• Les mystères de l'ordre du temple solaire

    Les mystères de l'ordre du temple solaire

    Le 23 décembre 1995, après le "suicide" au Trou de l'Enfer, une clairière du Vercors, de Patrick, le fils de  l'ancien champion champion de ski et fondateur de la station d'Avoriaz Jean VUARNET et d'une amie, ainsi que de sa mère Edith et de celui de quatorze autres personnes, dans des conditions pour le moins inexpliquées, beaucoup s'étaient mis à parler, évoquant l'existence d'une secte apocalyptique : l'Ordre du Temple Solaire. Fondé en 1984, il se voulait être un prolongement très lointain de l’ordre des Templiers, un ensemble religieux et militaire né à Jérusalem au XIIe siècle, que le roi Philippe le Bel avait décimé en mettant à mort en 1314 leur grand maître Jacques de MOLAY. Dans les années soixante-dix, il s'est d'abord appelé Ordre Rénové du Temple (O.R.T) à l'initiative d'un dénommé Joseph di MAMBRO, d'un ancien responsable de la Gestapo de Brest, Julien ORIGAS et de Gregorio BACOLINI, l'ancien aumônier de Benito MUSSOLINI avant, quelques années plus tard de prendre le nom d'Ordre du Temple Solaire après le décès d'ORIGAS et l'arrivée de Luc JOURET (ci-contre). Ses ramifications étaient internationales bien que le portrait des dirigeants demeure encore incomplet aujourd'hui en dehors des trois protagonistes dont on parlera le plus. Les VUARNET seront choqués ! Alain VUARNET, le frère de Patrick disparu avec sa mère et une amie dans le Vercors dira un peu plus tard qu'il avait cependant vécu une jeunesse merveilleuse, avant de découvrir que sa mère Edith et son frère appartenaient à l'Ordre du Temple solaire. Sans imaginer que tout cela se terminerait ainsi et qu'ils seraient exécutés de cette façon-là. Sa mère avait fini, dira Alain, par nous faire comprendre qu'elle aussi faisait partie de la secte ! Une double révélation qui sera une blessure cruelle car pour que Patrick et leur mère dévoilent soudain tout un pan de ce qu’ils avaient dissimulé pendant cinq ans, c'était... Toutes les victimes seront retrouvées carbonisées dans le Vercors après avoir disparues depuis une huitaine de jours, semblant effectivement avoir été préalablement abattues d'une balle de revolver après avoir été droguées. Pour quelle raison tous ces membres de l'Ordre du Temple Solaire avaient-ils trouvé la mort en ce mois de décembre 1995 en compagnie, parfois, de leurs propres enfants assassinés dans leur sommeil avant que leurs corps se retrouvent être la proie des flammes ? Alain n'en sait toujours rien. Et que signifiait un tel sacrifice collectif prétendument destiné à permettre de réaliser un transit vers un au-delà plus accueillant et une planète du nom de Sirius. Et le pire de l'histoire, c'est que Patrick et sa mère Edith VUARNET avaient été entendus par les enquêteurs peu après l'incendie de Salvan, un an plus tôt, mais sans qu'ils en tirent un quelconque signe qui aurait pu les dissuader de quitter l'O.T.S. et donc d'échapper à ce qui avait été prévu dans cette clairière du Vercors. La question reviendra d'ailleurs souvent sur les lèvres des survivants... Comment avaient-ils pu les uns et les autres se laisser embarquer dans une histoire pareille où tout n'était que subterfuge ? 

