis innocemment, se produisait une catastrophe, celle du barrage de Malpasset. 423 personnes y perdront la vie, des maisons entières seront emportées par une vague de 40 mètres de haut et des flots dévastateurs s'échappant d'un barrage qui s'était rompu, libérant 50 millions de mètres cubes d'eau. Une eau charriant des blocs entiers de béton provenant de l'édifice qui s'était fissuré à de multiples endroits contribueront à une destruction complète de ce qu'ils trouveront sur leur passage. Une voie de chemin de fer sera détruite sur près de trois kilomètres, et 4 km d'autoroute A8 seront à reconstruire après le sinistre.

    Inauguré en 1954, il s'était agi de concevoir une réserve d'eau destinée à l'irrigation de terres où l'on cultivait beaucoup dans les environs de Fréjus (pêches, vignes...). D'après les premiers constats opérés, il semble que l'on ait voulu aller trop vite lors de la conception, en économisant même des matériaux et en construisant l'édifice sur un terrain friable. Il faudra attendre six ans, et le résultat des expertises et contre-expertises diligentées, pour que la lumière soit faite. Une série de failles sous le côté gauche du barrage, ni décelées, ni soupçonnées pendant les travaux de prospection, selon le rapport des experts, faisait qu'à cet endroit la voûte ne reposait pas sur une roche homogène. Le 2 décembre 1959, le rocher situé sous la rive gauche a littéralement "sauté comme un bouchon", et le barrage s'est ouvert comme une porte... Haut de 59 m et long de 180 m, le barrage de Malpasset n'était pas le plus grand mais il était le plus mince : moins de 7 m d'épaisseur à la base, seulement 1,50 m à son couronnement. Était-ce suffisant pour retenir les 55 millions de tonnes d'eau du lac artificiel ? La question se posera longtemps. On dira aussi que l'accumulation de pluies diluviennes tombées en novembre 1959 avaient accru la pression des eaux retenues, que tout cela avait été constaté, mais sans pour autant que l'on incite les riverains à faire preuve de prudence. Un véritable sommet de désinvolture ! Constructeur du barrage, l'ingénieur André COYNE, un Polytechnicien président de l'Association internationale des grands barrages et spécialiste incontesté de la construction des barrages-voûtes, décédera six mois après la catastrophe. Pourtant, la Cour de cassation conclura en 1967, après maintes procédures, qu'aucune faute, et à aucun stade, n'avait été commise. La catastrophe de Malpasset sera donc considérée comme une fatalité. Pendant quelques années, une véritable "peur des barrages" s'installera chez les riverains de tels édifices où qu'ils se trouvent. Il est sans aucun doute à l'origine, en 1966, de la mise en place d'un Comité Technique Permanent des Barrages qui sera créé avec la mission de fournir un avis sur les projets de barrages, conséquence directe du constat de l'insuffisance de la maîtrise d'oeuvre relevée à Malpasset.

    Les caméras de l'émission du regretté Pierre DESGRAUPES : CINQ COLONNES A LA UNE dont il reste ce témoignage ci-dessous survoleront deux mois plus tard ce qui restait du barrage.


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