• Anne Morgan, le personnage attachant de l'entre-deux guerres

    Ann Morgan, le personnage attachant de l'entre-deux guerresIl est des êtres qu'il convient de ne jamais oublier et Anne MORGAN en fait partie. Par l'étendue de ce qu'elle aura apporté aux autres peu de temps après la fin de l'épouvantable conflit de 1914-18 d'abord et aussi parce qu'elle aurait tout à fait pu faire autre chose de son existence. Née en 1873 et élevée avec ses trois frères et sœurs dans une résidence luxueuse sur la Cinquième Avenue de New York, la fille du banquier J-P MORGAN jouissait en effet d'une vie protégée, dans un milieu conservateur, protestant, faite de culture et de voyages.

    Membre fondatrice du Colony club, un club pour femmes de la ville, son existence basculera une première fois au début du siècle dernier quand, toujours à New York, on la verra militer en faveur des ouvrières de l’usine textile Triangle Shirtwaist Factory et mettre en place une cantine pour les ouvriers des chantiers navals de Brooklyn, parce qu'elle souhaitait œuvrer en vue d'abolir la barrière existant entre les pauvres et les riches. Une initiative qui sera pourtant mal perçue. Il semble que c'est en 1916, selon Elaine UZAN LEARY, l'ancienne directrice de l’association des Amis américains de Blérancourt basée à New York qu’elle ait pris conscience de l’horreur de la guerre et qu'il fallait faire quelque chose pour venir en aide aux populations désespérées. Profondément attachée à la France, et avec le concours de 350 aides, elle fondera le Comité américain pour la France dévastée organisant dès 1917 les secours aux civils dans le nord d'une France en ruines, à moins de 50 kilomètres du front. Selon elle, « les gens aux Etats-Unis semblaient être plus sensibles aux photographies qu’à tout autre chose », écrira-t-elle en 1918 dans un document pour justifier son action. Dans le département de l'Aisne, s’installant dans des baraquements provisoires parmi les ruines du château de Blérancourt, Anne MORGAN participera activement à la reconstruction de la région en fondant l'association L'Hygiène sociale de l'Aisne. Elle contribuera à la reconstruction de la Picardie jusqu’en 1923 en créant des services sanitaires mais aussi des écoles et des bibliothèques.

    De retour aux Etats-Unis, elle n’oubliera pas la France. A près de soixante-dix ans, elle réactivera ses réseaux pendant la Deuxième Guerre mondiale, convaincra l’ambassadeur allemand nazi Otto ABETZ d’épargner nombre de réfugiés français, organisera des levées de fonds à New York et fera son possible pour acheminer des biens introuvables, comme des chaussures et du savon, dans les régions dévastées où œuvraient ses amies américaines. Aussi bien dans le nord que dans les Ardennes ou en Haute-Vienne. Anne MORGAN reviendra en France en 1946, mais sa santé se détériorant, elle n'aura que le temps de rentrer dans son pays où elle mourra en 1952. Son courage, son entêtement diront certains, fascinait et interrogeait à la fois. Anne était-elle en quête de sens ? Sûrement. « Elle était la folle tata Anne pour la famille », se souvient Miles MORGAN, une femme hors norme, libre et résolument moderne. Elle a reçu la Légion d’Honneur en 1924 et fut élevée au grade de Commandeur en 1932, ce qui est bien le moins.

     

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