    Après cette découverte macabre, deux premiers profils apparaîtront successivement dans la presse et dans les reportages consacrés à cette mystérieuse secte dont certains des membres étaient revêtus d'habits d'apparat ressemblant aux toges des grands maîtres templiers des XIII et XIVsiècle. Ceux d'un homéopathe belge, un dénommé Luc JOURET, un être paranoïaque au charisme étonnant qui avait été parachuté en 1978 dans le Shaba avec ses camarades où il découvrira des corps humains démembrés et d'autres charcutés qu'il s’appliquera à soigner. Le second profil sera celui d'un dénommé Joseph di MAMBRO, un escroc notoire, ancien bijoutier obèse et moustachu, également guérisseur à Annemasse, qui faisait tourner les tables ; condamné à six mois de prison avec sursis pour escroquerie et abus de confiance à Nîmes en 1972, il avait également été bouddhiste et franc-maçon. On apprendra que de 1956 à 1970, il avait été membre de l'AMORC, l'association internationale Rose-Croix. JOURET et di MAMBRO, deux hommes dont les corps venaient également d'être retrouvés cinq ans plus tôt dans un autre suicide collectif ordonné en Suisse au Hameau des Granges à Salvan étaient, semble-t-il, les deux principaux gourous de cet Ordre du Temple Solaire. Avaient-ils été démasqués par certains des membres et avaient-ils choisi de se donner la mort après avoir tué ceux qui voulaient les quitter ou dénoncer leurs pratiques mafieuses ? Avaient-ils été menacés par des plaintes et des enquêtes fiscales - la secte frôlait la déroute financière ? Il semble bien que les deux dirigeants aient ordonné le grand départ pour Sirius en cette année 1994, conscients d'être en danger. Même s'il est admis que di MAMBRO ait pu être malade et que, se sentant menacé, il ait voulu profiter de ce grand départ et du feu de joie programmé pour se donner le beau rôle jusqu'à la fin. Le 24 septembre 1994, au cours d'une réunion présidée par le troisième homme, Michel TABACHNIK au Novotel-Sud à Avignon, la décision avait, il est vrai, été prise de saborder l'O.T.S et de créer un nouvel ordre : l'Association Rose-Croix (ARC) avec l'objectif de redonner une impulsion nouvelle au mouvement. Les enquêteurs parviendront à localiser dans les dépouilles des corps retrouvés calcinés, des traces démontrant que les victimes avaient été empoisonnés avec un dérivé du curare, mais les questions restent nombreuses encore aujourd'hui faute d'avoir fait l'objet d'une enquête approfondie.

    Luc JOURET et Joseph di MAMBRO s'étaient rencontrés en 1978 pour ne plus jamais se quitter et ils avaient très vite compris qu'ils détenaient entre leurs mains les clés d'une manipulation savamment orchestrée. Pour encore mieux fasciner les futures victimes di MAMBRO déclarera que Luc JOURET était la réincarnation de Saint Bernard de CLAIRVAUX, et qu'il était lui-même celle de MOISE. Sans qu'il ait précisé s'il marchait sur les eaux. Ancien para, Luc JOURET qui donnait des conférences un peu partout dans le monde, était réputé pour ses talents de mystificateur, et son profil passait relativement bien auprès d'une large tranche féminine. Ancien prof de gym atteint d’une coxarthrose, il était d'abord devenu homéopathe en Belgique. Apôtre des guérisseurs d’Asie, qu’il avait fréquentés dans sa période maoïste, il avait fondé près de Bruxelles une communauté qui refaisait le monde en se nourrissant de produits bio récoltés dans une "ferme du bonheur". De son côté, di MAMBRO avait besoin d'un sergent recruteur dont le profil passerait bien. Leur Ordre du Temple Solaire comptera de 500 à 600 adeptes, pourtant pas franchement paumés et venus de tous les bords : ingénieurs, hauts fonctionnaires, enseignants, médecins, hommes d’affaires, policiers, écrivains, bourgeois ou épouses oisives et délaissées à la recherche du bien-être absolu, tous en quête d’un idéal, d’un père voire aussi d’un coach. Des gens qui seront recrutés avec le concours de Renée FELLER, une sophrologue suisse. Seulement pénétrer une telle organisation demandait de pouvoir satisfaire dès le départ au paiement d'une cotisation assez élevée de l'ordre de 10.000 Francs suisses.

