• Daniel Cordier dit Caracalla, le secrétaire du "Patron"...

    Daniel Cordoer dit Caracalla

    Daniel Cordoer dit CaracallaIl serait difficile d'oublier en ce début d'été, que c'est un 21 juin, en 1943, qu'avait été arrêté à Caluire le Résistant Jean MOULIN par les nazis de Klaus BARBIE et de Harry STENGRITT. Issu d'une famille de négociants bordelais, et surtout connu pour avoir été le secrétaire de Jean MOULIN, son biographe Daniel CORDIER vivra ces événements de loin, n'apprenant l'arrestation de MOULIN que quelques semaines plus tard. Lui qui s'était embarqué à un peu plus de 19 ans pour Londres, fut l'un des tout premiers Français à répondre à l'appel du Général de GAULLE. Alors qu'il était à l'époque antisémite et Maurassien, son seul objectif en gagnant l'Angleterre était de tuer du boche, ce qu'il ne parviendra jamais à réaliser et qui restera le drame de sa vie. Antisémite, il ne le restera néanmoins pas longtemps, après avoir été le témoin de l'oppression vécue par un père et son fils croisés à Paris et qui portaient cette étoile jaune sur leur torse avec le mot "Juif", ce qui l'avait bouleversé.

    Témoin de faits et d'actions, l'homme qui fêtera en août prochain ses cent ans a cependant rarement retrouvé ce qu'il avait vécu dans les récits des combattants de l'ombre et puis il avait une véritable admiration pour l'homme qu'était Jean MOULIN. Lorsqu'on l'interroge à propos de l'ancien Préfet, on sent d'ailleurs bien quel était son attachement et que son émotion est restée intacte. S'il avait pu, il aurait tout entrepris pour le sortir des griffes de Klaus BARBIE. Il l'avouera bien plus tard parlant de tous les récits publiés par d'anciens résistants : « Trop de grandeur dans leurs écrits, assurera-t-il. Or, à ses débuts, la Résistance était une aventure misérable, une improvisation permanente qui s'est développée dans le désintérêt de presque tous les Français. Il n'y avait personne, pas de moyens... » Daniel CORDIER attendra 1977 et un plateau télévisuel des Dossiers de l'écran avant de revoir certains de ses camarades résistants, ceux qui avaient longtemps pris son chef Jean MOULIN pour un communiste et notamment Henri FRENAY qui n'avait jamais pu admettre d'obéir aux ordres de son patron. Une rencontre qui l'amènera à participer dès lors à des évocations historiques et à beaucoup écrire sur celui qu'il appelle toujours "le patron" et qu'il avait servi avant que ce dernier soit arrêté par les sbires du SS Klaus BARBIE en juin 1943. On notera aussi et c'est inexplicable, combien les rancoeurs sont restées grandes et longtemps car comment expliquer que Daniel CORDIER n'ait pas été invité officiellement lors du transfert au Panthéon des cendres de celui pour lequel il aurait tout donné et auquel il doit son éveil au monde de l'art dont il fera ensuite son métier. « J’ai toujours eu le sentiment, écrira-t-il dans l'un de ses livres : De l'Histoire à l'histoire, que Jean MOULIN avait été abandonné par les mouvements de Résistance. À l’heure de vérité, il n’y a eu aucune tentative pour le libérer de prison. Cela en dit long sur ce que la Résistance pensait de lui. Compte tenu des relations tendues, souvent exaspérées, qu’il entretenait avec les mouvements, hélas, cela ne pouvait que se terminer de cette manière. »

    Drôle de jeu dont on a fait un film avec Maurice GAREL dans le rôle principal, celui de François LAMBALLE dit MARAT, revient sur un épisode de cette vie mouvementée de celui qui avait pour surnom Caracalla et joué dans cette évocation par le comédien Vania VILERS. Un film qui est aussi tiré de l'ouvrage de Daniel CORDIER évoquant ce qu'a pu être le climat qui régnait au printemps 1944 chez les Résistants de la France Libre après l'arrestation et la disparition de Jean MOULIN probablement livré par René HARDY. Et notamment où Daniel CORDIER qui avait prévu de se rendre à un rendez-vous échappera à un traquenard après que l'ancienne maîtresse de MARAT a parlé. D'autres évocations verront le jour au moment des soixante-dix ans de la mort de l'ancien préfet d'Eure-et-Loir. On y perçoit mieux cette oppression qui régnait à la veille de chaque rencontre où ceux qui devaient y participer craignaient toujours d'être dénoncés. Ce qui sera le cas le 21 juin 1943 ! Mais pourquoi HARDY ? Parce qu'il est démontré qu'il aura bénéficié de conditions pour le moins surprenantes pour s'extraire de la voiture dans laquelle il avait été prévu que les nazis l'emmènent, alors qu'il n'avait pas été menotté comme ses autres compagnons, et que des tirs n'ont pu parvenir à l'atteindre ! Le docteur DUGOUJON dira plus tard que René HARDY s'était réfugié dans un fossé où n'importe quel enfant aurait pu le distinguer mais où les Gestapistes ne songeront même pas à regarder. 

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