    Les mystères de l'ordre du temple solaireRestent les confessions de ceux qui auront survécu à ces carnages organisés de la fin du XXème siècle et qui, pour avoir été membres de cet ordre, en parlent aujourd'hui sans retenue, conscients enfin d'avoir été abusés. Peut-être aussi parce que la plupart d'entre eux étaient issus de milieux favorisés et donc en mesure de répondre aux exigences des deux gourous. Même si les plus modestes versaient leurs maigres salaires sans discuter. Le comédien Yannick JAULIN (ci-contre), estimait, lui, au moment de son adhésion au sein de l'Ordre, être comme un enfant qui jouait en se déguisant, avec la conviction en toute innocence de pouvoir sauver le monde. C'est vrai que tous ces gens qui se revêtaient de capes et qui se procuraient des épées, c'était... « Quand ils allaient au restaurant, les adeptes emportaient leur coussin pour le mettre sur leur chaise, et ne pas être en contact avec les vibrations et énergies des personnes qui avaient pu passer avant eux », se souvient une ancienne adepte. Cette captation organisée touchera également le Suisse Tanguy DUCHATEL et une journaliste Denise LAGRANGE rapidement éprise de Luc JOURET et de ses thèses enveloppantes. Elle ne sera pas la seule à succomber à "cet amour inconditionnel" et il n'était pas rare d'entendre des commentaires flatteurs dans la bouche des femmes à l'issue des conférences : « Quel type épatant ce Docteur Jouret ! Quel charisme ! Et quel beau gosse, en plus ! » L'homme ne laissait donc jamais indifférent et à aucun moment on n'avait le sentiment d'être face à un homme qui aurait raconté des histoires. Bien entendu, tous ces membres abusés qui avaient soudain voulu quitter l'ordre et qui acceptent de parler aujourd'hui, se sentiront longtemps menacés. Certains seront même contraints de se cacher. Parce qu'il ne fallait rien dire même quand on avait décidé de quitter l'Ordre et qu'il y avait probablement des choses que l'on ne devait pas connaître alentour. Camille PILET, un horloger fortuné qui appartenait au groupe PIAGET mourra à Salvan. Il aurait contribué aux finances de l'ordre pour plus de 1,5 million d'euros reconnaissant qu'il entretenait di MAMBRO, mais certains autres adeptes se plaindront d'avoir été mis à contribution pour des sommes échappant à tout entendement. En mars 1993, Rose-Marie KLAUS, une adepte suisse, affirmera avoir été grugée d'un million de dollars. Un autre adepte, un certain Albert GIACOBINO qui avait procuré pas mal de fonds à l'O.T.S et qui avait curieusement demandé à être remboursé d'une partie de ses apports sera retrouvé étouffé à Cheiry dans ce qui a été également présenté comme une sorte de suicide collectif, mais qui ressemble bien plus à un assassinat puisque les adeptes retrouvés morts le seront, ou criblés de balles, ou étranglés. Une des armes ayant servi sera curieusement retrouvée à Salvan. Seulement, à Cheiry, l'enquête du juge PILLER s'en tiendra à un suicide sectaire en faisant même disparaître trop vite les pièces à conviction retrouvées aux côtés des corps des victimes. Il en sera de même à Salvan puisqu'au beau milieu de détritus calcinés, des journalistes de France 2 parviendront à trouver des éléments qui n'avaient pas été consumés et qui auraient pu intéresser la Justice dont des cassettes audio d'enregistrements de membres de l'O.T.S confiant leurs ressentis. Jacques BREYER un philosophe passionné d'occultisme disparu lui en 1996, évoquera avec cet Ordre du Temple Solaire une ramification plus ou moins discutable, où l'escroquerie mentale régnait et au sein de laquelle on pouvait se retrouver avec des fous et des gens hystériques ou aussi avec des gens sincères sans défense devenus de parfaites victimes. Un homme qui était bien placé pour parler de Luc JOURET qu'il avait fréquenté au sein d'une loge maçonnique et dont il avait pourtant préfacé des ouvrages avant de prendre certaines distances. Des positions qui ne manquent pas de surprendre quand on sait que BREYER était au départ l'un des premiers responsables d'une mouvance créée en 1952 et appelée à devenir un peu plus tard l'Ordre Rénové du Temple (O.R.T), ce qu'a cependant démenti depuis sa fille.

    Avec Joseph di MAMBRO, les deux responsables de la secte proposaient aux futurs membres une expérience redoutable, autour d'un rêve éveillé conditionné sur leur état mental. Un rêve passant par un véritable lavage de cerveau. Mais, avant de leur annoncer comment ils allaient pouvoir renaître, di MAMBRO affirmait devoir les préparer en les astreignant à des heures de méditation et à des déplacements incessants, ainsi qu'à l'observation de règles d'hygiène radicales qui les obligeaient chaque jour à désinfecter leur domicile à l'alcool à 90° et à observer un régime hypocalorique à base uniquement de légumes. Il fallait cueillir ceux-ci à la dernière minute, car ils devaient être pleins de vie pour nourrir sainement. L’hygiène était d'ailleurs une idée fixe. On lavait de sept à quinze fois la salade selon la position des astres, on mettait cinq gouttes d’eau de javel dans chaque plat, il fallait toujours tout briquer. Les moins nantis, s'ils voulaient gravir les échelons, devaient bêcher à quatre pattes, sans outil parce que faire appel aux outils modernes était contre-productif sur le plan bio. Alors qu'à défaut de céréales, JOURET et Di MAMBRO se tapaient eux la cloche chez les chefs étoilés du monde entier, volaient sur Concorde, conduisaient Jaguar et Mercedes. Certains des anciens membres diront après coup qu'on leur révélait des choses tel jour avant d'aller dans un sens contraire le lendemain. Après avoir eu le sentiment d'être admis parmi les dignitaires de l'Ordre, il pouvait arriver que l'on se retrouve cantonné aux plus basses besognes selon l'humeur du Maître. Ou parce qu'on vibrait moins que les autres et que cela pouvait porter préjudice au groupe. Le Suisse Tanguy DUCHATEL en fera l'amère expérience puisque son épouse Nathalie devenue Anthéa sera approchée par di MAMBRO pour accepter d'être unie sur un plan cosmique à Luc JOURET. Et la propre épouse du dignitaire belge, Marie-Christine sera montrée du doigt et séparée de lui et de l'Ordre. L'union cosmique avec JOURET ne se fera pas mais Tanguy y perdra son épouse. Certes, on sait depuis les travaux d'un certain Alfred BOVIS que, tout comme le moindre élément de l'univers, nous vibrons tous. Mais la récupération qui en avait été faite habilement par des gens comme Joseph di MAMBRO ou Luc JOURET, désireux de tromper leur auditoire, ne manque pas d'avoir projeté dans le doute des tas de gens éblouis sur l'instant par de telles données. Dans un livre bouleversant qu'il a publié chez Fixot : Le 54e, un ancien adepte qui avait choisi de quitter l'O.T.S au moment de l'affaire de Salvan, Thierry HUGUENIN évoque l'atroce parodie de ce sacrifice historique. « J'avais l'impression d'être absent du lieu où je me trouvais. C'était machiavélique. Toutes ces préparations par des sons, des chants, par des musiques avec le phénomène d'être uni aux autres. Pour moi, à Salvan, on a enlevé la vie à des êtres qui voulaient encore vivre et ça a été un véritable assassinat...! » Thierry est d'ailleurs un véritable miraculé et il devait faire partie de ceux qui devaient être sacrifiés. Le 4 octobre 1994, il avait en effet été invité au chalet de Salvan, pour venir chercher l'argent qu'il avait prêté. Pris soudain d'un pressentiment, il s'enfuira, sans récupérer l'intégralité de sa mise, ayant même eu du mal à quitter les lieux, di MAMBRO ayant craint qu'il parle et qu'il révèle ce qui était en préparation et que trahissait une sorte d'odeur de fioul. Pour lui, une dénommée Christiane BONET, fanatisée à l'extrême aurait repris le flambeau après la mort de Jo di MAMBRO et Luc JOURET et organisé le massacre de la clairière du Vercors au Trou de l'Enfer. 

    Les mystères de l'ordre du temple solaireLes initiations des nouveaux membres réalisées sur fond wagnérien, comme chez les nazis, étaient étudiées et n'auraient pas déplu à un autre célèbre agité de Linz, laissant place à des personnages revêtus de toges blanches d'un autre temps, celui des Templiers. Avec une théâtralisation poussée à l'extrême et le secours d'épées faussement luminescentes et aussi, reconnaissons-le, avec des trucages destinés à donner l'impression à ceux qui assistaient aux grandes messes. Il fallait donner à croire à des adeptes parfois en proie à des blessures intimes qu'en rejoignant cet Ordre, tout allait pouvoir s'arranger ou qu'après une mort programmée, ils renaîtraient. En donnant par exemple de leur temps pour effectuer des tâches de jardinage ou un bénévolat ou aussi en apportant des dons en numéraire. Des dons dont profiteront les meneurs de cet ordre new-âge pour s'enrichir et acquérir des propriétés foncières au nom d'une association, la Golden Way. Sans qu'ils sachent si leur chemin allait être parsemé d'or, on ira jusqu'à proposer aux adeptes des unions cosmiques et de s'abandonner à une fécondation, à l'image d'Emmanuel, l'enfant cosmique attendu impatiemment par les adeptes de l'Ordre du Temple Solaire. L’escroquerie la plus navrante restera en effet cette fécondation par immaculée conception de Dominique BELLATON par un être de l’au-delà, Manatanus. On peut dire aujourd'hui après avoir pris connaissances des témoignages de ceux qui auront survécu à ces expériences négatives que Joseph di MAMBRO (ci-contre) aura fait et défait les couples à sa guise. En martyrisant par exemple un bébé dans lequel il avait cru reconnaître l'Antéchrist et qu'il fera tuer au Québec en septembre 1994 par un certain Joël EGGER. Le 30 septembre en effet à Morin Heights au Canada, une maison brûlera. On y retirera des décombres encore fumantes cinq corps carbonisés, dont celui d’un bébé âgé de trois mois affreusement poignardé d'un pieu dans le coeur comme si on avait voulu exterminer un vampire comme dans la légende du comte DRACULA. Parmi les corps retrouvés quatre membres de l’O.T.S, et leur nouveau-né, Christopher DUTOIT, qui s’avérera plus tard être ce fameux Antéchrist localisé par di MAMBRO ! Cet incendie fera beaucoup jaser car des oppositions avaient fini par exister entre les membres de l'O.T.S de Suisse et ceux du Canada à l'image de Robert FALLARDEAU. Mais, en Europe, chez di MAMBRO on finissait même par décider des jours auxquels pouvaient être réalisés les actes sexuels, et cela en respectant la disposition des planètes. A la naissance de cet enfant cosmique tant attendu ce sera pourtant un raté avec la venue au monde d'une fille, comme si les Grands Maîtres avaient choisi de contrarier les projets de Joseph di MAMBRO. Un di MAMBRO qui affichait un certain talent de comédien, s'il faut en croire certains anciens adeptes. Il n'y aura donc pas de nouveau Jésus-Christ semblable à ce qui avait pu être annoncé au moment où une adepte s'était trouvée enceinte et le corps de l'enfant cosmique sera même retrouvé dans l'incendie suisse de Salvan aux côtés de ceux de Luc JOURET et de di MAMBRO. Lorsqu'un membre rebelle devenu trop curieux et méfiant commençait à poser des questions, on lui répondait qu'il mettait le groupe en danger en introduisant du négatif ! Certains témoignages d'anciens adeptes de l'O.T.S montrent que même en ayant les preuves sous les yeux des escroqueries dont ils étaient les victimes, ils se refusaient de considérer s'être trompés à ce point et pendant autant de temps. Sans doute aussi craignaient-ils d'être exclus du groupe pour leur infidélité s'ils émettaient des doutes sur les capacités et compétences de di MAMBRO et JOURET. Ceux qui choisiront néanmoins de quitter l'Ordre mettront des années à se réadapter au monde. En mars 1997, 5 adeptes du Temple solaire, dont 3 Français, sont en dernier lieu retrouvés carbonisés à Saint-Casimir, au Québec. Ce sera la dernière affaire mettant en scène des adeptes de l'Ordre. 

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    Un seul homme comparaîtra au tribunal correctionnel de Grenoble, en avril 2001, pour association de malfaiteurs. Il s’agit du chef d’orchestre suisse Michel TABACHNIK (ci-contre), un passionné de sciences occultes, soupçonné d'être devenu l'idéologue du groupe. Grâce à l'enquête diligentée en France par le Juge Luc FONTAINE peu après les morts du Vercors, ce dirigeant de l'Ordre du Temple Solaire, sera poursuivi, sans néanmoins que l'on parvienne à démontrer que ses écrits avaient pu être à l'origine de ces opérations suicides, ce qui lui permettra d'être relaxé puis blanchi. L'air gêné avec un faciès où se trouvaient mêlés assurance et sourire énigmatique, on n'arrivera pas à savoir si l'homme éprouvait de la honte ou de la culpabilité. Cependant, alors qu'une connexion avec des responsables politiques comme Charles PASQUA avait pu être localisée démontrant que l'on aurait pu être en présence d'une société secrète et pas seulement d'une secte, celui-ci ne sera jamais entendu par le Juge. Alors que deux des policiers appartenant à la Police de l'Air et des Frontières, membres des Renseignements Généraux, Jean-Pierre LARDENCHET et Patrick ROSTAND qui étaient morts au Vercors, avaient été vus rue des Saussaies chez l'ancien ministre de l'Intérieur. Le plus curieux, c'est que ces deux policiers membres de l'O.T.S avaient été entendus par les enquêteurs après l'incendie de Salvan, mais sans être autrement inquiétés. Les deux hommes avaient-ils une mission d'infiltration à remplir au sein de la secte et avaient-ils été chargés de tuer ceux dont on a retrouvé les corps dans cette prairie du Vercors, avant d'être eux-mêmes descendus par d'autres mafieux ? Evelyne BELLATON, la fille de Dominique, la compagne de di MAMBRO se remémorera ensuite deux épisodes qui, selon elle, montrent que Joseph di MAMBRO s'était fourvoyé avec des hommes peu recommandables. Elle se souvient encore qu'un jour, elle était allée dîner avec un certain Jean-Louis MARSAN qui dirigeait un ordre templier à Monaco, un homme qui tenait des propos de barbouze et qui avait même menacé, en disant : « Ceux qui ne suivent pas, on les supprime ».

    Un commando paramilitaire dont on a également retrouvé la trace dans le Vercors aurait-il été désigné pour tuer tous les adeptes et mettre le feu en s'aidant de phosphore et d'un lance-flammes de type militaire, sachant qu'il y avait là des gens appartenant à l'O.T.S ? Avait-on peur que tous ces adeptes restants parlent ? Cette version du lance-flammes un expert de la Gendarmerie qui avait été chargé de l'expertise la conteste. Plus curieusement, les membres de ce commando ne laisseront sur place aucune empreinte génétique, leurs véhicules ayant été parfaitement nettoyés avant qu'ils disparaissent. D'autres composantes comme la Franc-maçonnerie se seraient-elles trouvé impliquées dans ce qui pourrait apparaître comme un règlement de comptes entre plusieurs intervenants ? Certains de ceux qui se sont interrogés sur tous ces événements n'hésitent pas à parler de l'ingérence de services secrets français et étrangers qui auraient contrôlé l'O.T.S. Pour l'avocat d'Alain VUARNET, le fils de Patrick, Maître Alain LECLERC qui a fait lui aussi partie de la loge maçonnique de Luc JOURET, il ne fait aucun doute qu'il ait pu exister au-dessus de dignitaires comme JOURET, di MAMBRO ou TABACHNIK d'autres dirigeants et, pourquoi pas, des grands maîtres qui se seraient enrichis considérablement et que la présence de hauts dignitaires commençait à gêner. Bien entendu, on ne retrouvera jamais la trace de ces grands maîtres. Même si on a pu localiser un important virement de fonds au Québec de plusieurs millions de dollars US à destination de l'Australie et que l'enquête ait révélé que l'on était en présence d'un possible trafic d'armes. Un trafic d'armes qui vaudra à Luc JOURET d'être poursuivi au Québec parce qu'il avait cherché à se procurer des armes, mais sans que ces poursuites fassent l'objet d'une enquête plus approfondie. C'est d'ailleurs au Québec à la fin du mois de septembre 1994 que les premiers suicides collectifs seront curieusement organisés par la secte à un moment où les proches de certains des membres commençaient à se demander où passait l'argent. 

    En 2005, le cinéaste et réalisateur Yves BOISSET qui avait déjà consacré l'un de ses films, l'assassinat du juge MICHEL, aux mouvances sectaires, avait réalisé un reportage sur les mystères de cet Ordre du Temple Solaire dont les pratiques politico-mafieuses restent attachées à des groupuscules comme le célèbre S.A.C (Service d'Action Civique) un temps dirigé par l'ancien responsable politique Charles PASQUA. Un reportage qui vaudra au cinéaste de recevoir pour le rappeler à l'ordre un petit cercueil avec une balle à l'intérieur. Mais, c'est un autre film celui réalisé par Arnaud SELIGNAC qui aura retenu notre attention, consacré à ce seul ordre et à la façon dont cette mystification a pu être montée et comment le piège a pu fonctionner jusqu'à son terme. Sans que l'on sache aujourd'hui si ces disparitions de membres sont liées à des suicides sectaires ou à des assassinats organisés par des composantes mafieuses. Il est d'ailleurs probable que l'on ne connaîtra jamais la vérité et que les responsables de ces affaires qui courent toujours auront trouvé avec l'O.T.S de JOURET et de di MAMBRO un fusible idéal pour éviter d'être mis en cause. 

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  • Robert Moog, l'autre assassin de Jean MoulinComme quelques autres Français collabos, Robert Auguste MOOG avait préféré s'allier aux nazis pour traquer les quelques résistants qui avaient choisi de se battre contre HITLER. Il sera un redoutable agent de l'Abwehr (Service de Renseignement de l'Armée), connu pour y être l'agent K30 puis ensuite de Klaus BARBIE à Lyon puisque, grâce à lui, ce sont des dizaines de résistants qui tomberont dans les filets des Allemands. Bien que né à Paris dans une famille modeste, ce sont ses grands parents paternels alsaciens qui lui avaient laissé ses prédispositions pour la langue allemande dont il aura une maîtrise parfaite. On dira même que MOOG avait effectué un stage en Allemagne avant la guerre afin de devenir un agent de la cinquième colonne et donc de pouvoir être infiltré dans n'importe quel réseau ennemi.

    Ainsi "Bobby", le surnom qu'on lui avait donné, qui était déjà un homme d'expérience au début du conflit puisqu'il aura toute facilité pour se faire recruter comme contremaître à la Poudrerie de Toulouse où il savait pouvoir se mêler à la fabrication d'explosifs et à la préparation de sabotages impliquant nombre de résistants. Un endroit où après avoir dérobé des papiers il se fera passer pour un Alsacien qui avait des amitiés au sein de la Résistance alsacienne. D'abord employé par l'Abwehr sous la responsabilité d'un certain KRAMER, MOOG se verra très vite confier des opérations importantes et notamment une pénétration des réseaux de résistance du Midi de la France. Lorsqu'il abattra de sang froid, un résistant qui était tomé dans l'un de ses pièges, il impressionnera Klaus BARBIE venu sur les lieux. Il n'en faudra pas davantage pour que le SIPO-S.D Gestapo de Lyon l'enrôle. A Lyon, il montera rue de la Tête d'Or une équipe redoutable avec l'aide d'un autre traître, René SAUMANDE, et de gens comme Jean MULTON, Lucien DOUSSOT et André THEVENOT. Arrêté DOUSSOT prétendra par la suite, probablement pour sauver sa tête, n'avoir intégré l'équipe de tortionnaires de BARBIE qu'en juillet 1943, ce qui était faux, même si les complices de MOOG n'étaient chargés que des filatures et non des arrestations comme celle de DELESTRAINT opérée à Paris ou à Caluire de Jean MOULIN. Sa réputation en fera un homme et pire un véritable loup madré, avide, agressif, dangereux, manipulateur et sans scrupules, le plus dangereux de l'abominable troupeau sévissant sur notre pays qui avait donc toutes les qualités susceptibles de plaire à un monstre comme Klaus BARBIE qu'il surpassait en intelligence. 

    Il disparaîtra en mai 1944 après un bombardement des locaux de BARBIE avec deux valises pleines de document sans doute pour tenter de monnayer son savoir-faire sous d'autres cieux. On le supposera mort dans un accident d'avion survenu en 1945 entre Fulda et Francfort, ce qui sera démenti puisque ressuscité il divorcera en 1948 se son épouse. Il sera cependant condamné à mort par contumace en 1951 et un mandat d'arrêt international sera lancé pour tenter de l'interpeller. 

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  • René Saumande, l'agent K4, du S.T.O à... l'Abwehr

    C'est parce qu'il était réfractaire au S.T.O (Service du Travail Obligatoire) que René SAUMANDE a préféré se mettre à l'abri des éventuelles poursuites qui auraient pu être diligentées contre lui en devenant agent K4 de l'Abwehr sous la responsabilité du capitaine KRAMER avec son camarade de régiment Robert MOOG l'agent K30 puis en travaillant à Lyon pour Klaus BARBIE. Le Capitaine KRAMER et ses hommes auront un rôle prépondérant dans les arrestations de Paris et de Caluire. KRAMER, dit GEGAUF, saura étendre son réseau de renseignements sur toute la France, et même sur l'Afrique du Nord en se servant d'agents, la plupart du temps français, qu'il immatriculera en ajoutant un chiffre à la première lettre de son propre nom. L'Abwehr est sans doute le service allemand qui reste le moins bien connu malgré le passage dans ses rangs du célèbre Amiral CANARIS. Il était divisé en trois sections dont l'Abteilung III qui avait en charge le contre-espionnage et la sécurité militaire avec des membres chargés, en France occupée, d'infiltrer et de faire tomber les groupes de résistants. René SAUMANDE finira par rejoindre ensuite Paris afin d'y préparer l'enlèvement du chef de l'Armée Secrète Charles DELESTRAINT et c'est à lui que l'on doit d'avoir décimé en août 1943 le réseau de résistance Alliance.

    Membre du Parti Populaire Français de DORIOT, c'est dire s'il avait poussé loin le bouchon en faisant plus que collaborer avec la machine de guerre nazie et la Gestapo ! Avec un autre Français "vendu" comme lui, Robert MOOG, on sait effectivement qu'il figurera parmi ceux qui enlèveront le général Charles DELESTRAINT à La Muette à Paris le 9 juin 1943 dont le capitaine nazi KRAMER ! Avant de participer activement à l'arrestation des généraux FRERE, OLLERIS et GILLIOT ! Les détails de cet enlèvement du chef de l'Armée Secrète sont aujourd'hui connus. Mon général, lui dira MOOG vous attendez DIDOT (HARDY). Il n'a pas voulu venir ; il a jugé que l'endroit est trop dangereux. Nous devons vous conduire auprès de lui au métro Passy". Contrarié, le Général ne s'était pas méfié. Non seulement il a accepté de suivre cet inconnu, mais il lui a signalé que deux autres de ses collaborateurs, Joseph GASTALDO, chef du 2e bureau de l'A.S., et Jean-Louis THEOBALD, l'attendent à 9 h 30 près du métro La Pompe. Se rendre à Passy c'était donc compromettre la réunion prévue ultérieurement avec eux deux. Il sera dès lors facile à MOOG et SAUMANDE d'arrêter GASTALDO et THEOBALD, lesquels emmenés vers une voiture seront pris en charge par les agents du S.D. et conduits rue des Saussaies pour y être interrogés. 

    Je n'ai jamais fourni de renseignements d'ordre politique, soutiendra SAUMANDE devant les tribunaux qui auront à le juger. J'étais un réfractaire du S.T.O., et c'est pour échapper à toute répression que je suis entré au service de KRAMER. Je recevais 7.000 francs par mois, mais uniquement pour apporter des renseignements d'ordre économique. Longtemps détenu à la prison de Fresnes, il sera fusillé avec un autre de ses complices lyonnais André MORIN, au Fort de Montrouge le 20 février 1952

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  •  Jean Multon le Résistant passé chez les nazis

    Dans les histoires de Résistance et de la lutte contre les nazis, son nom ne revient pas souvent et en tout cas bien moins souvent que celui d'un autre vendu : René HARDY. A tel point qu'on ne dispose même pas d'une seule photo d'identité de ce personnage campé à l'écran par l'acteur François NEGRET (photo ci-dessus). Il n'en reste pas moins qu'avant de passer à l'ennemi à la fin du mois d'avril 1943, Jean MULTON dit LUNEL avait pourtant été le secrétaire du groupe Combat d'Henri FRENAY, un groupe de résistants qui n'étaient guère favorables aux idées de Jean MOULIN et... du général de GAULLE. Près de quatre-vingt ans après les faits et l'arrestation de Jean MOULIN à Caluire, et cela malgré les deux procès de 1947 et 1950 intentés à René HARDY, d’incroyables zones d’ombres persistent… Sans doute aussi parce que les protagonistes de cette terrible histoire ont tous disparu. Ce que l'on peut en dire, c'est que né en Touraine, Jean MULTON qui était agent d’assurance dans la Vienne, avait cherché à passer en Angleterre en octobre 1942 avant de renoncer à son projet. Probablement après avoir été recherché paradoxalement par la Police de Vichy qui lui reprochait ses activités gaullistes, sans que l'on en connaisse le développement ni ce qui l'incitera à quitter la Vienne pour rejoindre le sud du pays et Marseille. Marseille où après avoir rencontré un certain Henri AUBRY, il finira par adhérer à un mouvement regroupant des résistants de la région, Combat où il sera l'adjoint de Maurice CHEVANCE. Arrêté le 23 avril 1943 boulevard Garibaldi à Marseille par la Police allemande, il décidera par peur de la torture, mais sans s'être pour autant fait beaucoup prié, et après avoir été "retourné" par les Allemands, de collaborer avec les nazis de Ernst DUNKER, un sous-officier de la Gestapo de Marseille. Devenu même l'un de leurs agents les plus zélés, il semble que Jean MULTON était surtout un opportuniste et que servir les plus forts lui paraissait être un prolongement logique. Il n'hésitera d'ailleurs pas dans un premier temps à livrer son propre chef CHEVANCE aux nazis ! 

    MULTON se révélera être un agent intéressant pour les nazis, ne serait-ce que par l'éventail des gens qu'il connaissait en qualité de secrétaire du mouvement dirigé par Henri FRENAY et par une boîte aux lettres, celle de l’Hôtel de Bourgogne de Mâcon, que lui avait fourni Berty ALBRECHT en avril 43. Berty le paiera de sa vie après avoir été arrêtée et elle choisira de se suicider à Fresnes pour ne pas parler sous la torture. Ayant rejoint Lyon le 24 mai après avoir quitté Marseille où il était grillé pour avoir déjà livré plusieurs résistants, il se mettra aussitôt au service de BARBIE et, sur ordre du boucher de Lyon avec un autre Français passé chez les nazis, Robert MOOG. Devenus efficaces, MULTON et les nazis récupéreront vite quantité de messages qui leur permettront ainsi d'enlever à Paris le chef de l'Armée Secrète Charles DELESTRAINT au début du mois de juin dans le quartier de La Muette avant de s'attaquer au gros morceau que constituait la prise de Jean MOULIN dit MAX. Elle interviendra le 21 juin à Caluire chez le docteur Frédéric DUGOUJON. Avec de BENOUVILLE et HARDY et l'aide de sa prostituée de luxe Lydie BASTIEN, MULTON sera donc l'un des quatre responsables de cette arrestation.

    Passé en Espagne en avril 1944, MULTON gagnera le Maroc comme résistant. Décidément ! À Casablanca, il rencontrera HARDY fortuitement avant en septembre 1944, d'être incorporé dans l'Armée de Libération du général de LATTRE de TASSIGNY qui venait de participer au débarquement allié de Provence le 15 août 1944. Démobilisé en décembre 1944, en raison de la naissance de son troisième enfant, MULTON s'évertuera à brouiller les pistes en se faisant passer pour un agent infiltré au service de la Résistance, tentant même de rencontrer Henri FRENAY devenu ministre. C'est dire ce qu'était prêt à faire un homme d'une lâcheté extrême qui devait se sentir recherché et qui devait avoir besoin de protection. Reconnu par la future productrice Christine GOUZE-RENAL, il sera arrêté le 7 février 1945 et fusillé au Fort de Montrouge après avoir été condamné à mort. Ce qui semble légitime MULTON ayant été à l'origine de l'arrestation d'environ 120 résistants. Mais beaucoup regretteront qu'on ait agi avec précipitation et que l'on ait pas pris la décision de coupler le procès de ce traître avec celui de René HARDY en 1947 et du nazi DUNKER. D'autant qu'il avait dénoncé HARDY et qu'il aurait sans doute été intéressant de confronter les deux hommes.   

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